Someone give this woman a Witchblade


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Contrairement à Julien Lordinator qui comme moi est un fan de la première heure de la série Witchblade, je dois avouer que je craignais le pire en apprenant l’annonce d’un reboot total du titre par l’éditeur Top Cow il y a quelques mois de cela.
Quel intérêt me disais-je à l’époque de créer une nouvelle porteuse du gant magique si celle-ci ne devait avoir aucun lien avec un héritage qui existe depuis près de 20 ans. Comprendre que je devais renoncer à espérer lire la suite des aventures de Sara Pezzini et Danielle Baptiste était pour moi aussi absurde et injuste que de devoir renoncer à lire celles de Stephanie Brown et Cassandra Cain au moment de l’avènement des New 52 en 2011.
Pour moi ces héroïnes superbes, ces femmes indéniablement fortes qui ont su grandement évoluer au fil des années avaient encore beaucoup de choses à nous montrer, à partir du moment où un bon scénariste (à l’image de Ron Marz) était capable de s’occuper d’elles. Sara et Dani me manquent énormément, et c’est donc avec un certain ressenti que j’abordais et aborde encore cette all new all different version de Witchblade.

Encadrée par une équipe créative totalement féminine comprenant la romancière Caitlin Kittredge spécialisée dans les œuvres young adult de dark fantasy (et surtout connue dans le domaine des comics pour avoir écrit la série Coffin Hill parue chez Vertigo), et la dessinatrice italienne Roberta Ingranata (dont le style n’a plus de secret pour les habitués de l’éditeur Zenescope puisqu’elle y a officié sur Robyn Hood et Grimm Fairy Tales), cette nouvelle version de Witchblade emprunte du moins dans ce premier numéro une direction résolument féministe un peu trop appuyée pour être vraiment honnête.
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Alex Underwood, la nouvelle détentrice du gant, ou plutôt du bracelet magique, vient ici précisément en aide aux victimes, en l’occurrence une femme battue qui a très peu de chance de faire le poids contre son mari, un officier de police sans reproche.
L’héroïne s’avère être elle-même une ancienne journaliste reporter prise en otage en Afghanistan, on devine très bien d’ailleurs qu’elle soit légitiment sujette à des états de stress post-traumatique.
Le reste de l’histoire reste extrêmement flou et vaporeux (c’est le cas de le dire) comme si les autrices n’étaient pas encore persuadées de la marche à suivre pour les épisodes à venir et attendaient un retour de la part du lectorat et des critiques. Beaucoup de données différentes sont mises en avant de manière assez foutraque, alors qu’un numéro classique d’exposition pour un nouveau personnage sur une série culte et appréciée – autant par les lectrices que les lecteurs- aurait très ben fait l’affaire.
En somme, pourquoi aiguiller (ou matraquer) le lecteur vers autant de pistes diverses et  d’informations succinctes, alors que si on était plus sur de soi (ou si on avait beaucoup moins la pression de la part de son éditeur, je suis pas débile, je sais lire à travers les lignes), ce premier numéro et surtout cette nouvelle héroïne gagnerait en crédibilité.

Les illustrations de Roberta Ingranata sont également bien en dessous de ce que l’on pourrait attendre du reboot d’une telle série.
Les décors sont quasi inexistants, les visages des personnages masculins complément limitrophes hormis quelques cicatrices faciales, et le style de l’artiste n’est pas sans rappeler celui de Laura Braga, qui officiait sur la fin de la série précédente.

Pour le moment, tout me parait faux et surjoué dans cette nouvelle version de la série Witchblade. Et quelque part, cela en est aussi insultant que de foutre Pez à poil il y a 20 ans de cela. Je ne dis pas ça par nostalgie. Je ne fais que comparer les 1er numéros de chaque grand arc les plus notables de la série, ceux-ci sont bien plus structurés, posés. Là on sent bien l’urgence de faire du reboot de cette série le nouveau terreau complètement hypocrite d’un mouvement féministe dans les comics de la part d’un éditeur indé.
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Mais putain, Top Cow était déjà dans la place dès le #80 de Witchblade en 2004… Qui se souciait sérieusement du féminisme dans les titres de super héroïnes à cette époque hormis DC via l’inspiration de Gail Simone ?
Pourquoi remanier en moins bien un mouvement déjà en marche grâce à ses lecteurs ? Pourquoi contribuer à faire en sorte que par opposition, le good girl art institué sur ce titre depuis la fin des années 90 reste la référence absolue ?

Il est certes encore trop tôt pour émettre un avis définitif de ma part sur ce titre, mais… Au regard de ce premier numéro je suis très loin de valider cette nouvelle direction éditoriale de la part de Top Cow.

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Crisis on Infinite Hearts


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On se souvient que l’année dernière et à peu près à la même époque, la chaîne CW avait eu la très bonne idée de réunir ses 4 séries super héroïques appartenant à l’univers DC dans un crossover ultra médiatique (et ultra jouissif, disons-le), sans doute boostée auparavant par les retours positifs de la dynamique orchestrée par une première rencontre entre Flash et Supergirl, qui officiait alors sur un network concurrent.
Sans être parfait, loin de là (par exemple la première partie de ce crossover se réduisait aux 30 dernières secondes de l’épisode de Supergirl), Invasion ! qui s’inspirait d’une mini-série datant de 1989, se laissait voir sans complexe et donnait l’opportunité vraiment intéressante de voir tous ces personnages interagir ensemble face à une même menace (extra-terrestre, cela va de soit), tout en s’appuyant sur les décalages et les situations cocasses entre certains provenant de séries différentes (les échanges entre Mick Rory et Kara Danvers, c’était quand même quelque chose).

Fort de ce succès (avec en moyenne plus de 5.5 millions de téléspectateurs, ce crossover fut le programme le plus regardé depuis ces 6 dernières années), la CW ne pouvait qu’enchaîner en proposant une nouvelle rencontre épique entre tous ses protagonistes, intitulée cette fois Crisis On Earth-X.
Pour résumer, les doubles maléfiques (et nazis) de nos héros encapés ou capuchonnés provenant d’une terre parallèle en mode The Man in the High Castle, viennent mettre la pagaille en pleine cérémonie de mariage entre Barry et Iris. Leur but : enlever Supergirl qui s’avère être la seule chance de survie d’Overgirl (la Supergirl Nazi) dont le cœur est une véritable bombe à retardement.
Comme l’année précédente, ce crossover comporte son lot de facilités scénaristiques, d’effet spéciaux en dessous de ce que l’on pourrait espérer pour de telles ambitions, mais peu importe, le souffle épique est bien là, chose que je cherche encore avec peine à trouver dans les films du DCEU au cinéma.

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Mais le mérite de ce crossover n’est pas tant la volonté de transposer fidèlement l’aura des héros de l’univers DC, il l’est surtout dans la représentation et l’exposition de ses personnages LGBT (et féminins), jusqu’à utiliser le contexte principal dans lequel les personnages sont confrontés (un monde où le nazisme a triomphé) pour développer cette problématique.
Nous en avions déjà été témoins à plusieurs reprises, Greg Berlanti et son équipe a de nombreuse fois essayé, voire réussi à intégrer de façon récurrente des personnages LGBT dans ses différentes séries, Supergirl et Legends of Tomorrow en tête, parvenant même à développer des intrigues plus ou moins intéressantes (ou décevantes) à leur encontre.
Ce crossover est ainsi l’occasion de voir ces personnages se rencontrer (enfin), exauçant les vœux de nombreux auteurs et amateurs de fan fictions qui n’en espéraient sans doute pas tant.
Le ship entre Alex et Sara compte en effet depuis un moment parmi les histoires les plus imaginées par les fans des deux séries, et son développement officiel ici n’est pas sans me rappeler la vague d’indignation qui était survenue l’été dernier suite au mépris d’une partie du casting de Supergirl envers de que l’on appelle communément le Supercorp. En d’autres termes, il m’est d’avis que ce développement est une réponse directe à ce qui s’est passé à San Diego.

Quoi qu’il en soit, cette sous-intrigue qui dans le premier épisode de ce crossover est abordée de manière assez humoristique et très bien sentie (on commençait quand même un peu à en avoir marre qu’Alex broie du noir suite à sa séparation avec Maggie), se révèle prendre une dimension beaucoup plus sérieuse, voire mature dans les épisodes qui vont suivre. Une direction que Berlanti n’était absolument pas obligé de prendre, et qui prouve parmi d’autres exemples à quel point le showrunner a cherché véritablement à donner une consistance et une véritable visibilité à ses personnages issus de la communauté  LGBT.
On retrouve ainsi cette prise de position disséminée en filigrane tout au long des quatre épisodes de ce crossover via différents contextes : lorsque nos héros se retrouvent emprisonnés dans un camp de concentration au début de l’épisode de The Flash par exemple, d’un côté Jax demande ce que signifie le triangle rose, et de l’autre Sara proclame sa bisexualité à la version Nazi de son propre père.
C’est également l’occasion de faire connaissance avec le personnage de Ray Terrill, qui s’avère être en couple avec la version Earth-X de Captain Cold, ici Citizen Cold, toujours interprété par l’excellent Wentworth Miller, qui a d’ailleurs fait son coming out en 2007.
Ainsi, quoi de plus jouissif de voir ces deux protagonistes échanger un baiser, le deuxième entre personnes de même sexe en un seul crossover, oui, je suis définitivement bien en train de regarder le bon programme.

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Ce même épisode (décidément) est aussi l’occasion de voir se développer la relation Alex/Sara du « coup d’un soir », anecdotique et sympathique, en considération beaucoup plus sérieuse où les deux amantes vont dans l’urgence apprendre à se connaitre un peu mieux. Ici le but n’est pas d’instaurer une relation tangible (d’une part parce qu’elles n’appartiennent pas à la même Terre et d’autre part, parce qu’elles ont l’une et l’autre vraisemblablement d’autres chattes à fouetter dans leur série respective) mais de cimenter et établir respectueusement ce ship une bonne fois pour toute.

L’épisode suivant, consacré à Legends of Tomorrow est une véritable torture émotionnelle pour ceux qui suivent cette fabuleuse série. Au delà de ce traumatisme, il reste important de pointer du doigt l’effet miroir entre le sort de nos deux couples gay/lesbien forcés de se séparer, appelés par leur propre héroïsme, et celui des deux couples hétérosexuels qui finiront par se marier coûte que coûte, à l’arrache, et en toute liberté alors que dans bon nombre de pays le mariage gay reste encore le combat de toute une vie.

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Vous l’aurez compris, de vrais et incontestables efforts ont été fait en terme de visibilité Queer dans ce nouveau crossover.
A mon sens, de multiples messages ont été envoyés vis à vis des nombreuses communautés d’outcast qui suivent ces différents programmes, à tel point que j’attends avec impatience le niveau supérieur dans une prochaine rencontre inter-série hypothétiquement prévue l’année prochaine sur la même chaîne, si tout va bien.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 37


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Thor : Vikings

Horreur et super-héros ont pendant un temps fait bon ménage, même si cette mode est aujourd’hui plus ou moins passée, il fut un temps où confronter des super-héros à des créatures monstrueuses ou des situations horrifiques était monnaie courante.
De nombreuses petites histoires plus ou moins déconnectée de la continuité respective des personnages sont apparus, principalement au début des années 2000, souvent pour flirter sur le succès de Walking Dead. Si dans le domaine des super-héros et de l’horreur on pense tout de suite à la fameuse série Marvel Zombies, écrite par Robert Kirkman, le même auteur que Walking Dead, d’autres personnages se sont déjà frotté à des morts-vivants, notamment Thor ! Et c’est de notre ami au casque ailé dont nous allons parler ce mois-ci mais avant, petit tour d’horizon des super-héros ayant croisé la route de personnages issus de la culture horrifique.

Si certains personnages ont le profil pour se frotter à des monstres, on pense bien sûr à Batman chez DC ou Ghost Rider chez Marvel par exemple, d’autres personnages se sont déjà frottés à des monstres issus de la culture horrifique : En remontant très loin, on apprend ainsi que Le Surfer d’Argent, les X-Men et notre ami Spider-Man se sont déjà retrouvés confronté à Dracula ou que plus récemment, le Punisher et Wolverine ont dû faire face à des infections similaires à celle de 28 Jours Plus Tard.

Ce fut aussi le cas du mercenaire disert Deadpool qui se réveilla un beau jour dans un monde dominé par une invasion de zombies (très bonne histoire que j’ai d’ailleurs chroniqué ici.
Plus étonnement, d’autres personnages pourtant moins enclins à se retrouver face à ce genre de menace ont aussi eu droit à leur virée en enfer : Ainsi Superman à affronter une horde de zombies dans une histoire courte écrite par le très prolifique Steve Niles (une des stars de cette rubrique) dans un numéro spécial Halloween en 2007.

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L’autre moyen est bien sûr lors de crossovers, par exemple les stars de la maison d’édition Top Cow ont affronté les monstres des films classiques comme Mister Hyde ou le Loup-Garou lors du crossover Monster War et j’ai souvent parlé ici des multiples crossovers mettant en scène super-héros et d’autres personnages issues du cinéma comme Aliens ou Predator.

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Super-héros et horreur, ce n’est donc dans le fond pas une idée nouvelle, ça remonte à très loin et contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est certes irrégulier, mais ça arrive assez souvent. Néanmoins, hormis lorsque ces histoires sont déconnectées de la continuité intrinsèque de chaque personnage, peu de risques sont pris pour vraiment basculer dans l’horreur la plus totale et ces histoires restent souvent « dans les clous » pour ne pas trop offusquer le lecteur : Certes Spider-Man affronte Dracula, mais ce dernier est traité comme un énième ennemi du Tisseur.

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Non, pour vraiment voir nos costumés favoris se retrouver baignant dans les viscères, il faut plutôt se tourner vers les histoires externes à la continuité, des Elseworlds chez DC ou dans certains What if… chez Marvel (Le Et si Peter Parker était devenu Venom ? Finissait dans un jeu de massacre assez poussif par exemple) ou bien dans d’autres labels comme Max chez Marvel et c’est au travers de ce label qu’est paru l’histoire de ce mois-ci, histoire qui voit le puissant Thor affronter des morts-vivants d’un nouveau genre puisque ces ignobles zombies sont… Invulnérables  !

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En l’an 1003, en Norvège, des vikings pillent un village, violent les femmes et tuent quasiment tout les villageois avant de repartir vers ce qu’ils appellent « le nouveau monde ». Mais avant leur départ, le sorcier du village place une malédiction sur eux, demandant aux Dieux qu’ils n’atteignent jamais leur destination. 1000 ans plus tard, en 2003, les vikings finissent par arriver mais dans le port de New York. Leur voyage les a changés, les transformant en de surpuissants zombies, quasiment invulnérables. Thor fait alors irruption mais est facilement vaincu par le chef des vikings, ce dernier lui casse le bras et lui arrache Mjolnir, qu’il jette dans l’Hudson River.

Vaincu, blessé et affaibli, Thor se réveille dans la maison du Docteur Strange qui lui explique la raison de la surpuissance des vikings : Ceux-ci sont devenus si puissants car lors du rituel, la mort du sorcier du village a créé une sorte de surcharge, donnant ainsi une longévité et une force exceptionnelle aux vikings.

Afin de les combattre, Thor et le Docteur Strange doivent réunir une équipe de héros issue de la descendance des vikings et retourner les affronter.
La police, l’armée et même les Avengers vaincus, le seul espoir du monde reste Thor et ces fameux héros…

Thor : Vikings est donc une mini-série en cinq numéros publiée de septembre 2003 à janvier 2004 chez Marvel sous le label Max, le label pour lecteurs maturs de Marvel.
C’est écrit par Garth Ennis et dessiné par Glenn Fabry.

La première chose qui frappe lors des premières pages de Vikings, c’est la violence et la crudité des scènes : Rien n’est épargné aux lecteurs, que se soit les exactions des vikings ou la violence des combats, c’est un véritable festival gore auxquels notre dieu du tonnerre est confronté : Les vikings zombies sont des êtres sans foi ni loi, accumulant les cadavres sur leur chemin et s’adonnant aux pirex excès.
Cette opposition avec le monde plus « gentillet » des super-héros Marvel (Ennis ayant choisis pour les personnages Marvel leur look des années 70) joue beaucoup sur le coté abject des actes des vikings, donnant ainsi dés les premières pages un contraste saisissant entre les deux univers. Effet renforcé par le trait réaliste et tout en détail de Glenn Fabry, qui n’épargne rien au lecteur, notamment le visage tuméfié du Dieu du Tonnerre qui prend cher face aux vikings et que l’on a pas l’habitude de voir en si mauvaise posture.
Visuellement, c’est absolument époustouflant et l’on en peut que regretter que Glenn Fabry soit aussi souvent un cover-artist, tant ses prestations sur des intérieurs, à l’image de ce Thor : Vikings, sont époustouflantes.

En plus d’être très beau (les quelques visuels égayant cette chronique sont là pour le prouver), l’aspect visuel de cette histoire est à garder en mémoire, les prestations en intérieur de Glenn Fabry étant assez rares.

Niveau scénario, Garth Ennis reste fidèle à lui-même : C’est violent, crû, les dialogues sont disons, « très colorés » mais ça reste fichtrement bien écrit et documenté. Tout en restant fidèle à l’univers Marvel, le scénariste irlandais réussi néanmoins à insuffler son style irrévérencieux au travers d’une violence extrême, de l’humour noir et des personnages hauts en couleur, notamment le chef des vikings.

Garth Ennis, malgré sa réputation de trublion, reste avant tout un auteur efficace qui sait écrire une histoire avec habileté pour tenir le lecteur en haleine, ce Thor : Vikings en étant un preuve supplémentaire, un tant soit peu qu’il en est encore besoin de le prouver.

Pour finir, un petit mot sur la publication de cette mini série : Elle fut tout d’abord publiée en trade paperback aux États-Unis en février 2004 et en France par Panini à deux reprises : Une première fois dans un album 100% titré Thor : Vikings, Rendez-vous au Walhalla en décembre 2004 et une seconde fois dans la collection Marvel Dark (une collection destinée à accueillir des histoires un peu plus mature de l’univers Marvel) en octobre 2013. Les deux versions françaises sont assez aisément trouvables à prix raisonnabls en occasion et sur certains sites de ventes en ligne, donc pas d’excuses pour ne pas lui laisser sa chance.

Vous l’aurez compris, Thor : Vikings, bien avant Marvel Zombies prouvait que super-héros et horreur pouvaient faire bon ménage du moment qu’une équipe créative talentueuse est aux commandes, ce qui est le cas ici. Plus qu’un bon moment de lecture, Thor : Vikings est un passage obligé pour tout amateur de comics de super-héros un peu déviants.
Une lecture que je vous recommande chaudement, par Odin  !

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Thor : Vikings, disponible depuis le 30 octobre 2013 en France chez Panini Comics dans la collection Marvel Dark.

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Comme le bon vin…


NDLK : Vous allez penser que ce billet sent le réchauffé et vous avez totalement raison ! Mais avant de passer à une nouvelle version du blog (hey vous avez vu ! On a un nom de domaine maintenant ! Youhou !), il me semble important de finir les travaux en cours, dont ce billet, et quelques autres qui vont suivre. J’ai que 6 semaines de retard, je suis à peu près sure que ça va passer inaperçu !

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Voici 3 ans que la Comic Con Paris a élu domicile à la Grande Halle de la Villette, se réclamant d’emblée comme le rendez-vous de référence, incontournable et salvateur en ce qui concerne les festivals de comics ou liés à la pop culture, comme si jusqu’à présent, nous, pauvres manants étions démunis de toutes manifestations dignes de ce nom en France, jusqu’à en pleurer des larmes de sang.

Vous allez à ce stade penser que je vais librement cracher mon venin sur cet événement alors que j’ai pour la troisième année pu bénéficier d’une invitation en tant qu’intervenante (mais reléguée cette année au statut d’exposant, ce fut le running gag du week-end, je n’ai pas trop réussi à savoir ou je devais m’exposer, ni quoi exposer d’ailleurs, parce que… Je veux bien donner de ma personne mais si c’est pour faire fuir la moitié des 45000 visiteurs attendus d’après ce que j’ai pu lire dans les médias, je me sentirai bien coupable… enfin bref.)

Voilà, ici on est bien gentil, mais on ne va pas se la raconter par respect pour nos lecteurs, du statut arrogant et détestable qui a été ressenti par la plupart des médium spécialisés comics dès sa première année, largement accentué par la mise en concurrence directe et abjecte vis à vis de la Paris comics Expo (alors que malgré tout j’ose croire, innocente comme je suis qu’il y a de la place pour tout le monde),  la Comic Con Paris a malgré tout su évoluer de manière positive dans le traitement et le respect de ses invités Comics même si, il reste encore pas mal de travail à faire, le progrès est indéniable d’année en année.

Pour résumer la situation, je vous laisse librement lire mes ressentis concernant les précédentes éditions ici et ici.

Mais recentrons-nous sur cet édition de 2017.
Même période, même endroit, avec le sentiment me concernant à priori que le visage de cette convention allait rester inchangé. En fait cela s’avère être beaucoup plus complexe que ça.
Commençons comme d’habitude par le positif. Comme vous le savez, l’une des raisons qui me font me rendre en convention est le contenu et l’éventail des conférences qui peuvent y être proposés, et je peux dire que ce week-end je m’en suis donnée à cœur joie.

J’ai ainsi commencé mon marathon dès le vendredi matin à 10 h avec le panel de présentation d’un nouvel éditeur (qui commence déjà à faire bien parler de lui sur les réseaux sociaux), Hi Comics, filiale des éditions Bragelone, animé avec beaucoup d’entrain et de passion par son responsable éditorial, Sullivan Rouaud. Je connais Sullivan depuis des années et j’ai toujours été impressionnée par l’aisance et la capacité qu’il a à parler de ses différents projets de façon très communicative, voir addictive. Alors que le marché des comics en France semble être plus que saturé, se lancer dans une telle aventure mérite sincèrement que l’on s’intéresse à ce nouvel éditeur qui semble vouloir jongler entre licences et valeurs sures et titres indés, l’accueil positif attendu des premiers permettant ainsi semble-t’il de pouvoir faire la lumière sur des récits beaucoup plus méconnus des lecteurs.

DSC_1315Je souhaite à Hi Comics une belle réussite, tout aussi belle que la référence dans ce domaine Bliss Comics, un éditeur qui a d’ailleurs été cité dans le panel suivant, consacré à La diversité dans les comics.
Animée par Yaëlle Simkovitch et en présence de David Halphen (Fusion Man), JL Mast (Daredevil / Punisher Infinite) Phillipe Briones (Aquaman), Max Sarin (Giant Days), Joshua Dysart (Le Soldat Inconnu) et Jeff Stokely (Le beffroi), cette conférence a su exposer les points de vue de ses différents panélistes sur la question et ce malgré le fait qu’il n’y ait aucun intervenant de couleur (on avait quand même sur place Guile Sharp, Georges Jeanty et Doug Braithwaite, à quelques mois de la sortie de Black Panther ça aurait été plutôt cool de les voir intervenir sur le sujet), tout en déplorant le fait que la modératrice a tendance a vouloir (consciemment ou inconsciemment, je n’en sais rien) tirer la couverture sur elle au lieu de juste rester à sa place.

DNJWLCjXkAA6WIMLe troisième panel auquel j’ai assisté s’intitulait #VisibleWomen, les femmes qui font les comics, il s’avère que j’en étais l’une des intervenantes suite à l’invitation de Glénat Comics, parmi l’un des éditeurs qui apprécie mon parcours de blogueuse depuis toutes ces années, et dont je tiens ici à remercier sincèrement la sympathie.
Étaient avant tout présentes Marie-Paule Noel en meneuse de revue, Stéphanie Hans que l’on ne présente plus en ces murs et la scénariste Clotilde Bruneau, l’adorable et ultra dynamique auteure de la saga La Sagesse des mythes en collaboration avec Luc Ferry paru chez Glénat, qui a nous a permis de faire la jonction entre le statut des autrices de comics et celle issues de la BD Franco-Belge.
Une capture audio de ce panel est disponible ici grâce aux bons soins de nos collègues et amis de Marvel Planet.

En complément et si ce n’est pas déjà fait car cet événement date quand même un peu je vous laisse lire les articles très bien foutus des Inrocks et de Respect Mag sur le sujet.

On le voit de plus en plus, les notions et interventions relatives au féminisme et à la diversité ont une part à jouer de manière croissante au sein des conventions et festivals liés à cette fameuse pop culture, attention toutefois à ne pas en faire un objet marketing. J’ai effectivement pu constater que cette année un tournant s’était déjà opéré à ce niveau, alors que certains osent à peine prendre le train en marche, d’autres ont déjà su capitaliser la poule aux œufs d’or médiatique que constitue le terme Women in comics.
Ces prochaines années risquent d’être fort intéressantes vis à vis du « courage » que certains éditeurs oseront prendre dans ce domaine, jusqu’à ce que la mode passe à autre chose. On s’intéressera alors une nouvelle fois aux vrais artisans du féminisme dans les comics, celles et ceux qui notamment puisent leur culture et leurs idéaux dans les premières expressions de ce mouvement.

Je me suis bien évidemment rendue au panel consacré à Wonder Woman, encore une fois animée par Yaëlle Simkovitch, qui était cette fois ci accompagnée d’Emanuela Lupacchino et Stéphanie Hans, deux artistes qui ont récemment œuvré sur le personnage. La conférence était efficace sans être complète, le principal a été dit tout en sachant qu’elle s’orientait beaucoup sur ses transpositions télévisuelles et cinématographiques, et qu’en 45 minutes je ne pouvais pas m’attendre à mieux. J’espère un jour avoir la chance d’assister à une conférence consacrée à ce personnage animé par Xavier Fournier, Alex Nikolavitch, ou encore Jean-Marc Lainé, par exemple, qui sont de vrais historiens des comics.

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Autre conférence et pas des moindres, la masterclass consacrée à Brian Michael Bendis (quand j’y pense : cette année entre lui, Chris Claremont à Angoulême en janvier dernier et Mark Waid il y a quelques jours, cela aura été pour moi l’année des scénaristes de légende). Située dans la grande salle, ce fût un vrai show à l’américaine animée et traduite par Frédéric Benudisavec présence d’un DJ et d’un chauffeur de salle pour faire patienter la foule, je dois être vieux jeu, pardon, je sais que je suis vieux jeu mais ce genre de mise en scène ne passe absolument pas pour moi. Certes Bendis est un showruner, un des plus grands architectes de l’univers Marvel moderne, mais c’est avant tout un auteur. Et c’est d’ailleurs bien ce qu’il a souligné à plusieurs reprises durant ce panel : la simplicité de son mode de vie à s’occuper de ses filles et de s’isoler dans son sous-sol pour écrire.
J’ai ensuite eu la chance de pouvoir lui faire signer mon exemplaire de Goldfish, et de le remercier justement de contribuer autant à cette diversité en créant des personnages tels que Miles Morales. Je n’oublierai pas de si tôt les quelques conseils qu’il a pu me prodiguer en terme d’écriture, à l’instar de Frank Miller, Bob Layton ou Mark Waid, il existe des auteurs de légende dont la bienveillance envers leurs fans est un cadeau en soit.

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Même salle, même ambiance, mais cette fois-ci totalement justifiée pour le panel consacré à la série Strangers Things diffusée sur Netflix, après 1h30 d’attente entourée d’une horde de pré-ados, les classiques du rock FM des années 80 ont fini par me redonner le sourire dans une ambiance survoltée. Les trois comédiens Gaten Matarazzo (mon chouchou, parce qu’il me fait penser au Sidekick), Finn Wolfhard et Caleb McLaughlin étaient évidemment très à l’aise en tant qu’ambassadeurs de ce programme au succès générationnel immense, ce fut un moment très fun et assumé ou je me suis amusée à me retrouver parmi tous ces gosses hystériques.

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Enfin, la dernière conférence (la 7ème ! Ah oui ça on peut dire que j’en ai bouffé du panel !) était une rencontre avec Stéphanie Hans qui partageait son expérience vis à vis de la présentation d’un portfolio à un éditeur. Destinée principalement aux artistes amateurs ou semi-pro, l’illustratrice a su prodiguer de nombreux conseils aux personnes qui lui ont présenté leurs travaux sur place, c’était très enrichissant de découvrir les techniques et les astuces dans la composition de ses couvertures, encore un moment de partage que j’aimerai voir bien plus souvent dans ce milieu.

Cette édition de la Comic Con fut donc pour moi très satisfaisante en ce qui concerne ses conférences, bon nombre d’entre elles étaient consacrées aux comics avec des thématiques actuelles qui se devaient absolument d’être présentes.

Autre très belle évolution concernant cette édition 2017 : la présence d’une véritable Artist Alley digne de ce nom, toujours située au premier niveau (une bonne chose afin que les artistes puissent être « au calme » en tout cas loin de l’effervescence mercantile en contre bas), et où les auteurs étaient largement mieux mis en valeur que les années précédentes (en même temps c’était pas bien difficile…).
Un bémol toutefois concernant le statut de ces artistes de comics qui semble-t’il n’avaient pas les même égards que les autres super stars du salon, (les années précédentes tout les artistes mangeaient au même endroit, cette année j’ai pu assister à un véritable phénomène de caste où les acteurs se restauraient dans un endroit situé au niveau supérieur en toute discrétion, et les acteurs au rez de chaussée, devant une baie vitrée sans aucune intimité.
Cela n’a pas empêché à tous ces auteurs d’être extrêmement disponibles envers leurs fans, j’ai eu grand plaisir à discuter avec Emanuela Lupacchino, JL Mast, Julien Hugonnard-Bert, Rebekah Isaacs, ainsi que Max Sarin qui se trouvait sur le stand de l’éditeur Akileos, en contrebas. On sentait de leur part un vrai plaisir de participer à cet événement.
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Après trois jours passé dans les murs de la Grande Halle de la Villette pour cette nouvelle édition de la CCP mon bilan est donc très encourageant, et ce malgré ma perplexité de voir cette énergie toujours aussi vive que les organisateurs ont de vouloir faire croire via divers médias que leur événement est la seule référence en France digne de ce nom, et que les autres festivals se déroulant en province ne relèvent que d’un travail d’amateur où les commissions des artistes se font limite au Bakchich.

Bon allez, prochain rendez-vous pour moi, un tout petit festival de province situé dans un trou paumé de Charente…

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 36


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Trick ‘R Treat

Nous sommes en octobre et c’est ce mois-ci que nous allons fêter Halloween, plus précisément le 31. Fête pas vraiment très suivie en Europe, c’est par contre une véritable institutions aux États Unis, comparable à Noël ou la fête du nouvel an en terme d’importance et (surtout) de gains et bénéfices pour les vendeurs de produits dérivés divers et variés. Halloween c’est bien sûr un véritable business pour les marchands de costumes et de sucreries (et d’alcool pour les plus vieux) mais aussi une manne pour les pourvoyeurs d’univers imaginaires : Films bien sûr mais aussi romans et bien entendu bandes dessinées placent leurs actions durant la fête des morts, une nuit durant laquelle il est dit que vivants et trépassés se côtoient…
Et quelle aubaine pour nous faire frissonner nous, lecteurs et spectateurs d’œuvres horrifiques, que cette fameuse nuit durant laquelle toutes les horreurs semblent permises ! Vous êtes prêts à cette année passer la nuit en compagnie de votre serviteur ? Alors accrochez-vous, direction la petite ville de Warren Valley dans l’Ohio pour y fêter dignement cette fête en compagnie de Michael Dougherty et du mystérieux Sam !

«  Well I let their teeny minds think
That they’re dealing with someone who is over the brink
And I dress this way just to keep them at bay
‘Cause Halloween is everyday
It’s everyday  »

Ministry – Everyday is Halloween, extrait de l’album Toronto 1986

Les films à sketchs c’est une grande tradition du cinéma d’horreur, beaucoup de films ont déjà usé de cette technique, souvent pour le meilleur (comme dans l’excellent Creepshow de Stephen King et George A. Romero, déjà chroniqué ici même dans cette même rubrique, ou pour le pire, comme Darkside : Les Contes de la Nuit Noire (1) ou l’exécrable Creepshow 3 dont, pour une fois, je vous épargnerais les bandes annonces.
Le principe des films dit à sketchs, c’est de proposer pas une mais plusieurs histoires courtes, plus ou moins inter-connectées par un fil conducteur, c’est un exercice assez périlleux car trouver une cohérence entre plusieurs histoires souvent toutes radicalement différentes est assez compliqué et il est assez rare que cela soit fait de façon subtile : Par exemple, dans Darkside : Les Contes de la Nuit Noire (encore lui…) un petit garçon raconte des histoires effrayantes à un cannibale afin de gagner du temps avant d’être dévoré, niveau fil rouge crédible et subtile, on a déjà vu mieux…

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En ce qui concerne le fait de situer l’action à Halloween, là par contre, c’est une pratique courante dans le cinéma d’horreur : Si on pense tout de suite au chef d’œuvre Halloween, La Nuit des Masques de John Carpenter (1978), il existe un nombre incroyable de films qui se passent durant Halloween et très franchement en faire une liste ou bien donner des exemples seraient fastidieux pour deux raisons : la première, il y en a ÉNORMÉMENT, allant du film d’horreur pur au film pour la jeunesse, le nombre de films situant leur action durant cette fête est juste monstrueux, ensuite, la seconde raison est que ces productions sont souvent de mauvaise qualité, ce sont pour la majorité des films jouant sur l’imagerie et ou la période de l’année et finissent souvent en DTV ou sont retirés des salles le lendemain d’Halloween, avant que la colle de l’affiche soit sèche…

Les « Films d’Halloween » c’est donc en général un style de film qui a mauvaise presse : Considérés comme des films de piètre qualité, peu sortent du lot et il faut vraiment creuser pour en trouver de bons offrant un spectacle de qualité tout en gardant « l’esprit d’Halloween », et c’est justement le cas de ce Trick ‘R Treat  !

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Trick ‘R Treat est donc un film d’horreur sorti en 2007, le film raconte le destin croisé de plusieurs personnages, tous plus ou moins liés par un mystérieux petit garçon masqué nommé Sam. Toutes les mésaventures des personnages se passent durant la nuit d’Halloween, tueur en série, vampires, fantômes, zombies, la plupart des thèmes sont habilement abordés dans le film.
Le film est écrit et réalisé par Michael Dougherty (scénariste notamment de X-Men 2 et Superman Returns) produit par Bryan Singer est interprété (entre autre) par Brian Cox (X-Men 2, Zodiac, Troie), Anna Paquin (Rogue/Malicia dans la saga X-Men) ou encore Dylan Baker (Requiem for a Dream).
Il faut également savoir que le film est à la base dérivé d’un court métrage animé réalisé et écrit par Michael Dougherty appelé Season’s Greetings et sorti en 1996 (2) ayant pour héros le petit monstre au masque en tissu Sam, qui deviendra par la suite l’emblème de l’univers de Trick ‘R Treat.


Le court métrage Season’s Greetings

Le film se décompose en cinq histoires ainsi qu’un prologue et une conclusion.
Dans le prologue, un couple se dispute devant chez eux au retour d’une fête d’Halloween un peu trop arrosée, quand la jeune femme est brutalement agressée.
Dans la seconde histoire, un homme empoisonne un jeune garçon mais va de Charybde en Scylla quand il tente de dissimuler le corps dans son jardin.
Troisième histoire, des enfants entraînent une de leur camarade de classe dans une mine désaffectée dans laquelle s’est passé une tragédie afin de l’effrayer, mais se retrouvent pris à leur propre jeu.
Dans la quatrième, une jeune femme hésite à se rendre dans une fête organisée par sa grande sœur et en chemin est prise à partie par un vampire particulièrement sanguinaire.
Dans le dernier segment, un vieil homme acariâtre est violemment attaqué chez lui par un petit garçon masqué.
Par contre je vous laisse le soin de découvrir la conclusion, assez prévisible mais particulièrement haute en couleur et jouissive  !

Qu’est ce qui fait de Trick ‘R Treat un film différent des autres films d’Halloween  ? Tout simplement parce que le film prend le contre-pied de la plupart des films de ce style : Ce qui choque dés la première histoire, c’est que le film ne fait pas de distinction pour ses victimes, hommes, femmes ou enfants, tout le monde est susceptible d’y passer, là où la plupart des films d’Halloween nous proposent des enfants comme héros, dans Trick ‘R Treat, tous les personnages sont des victimes potentielles, le premier enfant à y passer nous montre d’ailleurs une longue agonie qui ne fait d’ailleurs pas dans la dentelle, âmes sensibles s’abstenir.
Cette scène choc nous met de plus directement dans l’ambiance d’Halloween : Enfants qui font du porte à porte, adultes en pleine orgie, alcool, loin de la fête bon enfant de voisinage, on nous montre le vrai Halloween, avec son folklore certes mais aussi ses dépassements et ses excès.
Cet aspect à mi-chemin entre la fête de jeunesse et les abus du monde des adultes (les enfants frappant à la porte de l’une de leurs professeurs pour y découvrir une véritable orgie costumée en est le meilleur exemple) donnent du coup une impression douce amère de cette fête, renforcé par la violence des scènes d’horreur, cette sensation sera d’ailleurs commune à toutes les histoires du film, certes c’est une fête (à priori) joyeuse, mais ça reste quand même la fête des morts avec tout ce que ça implique dans sa signification.

L’autre filiation évidente est celle avec les comics d’horreur de l’âge d’or et les films d’horreur des années 80 : Le générique est en effet un montage de diverses couvertures et pages de comics et le film fait ses transitions entre chaque histoire aux moyens de bulles et d’encarts, même la ville s’appelle Warren Valley, très certainement en hommage aux comics Warren Publishing.
Cette filiation est aussi évidente dans la photographie du film, aux couleurs chaudes et très visibles, qui lui donne un aspect presque cartoonesque et années 80. D’ailleurs le film ne renie à aucun moment, l’une des héroïnes s’appelant par exemple Laurie, comme l’héroïne du film de John Carpenter. Il y a beaucoup de ces petits clins d’
œil dans le film, que je laisse le soin aux plus observateurs de découvrir, et j’avoue que pour moi ça a été particulièrement drôle.
Même chose pour les acteurs, toujours à la limite du surjeu, là encore dans un style très années 80

Trick 'r Treat
A mi chemin entre hommage et déstructuration du film de Halloween, Trick ‘R Treat est un film atypique, prenant le contre-pied des films du genre pour offrir aux spectateurs quelque chose de différent et de résolument jouissif pour un fan de la grande époque des films d’Halloween. A priori le film aurait dû être un succès, mais l’histoire fut tout autre…


Bande annonce américaine de Trick ‘r Treat

Prévu à l’origine pour être diffusé dans les salles à Halloween 2007, soit plus de deux ans après la fin du tournage, le film ne sera pas et pour d’obscures raisons marketing, jamais diffusé en salles…
Très touché par cette décision, Michael Dougherty ne va pourtant pas se décourager et va prendre la décision de diffuser son film dans divers festivals de cinéma fantastique : Décision salutaire, puisque le film va vite devenir une véritable bête de festival et collectionner les avis élogieux, aussi bien critiques que du public et va en faire un film culte pour de nombreux fans, faisant de son croque-mitaine, le petit Sam, une nouvelle figure emblématique du cinéma d’horreur.

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Même si le film cartonne dans les festivals, ce sera un peu le même triste topo pour sa sortie sur le marché de la vidéo : Le film sera distribué en direct-to-vidéo en DVD et Bluray le 6 octobre 2009 soit plus de deux ans après sa première présentation au public (le 9 décembre 2007 au Harry Knowles’  Butt-Numb-A-Thon  film festival à Austin au Texas) et donc 4 ans après la fin de son tournage, uniquement en Amérique du nord, en Australie, en Angleterre puis quelques semaines plus tard en Allemagne et à ce jour, le film n’a toujours pas été distribué ailleurs… (3)

Le film étant donc devenu malgré lui et « grâce » à ces déboires de distribution une oeuvre culte, écrite par un scénariste baignant dans la culture comics, largement inspiré de comics et comme nous l’avons vu plus haut ne reniant absolument pas cette filiation, le film allez donc logiquement connaître des déclinaisons au format papier. Ces extensions à l’univers du petit Sam valent-elles le détour, à l’image de son film d’origine  ? Réponse le 31 octobre  !

Non, je plaisante, réponse tout de suite  !

La première série de comics fut l’adaptation du film. Prévue à la base pour sortir conjointement à la sortie du film en salle à Halloween 2007, elle fut logiquement elle aussi repoussée pour sortir conjointement à la sortie vidéo, sous forme de Graphic Novel, compilant les quatre chapitres prévu à l’origine indépendamment, c’est sorti uniquement aux États-Unis chez DC/Wildstorm.


Cette première série à des auteurs plutôt prestigieux aux commandes : Marc Andreyko au scénario et quatre artistes pour les différentes chapitres. Que du beau monde niveau dessins : Mike Huddleston, Grant Bond, Christopher Guggliotti (dont j’avais déjà parler dans le Jeudi consacré à Massacre à la Tronçonneuse) et enfin la superstar Fiona Staples, consacrée depuis pour sa participation à la série Saga de Brian K. Vaughan.

De quoi ça parle  ? Et bien du film, puisqu’il s’agit de l’adaptation stricto sensu du film, ni plus ni moins. L’histoire est exactement la même, sans rien en plus.

Très honnêtement, c’est plutôt bien écrit et niveau dessin, ça se tient également plutôt bien : La plupart des artistes respectent bien l’ambiance et les codes visuels du film.

C’est un très bon comic d’horreur, une autre façon de voir le film mais qui n’a malheureusement aucune valeur ajoutée si on a déjà vu le film, en résumé un pur produit promotionnel, certes fichtrement bien fichu mais un simple produit promotionnel… A réserver uniquement aux fans inconditionnels d’horreur dessinée.
Conjointement à la sortie du second film d’horreur de Michael Dougherty, Krampus dans lequel il s’attaque cette-fois à la fête de noël, Legendary Comics sort une seconde série de comics dérivée de Trick ‘R Treat, sous titrée Day of the Dead, c’est donc sorti le 6 octobre 2015 en trade paperback aux États Unis chez Legendary Comics et le 11 octobre 2017 en France chez Hachette Comics.
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Contrairement à la première série il s’agit ici d’histoires originales, liées elles aussi par le même fil conducteur, à savoir le petit monstre Sam.
L’histoire débute alors qu’un grand père et sa petite fille sont sur le perron de la maison en train de tailler une citrouille le soir d’Halloween, la petite fille est très effrayée par cette fête et son grand père va lui raconter des histoires ayant lieu durant cette fête afin de lui faire comprendre que plus qu’une fête où l’ont va de maison en maison pour quémander des friandises, Halloween c’est aussi un état d’esprit.

Ces histoires sont au nombre de quatre, chacune d’entre elles étant scénarisée et dessinée par des artistes différents.

Autant commencer par le début avec la première histoire (…) à savoir La Graine : C’est écrit par Michael Dougherty lui-même et c’est dessiné par l’excellente Fiona Staples.
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Direction l’Irlande au dix-septième siècle et nous faisons la connaissance de Thomas, un jeune prêtre récemment ordonné. Sous les ordres d’un commandeur sadique, Thomas est chargé de donner les derniers sacrément aux victimes du commandeur, des « sorcières ». Mais un jour Thomas se prend d’affection pour Brigid, une jeune sorcière rousse et fini par tomber amoureux d’elle. Thomas et Brigid vont alors tout faire pour tenter d’échapper au commandeur et ces hommes et quitter l’Irlande. Mais leur route sera chargée d’embûches, et leur seul héritage sera peut être une fameuse graine…


Très honnêtement, c’est une très bonne histoire : Déjà visuellement, Fiona Staples est au top, ses planches sont magnifiques et il se dégage de ces personnages une véritable grâce inhérente au style de l’artiste. Pour ce qui est de l’histoire, on a là une histoire d’amour digne de Roméo et Juliette avec tout ce que ça implique.
Au final c’est une très bonne histoire dont le seul défaut et le même que celle des deux suivantes, j’y reviendrais donc plus tard.

Seconde histoire, La Fille du Maïs, c’est écrit par Todd Casey et dessiné par Stephen Byrne.
23L’histoire prend place en 1853 pendant la conquête de l’ouest, Sarah est une jeune adolescente qui arpente le grand ouest avec son père, chargé de préparer et repérer les lieux pour le futur passage train à vapeur. Tout se passe bien, lorsque les pionniers trouvent sur le futur passage du train un village indien. Les pionniers font mine de faire ami-ami avec les indiens et Sarah se prend d’affection pour la fille du chef. Un soir alors que Sarah se promène aux alentours du village indien, dans des champs de maïs, elle y rencontre une mystérieuses jeune femme s’adonnant à un rituel. La fille du chef lui explique que cette jeune femme est surnommée la Fille du Maïs et qu’elle est une chaman. Après quelques jours sur place, Sarah décide de montrer à ses nouveaux amis en quoi consiste la fête d’Halloween mais son père a de bien plus sombres projets pour les indiens…
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Seconde histoire et c’est encore une vraie réussite : Je dirais même que des quatre histoires c’est même la plus réussie. Les dessins de Stephen Byrne sont sublimes, certaines planches sont même absolument époustouflantes. Quand à l’histoire, même si elle est assez classique, son aspect cruel et historique là rend particulièrement touchante.
Selon moi la meilleure histoire de ce recueil, qui a malheureusement le même défaut que la précédente, sur lequel je vais revenir plus bas.

Troisième et avant dernière histoire, Écho et là, les choses se gâte… C’est écris par Zach Shields et dessiné par Stuart Sayger.
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L’histoire raconte le périple de Jake, un détective privé chargé par une femme le soir d’Halloween de retrouver sa jeune sœur, récemment disparue dans un parc dans lequel un tueur sévit depuis plusieurs semaines. Jake va prendre l’enquête mais va vite se retrouver embringué dans une histoire assez sombre et sordide dans le milieu de la sorcellerie.
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Si les deux premières histoires sont assez réussie, c’est tout le contraire de celle-ci : D’une part l’histoire est très ambitieuse, voir trop : Trop de personnages qui pour certains ne servent à rien (le producteur), trop d’événements s’enchaînent pour un récit ayant si peu de pages pour se développer. Du coup, les péripéties de notre détective alcoolo s’enchaînent à grande vitesse, parfois de façon complètement abracadabrantesque. Le récit a donc un aspect bordélique malgré son pitch de départ plutôt simple. Pour finir les dessins n’aident pas : Confuses, trop sombres, imprécises, certaines planches sont parfois quasiment incompréhensibles, n’aidant pas à comprendre un récit déjà pas bien clair…
De toutes les histoires c’est sans conteste la plus mauvaise, rajouté à cela le défaut des deux précédentes que je vais pouvoir exposer de suite car il ne concerne pas la dernière histoire.

Car en effet, ces trois premières histoires ont un grand défaut. Trick ‘R Treat est un univers qui de base, repose sur l’esprit de la fête de Halloween et force est de reconnaître que en ce qui concerne ces trois premières histoires, le lien avec cette fête est plutôt mince : Dans la première, la fête n’existe même pas encore, dans la seconde elle ne sert que de prétexte au grand final et dans la troisième elle n’y est quasiment pas faite allusion, car mettre quelques gamins qui courent déguisés en fond de décor ne justifie pas de faire d’une histoire une histoire se passant à Halloween, il y a un esprit, des aspects visuels à respecter, surtout quand on est dérivé d’un film qui a bâti son succès là-dessus.
Très honnêtement, en lisant ces trois premières histoires je me suis senti un peu floué, croyant retrouver la saveur et l’ambiance du film, ce qui ne fut malheureusement pas le cas…

Enfin bref, revenons à nos comics et parlons de la dernière histoire, La Légion des Monstres. C’est écrit par Marc Andreyko et dessinée par Zid.
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Dans les années 1960, James et Rory sont deux enfants voulant profiter à fond de leur dernière fête d’Halloween ensemble avant de devenir des « Grands ». Pour marquer le coup, il dépasse un peu les bornes en saccageant le jardin d’un voisin. Ils sont finalement coincés par le shérif et le père de Rory, un pasteur peu enclin à encourager la fête d’Halloween. Alors que Rory se prend une correction sous les yeux médusés de James, des monstres de tout ce qu’il y a de bien réel apparaissent et enlèvent les deux enfants. James et Rory se retrouvent alors dans un endroit bizarre où semblent coexister tout les monstres d’Halloween et décident de se joindre à eux pour faire régner la terreur dans leur petite ville, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’ils sont en train de devenir physiquement, les monstres qu’ils incarnent…

Contrairement aux trois autres histoires, c’est la seule dont on ressent vraiment l’esprit d’Halloween : Tout y est, que se soit visuellement ou dans son scénario et très franchement, cette histoire est un vrai plaisir à lire. De plus, les dessins de Zid sont absolument somptueux, sans conteste les plus beaux du recueil, ça se passe de commentaires comme vous pourrez le constater avec les quelques pages égayants cette chronique.
Des quatre histoires, c’est celle qui est le plus en phase avec l’esprit de Trick ‘R Treat  : Même si le scénario n’est pas de ce qu’il y a des plus original, il est rudement bien écrit et réussi vraiment à créer une empathie pour les deux jeunes héros, donnant même un aspect presque féerique à la fête d’Halloween. La cerise sur le gâteau étant son aspect visuel, magnifique qui forme avec le récit un ensemble absolument admirable.

Que dire au final sur ce recueil  ? Très honnêtement, j’ai été un peu déçu : J’ai vraiment et comme vous avez put le constater plus haut, adoré ce film et je pensais y retrouver l’ambiance et l’esprit dans ce comic, ce qui ne fut malheureusement pas le cas, mise à part dans la dernière histoire. Après est-ce que du coup je conseille ce livre, oui et non. Si vous êtes amateur de comics d’horreur comme moi, je dirais que oui, car mis à part la troisième histoire, les autres sont vraiment de qualité et mérite vraiment que l’ont s’y attarde. Par contre si vous souhaitez retrouver l’ambiance du film et la prolonger, vous pouvez passer votre chemin sans hésitation.

Un dernier mot sur l’édition française et je félicite Hachette Comics pour leur travail de qualité : L’édition est impeccable, hardcover et papier glacé de rigueur et mise à part quelques coquilles dans la traduction, c’est du très bon boulot.
De plus, avoir traduit et édité un comic dérivé d’un film qui n’est même pas sorti en France était un véritable risque qui je l’espère sera payant et verra l’édition d’autres livres de ce type dans notre pays, notamment ceux tirés d’un autre film dont je vous ai parlé plus haut, ceux du film Krampus.

Trop peu suivie et fêter en Europe, la fête d’Halloween est pourtant une véritable institution outre atlantique et fait partie de la culture américaine. C’est une véritable manne financière pour le commerce mais aussi un puits d’idées pour les créatifs : Chaque année aux États-Unis voit surgir à cette période toute une flopée de films, romans ou bandes dessinées horrifiques de qualité plus ou moins bonne mais ayant tous cet esprit à la fois festif et effrayant que nous, européens, ne pouvons que regarder de loin… Heureusement que pour nous faire partager cet esprit il reste des univers comme Trick ‘R Treat pour nous restituer à nous aussi, la magie d’Halloween !

Trick ‘R Treat, Happy Halloween disponible depuis le 11 octobre 2017 en France chez Hachette Comics

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1 : Ce film est souvent titré Les Contes de la Crypte  : Le Film en France, hors il n’a aucun lien avec la fameuse série, la dite série ayant ses propres films : Le Cavalier du Diable (1995), La Reine des Vampires (1996) et Ritual (2001, inédit en France).

2 : Ce court métrage est visible sur internet mais aussi dans les bonus des DVDs et Blu-rays de Trick ‘R Treat.

3 : Il faut néanmoins préciser que les versions DVD et Blu-ray américains possèdent un doublage français (québécois, de très bonne qualité) ainsi que les sous-titres qui vont avec, attention néanmoins car que se soit le DVD ou le Blu-ray, les deux sont zonés et si l’envie vous prend de vous les procurer, ils vous faudra un lecteur dézonné pour pouvoir les visionner.
Quand au DVDs allemand et anglais, eux par contre lisibles sur un lecteur français, ils ne possèdent ni doublage ou sous-titres français…
A noter que le blu-ray anglais, aujourd’hui trouvable à pris d’or (compter une quarantaine d’euros minimum) comporte lui par contre sous titres, et doublage en français.


Ah et puis juste comme ça car je viens seulement de le remarquer, ça fait trois ans pile poil ce mois-ci que les Jeudis de l’Angoisse (Des Comics) fêtent leurs trois ans !

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L’alien est un loup pour l’homme


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Bon allez, un peu de choupitude dans ce mode de brutes, ça va pas nous faire de mal.

A 8 jours de la diffusion de la troisième saison de Supergirl, une série TV que l’on continue à soutenir ici malgré ses nombreux défauts, je souhaitais vous faire connaitre (si ce n’était pas déjà le cas) un webcomic vraiment sympathique consacré à la Girl of Steel, tellement cute et inspiré que je le rangerai aisément entre le Superhero Girl de Faith Erin Hicks et le Batgirl/Supergirl de Mike Maihack.

Ce webcomic créé par Sarah Leuver est librement inspiré de la série diffusée sur la chaine CW, reprenant ses personnages principaux (bon, l’histoire reste quand même bien centrée sur Kara et Alex) dans de nouvelles aventures qui ont du chien.
De quoi passer un moment de détente dans l’univers haut en couleur des fan arts dédiés à la kryptonienne, en attendant des épisodes officiels qui seront pour le coup peut-être moins réjouissants…

Au delà de cet hommage à Supergirl, Sarah Leuver est également l’auteure d’une série intitulée The Temple Twins dans la pure tradition des Indiana Jones, mais toujours à destination d’un jeune public.

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I love Barcelona


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Il existe des événements qui me font littéralement kiffer. Alors, évidemment, la plupart du temps il s’agit de manifestations directement liées au comics dans leur ensemble et lorsque mon emploi du temps – et mon porte monnaie – me le permettent, je m’y rends plus que volontiers.
Et puis il y a des conventions qui m’interpellent beaucoup plus car elles sont ciblées vis à vis de mes centres d’intérêt, tels que la Flame Con basée à New York et Geek Girl Con de Seattle (qui a d’ailleurs lieu au moment où j’écris ces lignes).
Alors tout ça c’est très bien mais c’est surtout très loin ! Et si il était question de voir apparaître une telle initiative vers chez nous, la Vieille Europe, vieille certes mais tout autant intéressée par ce genre de thématique (il n »y a qu’à voir les panels consacrés au FIBD d’Angoulême pour s’en rendre compte).

Et bien sachez que ce vœu pieux est sur le point de devenir réalité car du 22 au 24 juin prochains (oui oui en 2018 ! Comme ça vous avez le temps de vous préparer !) est organisée la première Love Fan Fest, une convention totalement et idéalement consacrée à la thématique LGBT dans la Pop Culture.

Voici leur note d’intention, celle-ci me donne furieusement envie de traverser la frontière l’été prochain comme vous pouvez vous l’imaginer :

LOVE Fan Fest apporte à Barcelone le premier événement multifandom LGBT. Un grand festival pour célébrer, débattre et montrer la diversité, avec une demande claire pour une plus grande visibilité dans les films et la télévision. Spécialement pour la visibilité lesbienne qui a encore un long chemin à parcourir, malgré toutes les étapes prises.
Dans notre première édition, nous bénéficierons de l’apparence d’actrices qui ont donné vie aux personnages lesbiens aidant un groupe défavorisé. Non seulement sur la forme mais aussi en arrière-plan.
De plus, nous proposerons concerts, différentes étapes, fêtes, art, de la culture … tout autour d’une atmosphère incroyable.
Barcelone, année après année, s’est confirmée comme une ville ouverte au monde, avec un caractère multiethnique et culturel croissant. Et nous adorerons vivre à vos côtés.

Au programme donc lors de cette convention idéale, du lourd du lourd et encore du lourd !

  • Des conférences dont les sujets comprennent : Sci-fi tv shows et visibilité lesbienne, Les super-héros gay et les relations lesbiennes dans les bandes dessinées, l’industrie du film et les personnages LGBT, prévention de la discrimination chez les enfants issus de couples gais / lesbiens, les jeunes LGBT et l’intimidation…
  • La présence d’actrices qui ont su faire avancer la cause lesbienne dans les séries TV et web séries, à commencer par Gabrielle Christian et Mandy Musgrave de l’excellente série destinée aux ados South of Nowhere qui ne date pas d’hier mais qui reste une très bonne référence pour celles qui souhaitaient voir un programme plus frais que The L Word, Elise Bauman et Natasha Negovanlis, héroïnes de la web série culte ET Canadienne Carmilla, et pour finir, LE trio de la mort qui tue provenant tout droit de Purgatory :  Dominique Provost-Chalkley, Katherine Barrell, et Melanie Scrofano, que demande le peuple ? Seriously ?
  • Et que dire de plus à part qu’un concert électronique dantesque est prévu tout au long du week-end, (souvenez-vous on est à Barcelone…)

Une telle convention va donc avoir lieu à Barcelone, le week-end du 22-24 Juin 2018, vu l’échéance on peut aisément espérer des guests supplémentaires, et si, pourquoi pas celles-ci ne proviendraient pas de National City ?

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