Elena (Elena Undone)

Motivé par les bonnes critiques que j’avais lu un peu partout sur le net (4,7/5 sur plus de 700 avis sur Amazon quand même, 6,1/10 sur IMBD, ce qui, connaissant le site est plutôt une note honorable, trois prix reçus dans des festivals) et voyant que le film était disponible sur Prime Video, j’ai finalement décidé de me lancer dans le visionnage de ce film que je voyais souvent revenir comme un « must watch » dans les listes de films traitant de l’homosexualité féminine. Après la séance, j’avoue avoir été un peu dubitatif, pourquoi ? Parce que cet Elena (Elena Undone en VO) m’a laissé une étrange impression…

Le film raconte l’histoire de Elena (sans blague…) femme au foyer, la petite quarantaine, en apparence heureuse, mariée à un pasteur et mère d’un ado dans une petite ville américaine typique : Les palissades blanches, les petites maisons bien alignées avec des pelouses bien tondues, l’église au milieu, tout ça tout ça, bref, l’archétype de la petite ville ricaine comme on en voit dans tout les téléfilms du samedi après-midi sur TF1 (notez bien cette remarque car elle va avoir beaucoup d’importance pour la suite). Mais Elena, elle s’ennuie, avec le temps, elle se rend compte que quelque chose ne va pas dans sa vie et tout son petit monde bien propret et bien rangé va vaciller lorsqu’elle va rencontrer Peyton, une écrivaine ouvertement lesbienne qui peine à se remettre d’une déception amoureuse malgré les encouragements de Wave, sa voisine d’en face, une ravissante rouquine, elle aussi lesbienne mais totalement délurée.

Elena pourra t’elle laissé de coté son « american way of life » durement acquis depuis des années pour pouvoir s’épanouir dans les bras de Peyton ? La route sera semée d’embûches et s’extirper de ce milieu pour une femme comme elle, va s’avérer un véritable chemin de croix.

De belles femmes pour une (trop) belle histoire ?

Le film est écrit et réalisé par Nicole Conn, une scénariste/ éalisatrice visiblement aguerrie à ce genre de production puisqu’en parcourant sa fiche IMBD, quasiment tous ses travaux traitent plus ou moins d’aventures sentimentales entre femmes et Elena est visiblement son film ayant reçu le plus de critiques positives. Le duo d’actrices principales est constitué de Necar Zadegan, l’actrice allemande est surtout connue pour son rôle de l’agent spécial Hanna Khoury dans la série NCIS Nouvelle Orléans et celui de Dalia Hassan dans la saison 8 de 24h Chrono, sinon elle a fait beaucoup de doublage pour des séries d’animation ou des jeux vidéos et plusieurs apparitions dans des séries et des téléfilms. L’autre moitié de ce duo de charme est constitué de Traci « Thunderbird » Dinwiddie (oui, c’est son nom d’actrice visiblement), par contre elle, son nom dit probablement quelque chose aux fans de séries puisqu’elle a interprétée le rôle de Pamela Barnes dans la série Supernatural et plus récemment le rôle de Regina dans la saison 9 de The Walking Dead, sinon sont CV d’actrice est constellé d’apparitions diverses et variées dans des courts métrages, séries etc. Les autres membres du casting ont des CV du même tonneau que les deux actrices principales, pas besoin de s’attarder dessus.

Pourquoi Elena m’a laissé une étrange impression ? Je vais revenir sur un point que j’ai abordé plus haut, celui que le film m’a fait penser dans sa forme à un téléfilm de TF1 du samedi après-midi et c’est clairement ce qui m’a le plus gêné dans ce film car techniquement et en terme de budget, c’est clairement ce que c’est : Entre la photographie claire, les plans simples et la direction d’acteurs, le film rempli toute les cases visuelles propres et inhérentes à ce genre de production. Après, vous me direz, si ce n’est que ça, ça irait mais ça va plus loin dans la ressemblance : Le scénario est également un décalque des téléfilms romantiques dont la TNT nous inondent chaque semaine et la seule originalité est le fait que l’amourette ait comme protagonistes deux femmes, sinon, c’est le canevas typique « Femme dans une tourmente intérieur > Rencontre fortuite > Coup de foudre > Aventures cachées > Révélation à l’entourage > Larmes etc. » je vais pas vous refaire la totale, vous avez sûrement déjà vu au moins un film de ce genre, si c’est pas le cas, allumez votre télé, en ce moment, il y en a des kilos avec des histoires de Noël. Après, je me suis demandé si justement la réalisatrice ne faisait pas une parodie de ce genre de film en y incluant une histoire entre deux femmes pour un peu casser les codes bien établi de ce genre de film, mais le fait que je n’ai pas vu ces autres films et le schéma presque identique aux téléfilms me font penser le contraire.

De jolis échanges entre les deux actrices

Ensuite, le film a de gros problèmes de rythme, il y a un creux au milieu du film qui s’éternise un peu dans lequel Elena se demande si oui ou non elle va succomber aux charmes de Peyton et honnêtement, c’est lourd, surtout qu’on sait qu’elle va finir par se jeter dans ses bras, donc faire durer ce moment, ce n’est pas vraiment utile et casse le rythme de la première partie qui est franchement très agréable, surtout grâce à la complicité entre les deux actrices.

Autre chose qui parasite un peu le rythme du film, des apartés durant lesquels un « Youtuber » nous parle du fait que le véritable amour nous attend quelque part et qu’il viendra à nous naturellement, blah blah blah. Au début c’est original, on nous présente de (véritables) couples très variés, gays, lesbiens, hétéros, de différentes origines, religions ou confessions qui sont assez touchants dans leur sincérité mais au fur et à mesure du film, ces interventions coupent parfois certains passages du film et se limitent à des monologues de notre psy de l’amour du pauvre qui finissent par devenir gênants tellement il en fait des caisses, son talent d’acteur approximatif n’aidant pas.

Après avoir dit tout ce qui ne va pas, passons plutôt à ce qui m’a plu dans le film car si, j’ai quand même passé un bon moment devant celui-ci. Premier point et pas des moindres car c’est essentiel, le duo d’actrices est magnifique : Les deux femmes sont superbes, ont beaucoup de charme et le fait que ce soit des femmes « mûres » et pas de jeunes femmes comme c’est souvent le cas dans ce genre de film est particulièrement rafraîchissant.
De plus, il est clair que la complicité entre elles fonctionne, leurs échanges paraissent clairement sincères et on se sent tout de suite très proche d’elles : Des regards et des sourires en coin, des mains qui s’effleurent et se touchent jusqu’à l’inévitable baiser, certainement une des scènes les plus longues et les plus sensuelles que j’ai vu de ce type d’ailleurs et enfin la fameuse scène d’amour, sorte de fulgurance de la part de la réalisatrice, tant la photographie et la réalisation de cette scène dénote avec le reste du film. Les deux actrices tiennent le film sur leurs épaules et le font admirablement, leur charme et leur sincérité faisant mouche, en tout cas sur moi.

Une jolie complicité

Certains seconds rôles sont aussi particulièrement bien trouvés et agréables : On passera vite fait sur le psy de l’amour au rabais ou la méchante de service pour plutôt se tourner vers la meilleure amie de Peyton, sorte de reflet inversé de celle-ci et de la petite amie du fils de Elena qui squatte chez sa belle-mère H24 et dont la complicité avec notre héroïne est assez touchante, sorte de relation mère-fille un peu indirecte, deux personnages originaux et franchement très appréciables.

Bilan, que penser de ce Elena ? Mitigé en ce qui me concerne, d’un coté j’avoue que le duo d’actrices m’a beaucoup plu car que se soit leur complicité, leur charme et leur jeu, elles tiennent tout le métrage à elles seules et qu’elles sont clairement le point fort du film. D’un autre coté, l’aspect téléfilm, que ce soit techniquement ou du point de vue de l’histoire en elle-même m’a franchement un peu dérangé : Un couple hétéro à la place de nos deux héroïnes et ça passait crème, le scénario étant absolument et malheureusement trop classique pour surprendre, si vous avez déjà vu un seul de ces films, même la fin est prévisible.

Elena Undone est donc un film sympathique, sans plus, touché par certaines fulgurances (bon sang, cette scène de baiser !) qui le font un peu sortir du lot sans en faire un film de référence comme je l’ai souvent lu sur le net.

La fameuse scène de baiser, enfin un extrait…

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