Les Jeudis de l’Angoisse (Des Comics) #61 : La Saga Halloween, Deuxième Partie

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« Sister, why do I, do I want to kill you ?
I fall to my kness, please, I love you
Mother why do I, do I want to kill you ?
I am your only son, the one – I love you »

Rob Zombie – Michael (extrait de l’album Hellbilly Deluxe Vol. 2 Special Edition, 2010) (7)

Halloween, 20 Ans Après de Steve Miner (1998) : Retour en grâce

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…et il est pas content !

Après la déconfiture du film maudit que fut Halloween 6, il fallait d’urgence remettre la licence sur les rails. Même si Halloween 6 fut un échec créatif et critique, il fut malgré tout un succès commercial et il n’en faut pas plus aux frères Weinstein pour que trois ans plus tard, une suite soit mise en chantier.

Et ça tombe plutôt bien puisque nous sommes en 1998 et la licence fête ses 20 ans, l’occasion d’une date anniversaire sur laquelle les frères Weinstein comptent bien jouer en allouant le budget à ce jour le plus important jamais accordé à un épisode de la saga : 17 millions de dollars.

Plus question de petit budget et de tournage à la va vite, cette fois-ci les frangins producteurs veulent réussir leur coup et assurer l’avenir de la rentabilité de la licence et pour cela ils vont même profiter d’une aide/publicité inespérée en la personne de Jamie Lee Curtis. L’interprète emblématique des deux premiers opus contacte d’ailleurs d’elle-même Miramax et propose même de contacter John Carpenter et Debra Hill. Un dîner est organisé à l’endroit même où John Carpenter avait rencontré Donald Pleasence en 1978 mais l’affaire tourne vite court : Déçu par les sommes qu’on lui propose pour le rattacher au projet, le vétéran décline l’offre.

Carpenter hors course, il faut trouver un autre réalisateur et c’est un autre vétéran de l’horreur qui se voit finalement offrir l’opportunité, Steve Miner.

Steve Miner a fait ses premières armes dans l’horreur et plus particulièrement le slasher avec les opus deux et trois de Vendredi 13 (Le Tueur du Vendredi et Meurtres en 3 Dimensions), l’excellent House en 1986 et Warlock en 1989. Miner a aussi des films aussi variés que des comédies, un film équestre (A Cœur Vaillant rien D’Impossible) mais surtout Forever Young avec Jamie Lee Curtis et c’est par un étonnant concours de circonstances que cette dernière va lui demander si le tournage de ce nouveau Halloween l’intéresserait. En plus du cinéma, Miner est aussi un homme de télé et à réalisé plusieurs téléfilms et c’est alors qu’il tourne le pilote de la série Dawson qu’il apprend que non loin de là, Jamie Lee Curis est en train de tourner Virus, un film fantastique dont on ne s’étendra pas ici…

Aubaine pour Jamie Lee Curtis, le créateur de Dawson n’est nul autre que Kevin Williamson, le créateur / scénariste de Scream ! Miner les présentes et aussitôt Curtis et Williamson se mettent à discuter des possibilités scénaristiques du nouveau massacre de Michael Myers. Malheureusement, et malgré son attachement à la licence horrifique, Kevin Williamson est trop occupé à l’écriture de Scream 2 et, un peu gêné, n’offre qu’un rapide traitement de sept pages…

Néanmoins, dans ce court traitement, on trouve déjà l’idée de base du futur scénario de Halloween H20. Le scénariste décide tout d’abord de faire fi des événements des opus 4 à 6 et propose une suite directe au second film : Le film commençait par l’assassinat de la fille du docteur Loomis par Michael Myers, ce dernier s’étant introduit chez elle pour voler les dossiers informatiques de feu son père et découvrir où se cache Laurie Strode. Ayant changé de nom, Laurie Strode est professeure de littérature dans une école pour jeunes filles, le seul garçon de l’école étant son propre fils. Profitant d’un bal organisé pour Halloween, Myers investi les lieux et trucide à tour de bras. Laurie Strode, son fils est une élève rescapée réussissent à s’échapper à bord d’un bus et se réfugient dans une école désaffectée à flan de montagne. Rapidement rejoint par le tueur au masque blanc, nos trois rescapés mettent fin à l’odyssée meurtrière du psychopathe en le coupant en deux avec les pâles d’un hélicoptère utilisé par la police pour leur venir en aide.

Des lignes très succinctes certes mais dont la plupart (l’école, le rôle de Laurie Strode etc.) serviront de base au scénario final.

C’est sur cette base que travailleront les scénaristes officiels du film, Matt Greenberg et Robert Zappia : Fini l’école pour jeunes filles, l’action se situera dans un pensionnat isolé dont Laurie Strode est la directrice et l’action est située pendant les vacances d’Halloween. Robert Zappia va considérablement broder autour des lignes fournies par Kevin Williamson, rajouter des personnages et des sous-intrigues tandis que Matt Greenberg va travailler sur les dialogues, les scènes d’action et d’horreur. Steve Miner va aussi retravailler le scénario, notamment changer le personnage de la gardienne de l’école, une dame âgée, qu’il va transformer en un jeune futur écrivain de romans à l’eau de rose.

Même si il ne l’admet pas, se sera Kevin Williamson qui mettra la touche finale au scénario en retravaillant les dialogues et le déroulement de certaines scènes, son influence est manifeste à l’écran, les similitudes entre ces productions horrifiques (Scream et Souviens Toi… L’Été Dernier) étant plus qu’évidentes, notamment le fait de privilégier les jeunes personnages et de situer l’action dans un milieu scolaire.

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Jamie Lee Curtis s’implique aussi beaucoup, faisant de son personnage une femme brisée qui vit dans la peur de revoir le masque blanc de Michael Myers revenir dans sa vie.

Pour ce qui est des autres acteurs, hormis Jamie Lee Curtis, la plupart sont de jeunes acteurs habitués à ce genre de productions : Josh Hartnett et Jodi Lyn O’Keefe en tête.

Le tournage se déroule sans anicroche pendant 3 mois, de février à avril 1998, la plupart des membres de l’équipe saluant l’efficacité de Steve Miner. Les effets spéciaux sont signés par l’excellent John Carl Buechler, l’homme pourra en plus profiter de la participation du studio KNB Efx et même à une intervention de la star du domaine, Stan Winston ! L’intervention de la légende des effets spéciaux sera d’ailleurs à l’origine d’une des anecdotes de tournage les plus célèbres de la licence : Celle des quatre masques.

En effet, ce n’est pas un mais quatre masques différents qui sont utilisés dans le film ! Allons-y dans l’ordre : Le premier n’est utilisé que dans la scène d’ouverture, le meurtre de Marion et des deux jeunes, et est en fait une réplique de celui utilisé dans Halloween 6. Même si à l’écran, ce masque rend bien, l’équipe se rend vite compte qu’il n’est pas adapté à la morphologie de l’acteur qui interprète Myers, Chris Durand. Un nouveau masque est alors conçu par KNB Efx, celui apparaissant sur les images promotionnelles du film, notamment la plus célèbre, celle où Laurie vois le visage de Myers à travers un hublot : Il est d’ailleurs flagrant que dans le film, ce n’est pas ce masque qui est utilisé dans la scène. Ce masque lisse aux cheveux tirés en arrière ne convaincra pas non plus le réalisateur et Jamie Lee Curtis qui après le visionnage des premiers rushs ne seront pas satisfait de son rendu et demanderont à ce que la plupart des scènes où on aperçoit Myers avec soient retournées, ce qui sera fait. Steve Miner demande alors de l’aide à son ami Stan Winston qui accepte de modeler un nouveau masque : Winston fournira un masque de toute beauté, très largement inspiré par celui des deux films originaux dont H20 est la suite officieuse. Néanmoins, certaines scènes où le masque original de KNB apparaît survivront au montage et feront la joie des fans les plus pointilleux qui se feront un malin plaisir à les débusquer.

Le dernier masque n’en est pas vraiment un puisqu’il s’agit d’un masque en image de synthèse qui n’apparait que quelques secondes à l’écran, lors de l’affrontement entre Michael Myers et le personnage de Charlie : Cette courte apparition sera parmi les fans une source de moqueries à l’égard de l’équipe du film. Ce masque bleuâtre et légèrement translucide, véritable ratage esthétique, est en fait dû une fois de plus aux délais de tournage : C’est en effet durant cette scène, tournée à l’origine avec le masque de KNB, qu’apparaissait pour la première fois le masque de Stan Winston en gros plan, mais, selon une légende inhérente au tournage (plus ou moins démentie depuis), le masque dont il n’existait qu’un seul moulage fut volé et l’équipe des effets spéciaux dû le remplacer à la hâte par une version en image de synthèse avec le résultat grotesque que l’on connait aujourd’hui. Seulement, ce n’est que lorsque le film sorti en DVD que ce masque ridicule fut pleinement visible, la qualité plus moindre de la bobine cinéma et la version VHS ne le rendant pas si évident.

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L’affreux masque numérique.

L’autre anecdote emblématique est une anecdote connue des fans de la franchise lorsque malgré la demande de Jamie Lee Curtis, le comique Mike Myers (Wayne’s World, Austin Powers) refusa de faire une brève apparition dans le film.

Après une rallonge de 2,5 millions de dollars et trois semaines de tournage supplémentaires, le tournage est terminé, le film est monté et est prêt à sortir.

Chez les Wenstein, c’est la fête : Pour un budget total d’un peu moins de 20 millions de dollars, le film en rapporte plus de 85 millions aux termes de son exploitation, dont 55 millions rien qu’aux États-Unis et devient de ce fait le plus gros succès commercial de l’histoire de la franchise.

Cerise sur le gâteau, les critiques sont pour la plupart enthousiastes et certaines le qualifient même de séquelle la plus réussie à ce jour du film original.

Seule Jamie Lee Curtis, quelques années plus tard, confiera avoir été déçue du traitement final de son personnage : Elle voulait faire de Laurie Strode et Michael Myers l’équivalent d’une drame shakespearien, presque une tragédie grecque mais se rendit vite compte que l’aspect spectaculaire du film prenait le dessus et qu’au final, ce genre de traitement n’avait plus sa place dans le film. Elle finira par avouer, amère, qu’elle n’avait fini le film que pour le chèque de 3 millions de dollars promis, d’où le destin funeste de son personnage dans le film suivant…

Ce succès motivera bien évidemment les frangins producteurs à remettre le couvert au plus vite, mais le souvenir des déboires de Halloween 6 sont toujours présents et ils savent maintenant que pour faire un film qui rapporte, le sérieux, prendre son temps et y mettre les moyens sont visiblement les normes pour gagner plus de dollars. Et ce n’est donc que quatre ans plus tard que le masque blanc de The Shape refera surface.

Halloween, 20 Ans Après : Le retour du TV Cut !

A l’instar des deux films originaux dont il est revendiqué comme étant la suite officielle, H20 aura droit lui aussi à un montage TV, en 2003 sur la chaîne américaine FX. Pas grand chose à en dire si ce n’est que hormis les traditionnelles coupes de censure de la violence, le film profite du coup de beaucoup de scènes rallongées pour pallier à ces coupes. La scène supplémentaire la plus intéressante étant celle où Will raconte ses souvenirs d’Halloween en creusant une citrouille, motivant Laurie à se confier sur ses propres peurs.

Halloween Résurrection de Rick Rosenthal (2002) : La fausse bonne idée

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Petite image pour petit film

Après le succès de H20, il y a un dilemme chez les producteurs : D’un coté on a les Weinstein qui souhaitent faire une pause et se consacrer à autre chose et de l’autre Moustapha Akkad qui lui veut continuer de battre le fer tant qu’il est chaud. Celui-ci a alors une idée saugrenue : Faire un nouvel Halloween sans Michael Myers et donner à la franchise un nouveau spin-off. Beaucoup d’idées sont envisagées, notamment en donnant une suite à Halloween III Le Sang du Sorcier avec pour méchant le fils de Conal Cochran, décidant de renouveler les méfaits de son père. Levée de boucliers des Weinstein, trop conscients du statut ambigu du troisième opus. Les frangins finissent par s’incliner pour un retour du tueur, motivés par les recettes faramineuses du précédent opus et un sondage internet dont les résultats sont sans appel : 99% des fans veulent le retour dare-dare de Myers.

Mais le final de H20 pose problème : Michael Myers trouve la mort de façon explicite et il faut trouver une solution pour ignorer ou s’adapter à ce trépas. La première rumeur qui apparait est la plus simple : Ce n’est pas Michael Myers qui est mort mais, au choix, selon les moments, un copycat, voir son frère ! Cette idée fit long feu et fut sérieusement envisagée, l’idée étant que le Michael Myers des opus 4 à H20 n’était pas le tueur des deux premiers films et que ce huitième opus marquerait le retour du véritable tueur. Malgré un véritable développement, l’idée est abandonnée.

Le premier scénario « sérieux » est signé Larry Brand et est titré Hall8ween : MichaelMyers.com et contient déjà les prémices de ce que sera Halloween Résurrection. Dans ce scénario, Myers est bel et bien mort à la fin de H20 et est depuis devenu le héros de nombreux films de cinéma dont Jamie Lee Curtis est la star. Très populaire auprès de la jeune génération internet, une expédition filmée est organisée dans la maison d’enfance du tueur en compagnie de Jamie Lee Curtis, l’actrice jouant du coup son propre rôle. C’est une idée qui a déjà fait son chemin à l’époque puisque Freddy Sort de la Nuit et Scream 2 repose déjà sur cette idée de film dans le film.

Séduit par l’idée mais pas vraiment convaincu par le scénario, Bob Weinstein demande à un second scénariste de retravailler le script. C’est ainsi que Sean Hood (futur scénariste de Cube 2 et de la version 2011 de Conan Le Barbare) remanie le script de Brand en y éliminant l’idée du film dans le film ainsi que plusieurs personnages dont un profiler du nom de Donaldson (En hommage à Donald Pleasence) pour le remplacer par le personnage du jeune geek Deckard. La présence de Danielle Harris (visiblement elle aussi prévue dans son propre rôle) est également éliminée. L’idée de spin-off reste en filigrane présente puisque hormis la scène d’ouverture avec Jamie Lee Curtis, le film est détaché des événements des précédents films. Le film est également re-titré en Halloween : Homecoming, puisque Michael Myers y fera son retour.

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Les participants au jeu : Le black, la blonde, le rebelle, la jeune vierge et le beau gosse… Une compilation de clichés.

Jamie Lee Curtis est donc d’accord pour rempiler mais à une seule condition : Son personnage doit disparaître, déçue par son traitement dans H20, l’actrice veut en finir une bonne fois pour toute avec son implication dans la saga. Sa présence dans une suite était de toute façon prévue au contrat du film précédent mais concernait un caméo d’une trentaine de seconde. Devant la volonté de l’actrice à se débarrasser de son personnage, ce caméo est transformé en quatre jours de tournage et voit une Laurie Strode internée en asile psychiatrique succomber à Michael Myers, une fin rapide et funeste pour un personnage emblématique qui laissera les fans tristes mais malgré tout assez dubitatifs, les spectateurs aguerris à ce genre de films sachant pertinemment qu’on y reste en général pas mort bien longtemps, Halloween version 2018 le prouvera mais on verra ça plus bas.

L’histoire finale de Halloween Résurrection est donc la suivante : Un groupe de jeunes est sélectionné pour participer à une émission internet consistant à passer une nuit dans la maison d’enfance de Michael Myers, truffée pour l’occasion de caméras. Le show est retransmis sur internet et les internautes peuvent passer d’une caméra à l’autre derrière leurs ordinateurs pour suivre les candidats dans leur périple. De plus, les candidats sont eux-même équipés de caméras. L’apothéose du show sera le retour de Michael Myers, en fait le présentateur du show déguisé, afin de coller une bonne frousse aux candidats. Cette gigantesque supercherie s’enraye quand, en fait bien vivant, le véritable Michael Myers regagne ses pénates et massacre les candidats un à un.

Myers, vivant ? Étonnant aux vues du final de H20, ce retour inopiné trouve sa réponse dans le prologue du film avec Jamie Lee Curtis, prologue que je vous laisse le soin de découvrir, le twist trouvé par le scénariste étant assez étonnant.

Un scénario en poche c’est bien, mais encore faut-il trouver un réalisateur. Le premier envisagé est un jeune réalisateur du nom de Whitney Ransick, un réalisateur de série TV (il a l’époque réalisé plusieurs épisodes des séries Nash Bridges, Urgences et du Flic de Shanghai) mais les producteurs, probablement rassurés par le travail de Steve Miner sur H20, l’écarte au prétexte de son inexpérience (un comble quand on sait que la plupart des autres opus ont été réalisés par de jeunes réalisateurs dont c’était même parfois le premier film, John Carpenter en tête !) (1). Ils pensent surtout à ramener un des précédents réalisateurs ayant œuvré sur la saga : John Carpenter ? Impensable, même pas la peine de demander… Dwight H. Little (réalisateur du quatrième opus et depuis bankable grave aux succès de Sauvez Willy 2 et Meurtre à la Maison Blanche) ? Peut-être, mais le réalisateur tourne à l’époque des épisodes de la série The Practice. Rick Rosenthal ? Comme son compère Little, il tourne lui aussi des épisodes de séries, dans son cas Washington Police.

Halloween II étant un des épisodes favoris des fans, la présence de Rosenthal aux commandes de Halloween Résurrection serait une aubaine. Un compromis est alors trouvé : Les dates de tournage de Halloween sont les mêmes que celle d’un épisode de Washington Police, Rosenthal demande alors à un des producteurs d’effectuer les préparatifs du tournage d’Halloween au plus vite, profitant des semaines qu’il a de libre durant la préproduction de l’épisode de Washington Police. Les préparatifs terminés, Rosenthal part pour Los Angeles tourner son épisode et revient immédiatement au Canada pour enchaîner sur le tournage de Halloween. Un calendrier serré mais dont Rick Rosenthal s’acquitte avec brio : Le film est tourné en 8 jours (!?), du 14 au 22 mais 2001, est monté dans la foulée et est prêt à sortir pour la date prévue, le 21 septembre de la même année.

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Je suis un rappeur, je suis la caution people du film !

Mais un événement inattendu va changer la donne : La même semaine durant laquelle le tournage de Halloween Résurrection a lieu, des responsables de Dimension Films présents au festival de Cannes 2001 découvrent Final Stab (Final Scream en France), une obscure série B réalisée par David DeCoteau (un réalisateur aguerri aux série B / Z horrifiques, il en a à l’époque réalisé déjà plus d’une trentaine !) dont les similitudes sont flagrantes : Un groupe de jeunes, un jeu télé malsain dans une vieille maison et deux tueurs masqués (un vrai et un faux). Branle-bas de combat chez Dimension qui décident de décaler la sortie du film d’un an, rappel Rick Rosenthal et une partie de l’équipe du film pour des reshoots massifs ayant lieu entre septembre et octobre 2001 afin d’atténuer la ressemblance entre les deux films.

Certains aspects, pourtant importants, comme le va et vient entre le vrai et le faux tueur sont supprimés, les allusions à la jeunesse de Michael Myers (notamment une séquence en super 8 montrant Michael enfant servant au générique de début et un album photo trouvé par les personnages durant le film) sont également écartées…

Parti d’une bonne idée, Halloween Résurrection se retrouve charcuté par ces reshoots, dont les cicatrices sont flagrantes à l’écran, notamment lors d’une scène finale incompréhensible alternant entre prises originelles, retournées (2) et ralentis calamiteux. Rajouté à cela des acteurs pas toujours au top, notamment le rappeur Busta Rhymes en roue libre totale, notamment lors d’une scène « gênante » dans laquelle il tape sur le tueur en simulant des mouvements de kung-fu et enfin des incohérences dignes d’un slasher des années 80 qu’ont croyaient disparues dans ce genre de film. Le tout achève de faire de Halloween Résurrection un film bancal, indigne de son idée de départ, pourtant prometteuse.

Malgré les reshoots, une date de sortie décalée et des critiques désastreuses (il est considéré, juste derrière Halloween 6, comme le pire épisode de la saga), Halloween Résurrection se révèle rentable et rapporte plus du double de son investissement, soit 30 millions de dollars pour 13 d’investis. La raison tient surtout à une licence dont le nom reste attractif, surtout grâce au succès de H20 quelques années plus tôt qui a réussi à amener une nouvelle génération, la présence de Busta Rhymes au générique, à l’époque au top de sa carrière et la stratégie commerciale et publicitaire de Dimension (la première bande annonce est diffusée lors des projections de Jason X, production rivale du studio New Line ramenant un autre tueur mythique au cinéma, Jason Voorhees).

Le succès du film en dépit de ces critiques ne fais aucun doute : Michael Myers reviendra, mais Halloween Résurrection prouve que la licence patine dans la choucroute et qu’il est grand temps de lui donner un bon coup de jeune.

Michael Myers reviendra, certes, mais pas de la façon dont on l’attend.

Halloween : Homecoming, la version oubliée (A juste titre)

Halloween : Homecoming était comme précisé plus haut, le premier titre envisagé pour cet opus et c’est sous ce titre que fuita sur internet une version workprint du film. Une version Workprint est comme son nom l’indique une version de travail du film, ce qui signifie qu’il s’agit d’une version non terminée servant surtout et souvent a donner aux producteurs une idée globale de ce que sera le film. Très honnêtement, il y a peu de différence entre la version Homecoming et la version Résurrection, la principale différence étant que les scènes relatant l’enfance du tueur, notamment le générique sous forme de film en super 8 montrant Myers enfant et la fin (présente dans les bonus du DVD) avec l’agent de la police scientifique.

Cette version a franchement peu d’intérêt, hormis pour les fans, et encore…

Halloween, de Rob Zombie (2007) : La patte de l’expert

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« Ces yeux vous mentiront. Ils vous détruiront. Ils vous prendront votre innocence, votre fierté et même votre âme. Ces yeux ne voient pas les mêmes choses que nous. Tout ce que vous trouverez derrière ces yeux, c’est le vide. L’absence de lumière. Ces yeux ce sont ceux… D’un psychopathe. »

Docteur Samuel Loomis.

5 ans après la mésaventure que fut Halloween Résurrection, les Weinstein ne sont pas pressés de mettre en chantier un nouvel opus de l’odyssée meurtrière de Michael Myers mais voilà, si ils ne produisent pas de films utilisant la licence, ils la perdront et elle reviendra à ses créateurs originaux.

De plus, en 5 ans, la situation du genre horrifique au cinéma s’est arrangée : Fini les teens movies horrifiques qui ont inondés les écrans dans les années 90, les Scream, Urban Legend et autres Souviens-Toi… L’Été Dernier sont passsé de mode et la nouvelle donne est celle du cinéma gore et surtout au retour des licences qu’ont croyait morte : Les hostilités sont lancées en 2003 lorsque Marcus Nispel livre un remake de Massacre à la Tronçonneuse stupéfiant de sauvagerie, les zombies sont de retour en 2004 avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, remake du mythique Zombie de George Romero, ce même Romero remet sur les rails sa saga des …of The Dead l’année suivante avec Land of The Dead, la même année, Saw de Jams Wan et Hostel d’Eli Roth installent le torture porn comme genre à succès et enfin Alexandre Aja enfonce le clou en 2006 avec sa version extrême de La Colline à des Yeux : En ce début de nouveau millénaire, l’horreur retrouve ses lettres de noblesse, le gore n’est plus tabou et une nouvelle génération de réalisateurs s’impose et parmi cette nouvelle génération, un nom se fait remarquer, celui de Rob Zombie.

A la base rockstar, l’homme s’est fait un nom dans le domaine du cinéma d’horreur grâce à deux films : Déjà La Maison des 1000 Morts en 2003, un film à l’image de la musique du rocker, barré, coloré et extrême mais c’est surtout en 2005 qu’il s’impose clairement avec la vraie fausse suite de son premier film, The Devil’s Rejects, un road movie sanglant narrant la cavale d’une famille de psychopathes. Considéré instantanément comme un classique, le film fait l’unanimité et c’est grâce à lui que les Weinstein approchent Rob Zombie pour lui proposer la direction du prochain Halloween.

Seulement, on l’a échappé belle : Avant d’approcher Rob Zombie, les Weinstein pensaient surtout à… Michael Myers Vs. Pinhead ! Ne sachant pas comment relancer la licence Halloween, motivés par le succès étonnant du Freddy Vs. Jason chez le concurrent New Line et propriétaires de la licence Hellraiser, les Weinstein travaillent très sérieusement sur cette rencontre (dont le titre aurait été Helloween) et contactent même Doug Bradley, acteur emblématique du croque-mitaine à la tête épinglée ainsi que Clive Barker lui-même qui se révèle très intéressé pour en écrire le scénario, à la seule condition que John Carpenter réalise le film (autant dire que de ce coté, c’était mort d’office…). Pour enfoncer le clou, un certain Dave Parker (réalisateur de films de série B, à la limite du pastiche) rencontre les producteurs avec une fausse bande annonce constitué de morceaux des films Halloween et Hellraiser. Le pitch est même d’ailleurs assez audacieux : Retranché dans sa maison d’enfance à Haddonfield par les habitants de la petite ville qui incendie la maison pour se débarrasser du tueur, Michael Myers extraie le cube maléfique d’une cachette et l’active pour demander de l’aide aux cénobites. Les démons sadiques accèdent à la requête du tueur, voyant en lui la réincarnation de Samhain, le dieu des morts de la mythologie celtique.

Mis au courant du projet, les fils de Moustapha Akkad, maintenant propriétaires des droits de la licence Halloween après le décès de leur père (Moustapha Akkad et sa fille, Rima, sont décédés en 2005 dans un attentat en Syrie) s’opposent fermement à cette rencontre.

Les fils Akkad explorent de nombreuses pistes, commandent plusieurs scripts mais rien n’abouti : Ils pensent à a peu près tous types d’éventualités, d’un préquel consacré aux années de détention de Michael Myers à l’asile de Smith’s Grove, d’une suite ignorant les opus H20 et Résurrection pour embrayer sur les événements de Halloween 6, à une suite à Halloween Résurrection, une multitude de possibilités sont envisagées mais selon eux, ils se retrouvent à chaque fois dans une impasse… Leurs espoirs renaissent quand le grand Oliver Stone s’intéresse au projet… Pour en repartir aussi vite tourner World Trade Center.

Il faut trouver une solution au plus vite et ce sont les Weinstein qui la trouveront : Porté par la réputation de La Maison des 1000 Morts et de The Devil’s Rejects, ils contactent Rob Zombie par l’intermède de son manager, Andy Gould.

Une rencontre est organisée entre Bob Weinstein et Rob Zombie pour parler du prochain Halloween. Selon les dires de Rob Zombie, l’entretien n’est pas très fructueux : Le rocker réalisateur constate très vite que le producteur n’a en fait aucune idée concrète concernant l’avenir de la saga… Zombie est sceptique surtout que pour lui, après des films à la qualité inégale, la licence est dans un état déplorable. Il propose alors de repartir sur de nouvelles bases, de tout reprendre à zéro et de s’éloigner des bases installées par John Carpenter pour créer quelque chose de totalement nouveau. Rob Zombie y réfléchi pendant des semaines, laissant l’idée travailler dans son esprit, il enregistre dans l’intervalle un nouvel album (Educated Horses) et part en tournée et a donc tout le temps d’y penser : D’un état d’esprit plutôt réticent aux débuts, il fini par y trouver un intérêt et matière à exploiter.

Encore un peu hésitant, il contacte John Carpenter et la légende du cinéma se montre rassurant en lui conseillant de ne pas s’inquiéter et de faire ce qu’il avait envie… Tout du moins c’est ce que dit Rob Zombie, puisque Carpenter, lui prétend le contraire : Selon lui, Zombie aurait prétendu qu’il aurait été froid et méprisant durant cet échange. Qui dit la vérité, qui fabule ? On ne le saura probablement jamais, le fait est que à ce jour, Carpenter ne veut pas entendre parler des films de Rob Zombie et est même assez méprisant et agressif à leur sujet.

Officiellement en charge du projet, Rob Zombie compte donc s’éloigner le plus possible du film original et centrer la majorité du film sur l’enfance de Michael Myers, néanmoins cette idée déplaît et il se résout à scinder son film en deux parties distinctes : La première révélera bel et bien l’enfance du croque-mitaine et la seconde sera sa version de l’odyssée meurtrière du tueur lors de son retour à Haddonfield durant la nuit d’Halloween. Loin de Zombie l’idée de faire un remake car c’est clairement d’un reboot dont il est en fait question.

La première partie tranche radicalement avec ce que l’on savait jusque là du tueur au masque blanc : Présenté comme le mal absolu, inexpressif, incapable du moindre sentiment dans les films précédents, Zombie en brosse un portrait sensible et donne un visage humain au tueur : Brutalisé par ses camarades de classe, élevé dans une famille en conflit permanent, on assiste à la longue descente aux enfers de ce petit garçon meurtri jusqu’à cette inévitable nuit où il massacre sans raison apparente deux des membres de sa famille (Son « père », le statut du personnage de William Forsythe n’étant pas vraiment clair dans le film et sa grande sœur) et le petit ami de sa sœur, épargnant sa petite sœur encore bébé. Cet acte dont il avoue par la suite n’avoir aucun souvenir débouchera à son internement dans l’asile psychiatrique de Smith’s Grove où le docteur Samuel Loomis (Impeccable Malcolm McDowell) aura toutes les peines du monde à cerner le jeune meurtrier. Cet acharnement fera basculer le petit garçon dans une longue descente dans le mutisme, enfermé dans sa folie, il ne dira plus un seul mot durant une quinzaine d’années… Jusqu’à une fameuse nuit d’octobre où il s’échappe de l’asile pour retrouver le dernier membre de sa famille. Mais Michael Myers, maintenant un solide gaillard de plus de deux mètres, n’a plus aucune notion du bien et du mal et c’est un monstre sans âme qui se dirige vers Haddonfield à la recherche de la dernière personne en vie qu’il a jamais aimé, sa petite sœur.

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Les fajitas ça payent pas assez, Danny Trejo est devenu gardien dans un asile…

Cette portion du film aurait put être totalement ratée, voir ridicule, si Rob Zombie n’aurait pas put compter sur l’interprétation impeccable du jeune Daeg Faerch : Époustouflant, le jeune garçon livre une prestation sans faille, allant aux besoins des scènes du visage angélique au faciès inquiétant, le jeune acteur est sans conteste le point fort de ce premier segment.

L’idée de donner un visage humain à Michael Myers était selon Rob Zombie une obligation pour le rendre plus effrayant : Selon le réalisateur, les grandes figures de l’horreur comme Freddy Krueger n’effrayent plus personne et sont devenues des sortes de mascottes dont les enfants s’affublent de déguisements, cette description de l’enfance du tueur était donc un passage obligé pour lui donner un visage humain et de ce fait le rendre moins sympathique, mission réussie car même si on s’éloigne considérablement de l’image originale du tueur, cette nouvelle caractérisation du personnage fonctionne parfaitement, lui donnant un statut de « monstre » tragique, un peu à la manière du monstre de Frankenstein de la Hammer dont Zombie est un fan. Dans son optique de changer drastiquement l’orientation du film, Zombie songe même à un moment à se débarrasser du masque blanc : Impensable pour les producteurs, Zombie trouve alors une solution scénaristique en laissant pourrir le masque sous un plancher pendant 17 ans, ainsi lorsque le tueur le récupère, c’est un masque usé et sale, plus en adéquation avec l’esprit et l’ambiance du film.

La seconde partie du film décrit le retour à Haddonfield de Michael Myers et son implacable odyssée meurtrière durant la nuit d’Halloween et là encore, Rob Zombie surprend : Bien loin du déluge gore auquel on s’attendait, Zombie au contraire joue avec les nerfs du spectateur et s’attache plus au coté brutal des agressions que par leurs cotés sanglant. La brutalité des scènes surprend et là encore, tranche avec la lenteur et le sadisme froid auxquels Myers nous avaient habitué dans les films précédents.

Là encore, une grande partie de la réussite de ce segment est dû au casting : Le docteur Loomis est interprété par Malcolm McDowell (Orange Mécanique, un des films favoris de Rob Zombie) et est aux antipodes du personnage campé pendant des années par Donald Pleasence : D’un docteur bienveillant dans les films précédents, Malcolm McDowell est un Loomis antipathique, qui bien des années plus tard se borne à promouvoir un livre racontant son expérience de psychiatre auprès de Myers.

Autre grosse surprise du casting, Scout Taylor Compton qui interprète une Laurie Strode stupéfiante : Contemporaine, extravertie et joyeuse, elle est elle aussi aux antipodes du personnage original interprété par Jamie Lee Curtis. La jeune actrice habituée aux séries télé (on la voit de façon récurrente dans Charmed et Gilmore Girls) fut d’ailleurs une des premières à être auditionnée pour le rôle, Zombie avouera que même après avoir vu des dizaines d’autres actrices pour le rôle, il en revenait toujours à elle.

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Un calin… Mortel.

Dernier membre du casting et pas des moindres, c’est le colossal Tyler Mane qui hérite de la défroque de Michael Myers. L’acteur au physique impressionnant, ancien catcheur, a déjà interprété un monstre au cinéma (Sabertooth dans X-Men de Bryan Singer en 2000) et une flopée de second rôles de personnages ayant tous en commun leur physique imposant (Ajax dans Troie avec Brad Pitt, c’était lui). Sans dire un mot, l’acteur interprète un Michael Myers tour à tour redoutable, pathétique voir touchant, notamment durant une scène finale déchirante avec Laurie Strode.

Petite anecdote amusante : Le couteau utilisé par Daeg Faerch pour trucider sa famille est déjà de belle taille, soit 25cm, plus grand qu’un couteau de cuisine normal mais lorsque ce couteau se retrouva entre les mains de Tyler Mane… Il paraissait encore trop petit ! L’accessoiriste du film dû alors en commander une version encore plus grande de 30 cm afin que l’arme paraisse crédible entre les mains du géant.

Hormis les rôles principaux, on retrouve également des habitués des productions de Rob Zombie au casting : Danny Trejo (Monsieur Old El Paso), Dee Wallace, Ken Foree, Sid Haig (le temps d’un caméo), Bill Moseley mais aussi des acteurs à la carrière et à la renommée aussi variés que Udo Kier, Brad Douriff (dans le rôle du shérif Brackett), William Forsythe et bien sûr sa femme Sheri Moon Zombie, sublime dans le rôle de la mère de Michael Myers.

Mais la grosse surprise du casting est incontestablement le retour de Danielle Harris ! Snobée de la saga depuis son refus de participer à Halloween 6, Zombie refuse de qualifier la présence de l’actrice dans son film comme une référence aux précédents opus : Il ne mâche d’ailleurs pas ses mots à propos de ses multiples séquelles, les qualifiant de mauvais films ayant nuit à la crédibilité de la saga. Selon lui, Danielle Harris n’a eu le rôle qu’après avoir passé le casting comme n’importe quelle prétendante au rôle, qu’elle a su se montrer suffisamment convaincante et que le fait qu’elle ai jouer dans les opus précédents n’est pas entré en ligne de compte lors de son choix.

Le scénario en poche, le casting défini, pour ce qui est de l’équipe technique, Zombie fait appel à la plupart des habitués des ces films, notamment le chef opérateur Phil Pharmet.

Zombie tourne son Halloween en 38 jours, du 29 janvier au 22 mars 2007 (en gros la même durée que Halloween 4 et 5) avec un budget de 15 millions de dollars. Dans un soucis d’authenticité, aucune scène n’est tournée en studio et ce sont de véritables lieux qui sont mis à profit pour le tournage : Tous les lieux visibles dans le film existent vraiment, renforçant la crédibilité voulue par le réalisateur. Idem pour les effets spéciaux, signés Wayne Toth : Toujours dans ce soucis d’authenticité, aucun trucage numérique n’est utilisé.

Zombie tourne son film à Pasadena, à une centaine de mètres où furent tournés certaines scènes de l’opus original de John Carpenter. Les conditions de tournage sont d’ailleurs semblables, signant même le retour des feuilles artificielles pour faire croire à un mois d’octobre automnal.

L’aspect intéressant et intelligent de cet opus de Rob Zombie est de ne jamais le dater dans le temps, malgré quelques indices qui laissent à penser que la première partie se passe dans les années 70 et la seconde à une période plus contemporaine, aucun indice concret ne permet de les situer exactement, donnant au film un caractère intemporel.

Habitué aux productions indépendantes, ce sera pour Rob Zombie sa première incursion dans le monde des grands studios et l’homme aura beaucoup de mal à s’en remettre, d’autant plus qu’il doit faire avec les méthodes intrusives des frères Weinstein qui ne cessent de lui demander de « Faire du Rob Zombie » ce qu’à l’époque il avouera ne pas vraiment comprendre, si ce n’est qu’en filigrane on veut très certainement lui faire comprendre qu’on attend de lui le même genre de cinéma « extrême » que dans La Maison des 1000 Morts et The Devil’s Rejects. Seulement, Rob Zombie trouve ces deux premiers films imparfaits et en copier le style serait donc une erreur.

Pour la musique, Rob Zombie fait appel à Tyler Bates qui reprend et réutilise beaucoup de thèmes du film original. Réticents au départ à l’idée de réutiliser ces thèmes emblématiques, doutant de leur efficacité sur ce nouvel opus, de façon surprenante, ils s’adaptent admirablement bien.

Le film est monté mais pas vraiment satisfait du résultat final, Rob Zombie retravaille et modifie plusieurs passages : L’évasion de Michael Myers de Smith’s Grove, plusieurs scènes sont raccourcies, le combat final entre Laurie et le tueur est rallongé et la fin modifiée. Peine perdue, puisque lorsque que l’on compare la version director’s cut / unrated (la dénomination change en fonction des différentes éditions DVD/Blu-Ray) qui est, selon le réalisateur, « sa » version du film (voir plus bas), ont se rend bien compte que quelqu’un d’autre est repassé derrière lui. Même si Rob Zombie reste évasif sur le sujet, se contentant de dire que l’expérience qu’il a eu sur ce film était « déprimante », il ne fait aucun doute que ce sont probablement les bourrins Weinstein, adeptes de ce genre de pratique, tant les différences entre les deux montages sont énormes, notamment dans le traitement et la psychologie des personnages.

Vaille que vaille, le film sort dans les salles et divise immédiatement les fans en deux camps : Ceux qui encensent le film (dont je fais partie) qui, enfin, apporte du neuf à une licence qui tournait en rond depuis presque 20 ans et les autres qui lui reprochent de s’être trop éloigné du mythe original et d’avoir dénaturé l’image du tueur.

Malgré la polémique, le film est un franc succès : 74 millions de dollars de recettes au total pour seulement 15 millions d’investis, les fratries Akkad et Weinstein sont aux anges et connaissant l’histoire de la licence, il faut au plus vite prévoir une suite et c’est tout logiquement que c’est une nouvelle fois vers Rob Zombie qu’ont se tourne mais l’homme, fatigué et déçu de son expérience, n’est pas prêt de vouloir rempiler…

Workprint, Unrated, Uncut et Director’s Cut : La valse des montages

Peu avant la sortie du film dans les salles, une version Workprint du film fait son apparition sur la toile.

Comme précisé dans le chapitre précédent consacré à Halloween Résurrection, la version Workprint de Halloween cuvée 2007 est une version de travail : Les deux parties du film sont assez inégales car là où la partie consacrée à l’enfance de Michael Myers gagne en consistance au travers de nombreuses scènes rallongées ou rajoutées, la seconde par contre perd de son efficacité et surtout de sa brutalité, son coté vif, son rythme et de son agressivité, principalement à cause d’un montage un peu trop laborieux et longuet, s’attardant notamment un peu trop sur des dialogues inutiles.

Je ne vais pas m’étendre sur la version workprint, c’est clairement une version imparfaite, qui manque cruellement de rythme, au montage hasardeux et à l’intérêt relatif. Seuls les fans les plus assidus y trouveront un intérêt.

A noter que la plupart des scènes inédites présentes dans la version workprint se retrouvent également dans la version director’s cut.

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A noter que certains DVDs étrangers contenant la version director’s cut comportent aussi les sous-titres en français.

Justement, parlons de cette fameuse version director’s cut / unrated. Passé à la moulinette des Weinstein, la version cinéma devient rapidement anecdotique quand on peut poser les yeux sur cette version. Pour résumé, on y retrouve la plupart des scènes inédites présentes dans la version workprint, plusieurs scènes sont plus longues et en tout et pour tout, le film gagne un peu plus de 10 minutes. Ainsi, dans son premier segment, on s’étend un peu plus sur la longue descente aux enfers du jeune Michael Myers au travers de scènes légèrement plus longues mais qui font gagner un dramatisme et une intensité nécessaire. De la même façon, sur son internement à Smith’s Grove, beaucoup de scènes sont plus longues, voir montées différemment, notamment les échanges avec le docteur Loomis ou l’attaque de l’infirmière. Le plus gros ajout est la scène de son évasion, nébuleuse dans la version cinéma (on ne sait pas vraiment comment il y est parvenu), elle est explicite, éprouvante et brutale dans la version director’s cut, renvoyant au traumatisme originel qui a fait basculer le jeune Michael Myers dans la folie.

La seconde partie par contre ne change pas vraiment, la plupart des ajouts sont des scènes rallongées ou montées différemment. La principale différence étant la scène finale, durant laquelle le Docteur Loomis trouve la mort des mains du tueur, ce qui n’est pas le cas dans la version cinéma.

Plus longue, peaufinée et logique, la version director’s cut est clairement supérieure à la version cinéma et fait vite oublier le charcutage opéré par les producteurs, une version à voir obligatoirement pour apprécier le travail de Rob Zombie à sa juste valeur.

Personnellement, depuis que j’ai vu la version director’s cut (malheureusement inédite en France, le DVD du film ne contenant que la version cinéma), je ne trouve quasiment plus aucun intérêt à la version cinéma, que je n’ai revue qu’à l’occasion de l’écriture de ce dossier.

Halloween II de Rob Zombie (2009), la brutalité à l’état brute.

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Le succès commercial indéniable du reboot opéré par Rob Zombie sur la franchise ne doit bien évidemment, du point de vue des producteurs, pas rester sans suite. C’est tout logiquement que les producteurs reviennent vers le réalisateur qui, épuisé et contrarié par sa première expérience, ne veut plus entendre parler de Michael Myers.

Le rocker réalisateur part en tournée, prend du recul et gamberge longuement puis revient sur sa décision et accepte finalement de remettre le couvert en décembre 2008. Et dés le début, il va falloir courir après le calendrier : Le film doit sortir en août 2009, le précédent était sorti dans le même genre de créneau avec succès, les producteurs souhaitent renouveler l’expérience.

Zombie, conjointement aux préparatifs de production, se met immédiatement à l’écriture du scénario qu’il fini en à peine deux mois et commence le tournage dans la foulée.

L’action commence deux ans après la funeste nuit d’Halloween : Laurie Strode, traumatisée, a emménagée avec les Brackett et vit toujours à Haddonfield. La jeune fille est profondément, à raison, marquée par les événements de cette nuit et vit dans la peur du retour du tueur au masque blanc, mystérieusement disparu durant son transfert à la morgue.

Michael Myers fini inévitablement par faire son grand retour, et plus sauvage que jamais, va aligner les meurtres brutaux, massacrant aveuglément toutes personnes se trouvant entre lui et Laurie Strode.

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Plus féroce, plus agressif, plus redoutable

Rob Zombie accepte donc de tourner cette suite à la seule condition qu’il ait les mains libres : Là où le premier film était clairement scindé en deux, la première partie étant incontestablement du fait de Rob Zombie et la seconde « remakant » clairement l’original de John Carpenter. Hors de question d’être dans l’ombre de Carpenter une nouvelle fois et Zombie veut à tout prix se démarquer de l’original et va tout faire pour s’en éloigner : De la réalisation, plus nerveuse et moins contemplatrice que celle de Carpenter, des décors, plus austères et sombres (Zombie choisi de laisser tomber la Californie pour tourner en Géorgie), de la brutalité et de la violence du film, bien plus prononcée, Rob Zombie ébranle tout les codes qu’il avait établi dans le premier film. Une liberté qui fait très vite tiquer les frères Weinstein, pas vraiment habitués à ce qu’un réalisateur ne les laisse sur le bas-côté. Les frangins se rattraperont au montage, charcutant le film et demandant notamment à ce qu’une nouvelle fin soit tournée. Les Weinstein restent fidèles à leur réputation, Rob Zombie est néanmoins ardemment soutenu par Malek Akkad qui, quand à lui, est par contre très satisfait du travail de Zombie, heureux que l’on sorte enfin des schémas et du carcan des autres films de la saga : Un producteur d’heureux sur trois, c’est toujours ça de gagné…

Là où le premier film se focalisait sur Michael Myers, l’accent est mis ici sur Laurie Strode et sur son traumatisme : Au fur et à mesure du film, forte au départ, résistant tant bien que mal à ses peurs, elle sombre peu à peu dans la folie. Là où l’actrice Scout Taylor Compton dans le premier film livrait une performance particulièrement efficace de scream queen, elle transcende son personnage dans cet opus en livrant une prestation stupéfiante, aux antipodes du premier opus, crevant littéralement l’écran. Interprétation encore plus flagrante dans la version director’s cut, dont je parlerai plus bas.

Si l’accent est mis sur Laurie, Michael Myers n’en ai pas en reste : Là où dans le premier film le tueur avait encore un semblant d’humanité, ici, on nous présente un monstre monolithique ayant complètement perdu pied avec la réalité, imaginant des apparitions de sa mère en forme d’ange blanc maléfique, parfois accompagné d’une version enfantine de lui-même.

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Les visions angéliques d’un tueur psychopathe

L’autre point sur lequel dénote cette suite par rapport au précédent, c’est sur la brutalité des meurtres : Là où dans le premier, Rob Zombie montrait des meurtres certes brutaux mais filmés de façon assez graphiques pour ne pas être similaires à une simple production gore de série B, il prend un tout autre chemin dans cet opus en montrant des meurtres d’une brutalité et d’une sauvagerie terrifiantes, insistant sur la douleur et la peur des victimes. Les meurtres de Halloween II sont éprouvants, violents, longs, sanglants et brutaux. Étant moi-même particulièrement rodé au genre slasher, ils font partis des plus impressionnants que j’ai put voir dans un film de ce genre. J’ai lu je ne sait plus où que dans Halloween II, Michael Myers ne faisait pas que tuer ses victimes, il se vengeait en arrachant leurs âmes et je trouve cette expression particulièrement bien trouvée.

Pour ce qui est du docteur Loomis, déjà pas vraiment sympathique dans le premier film, il est ici totalement imbuvable, cynique, vénal et plus préoccupé par le fait de vendre son nouveau livre relatant son expérience durant la nuit de massacre ayant eu lieu deux ans plus tôt, le tout aux dépends de la douleur des victimes et de leurs proches.

D’une violence et d’une brutalité exacerbée, faussement basique, Rob Zombie envoie valser tout ce qu’il avait établi dans le premier film : Halloween II est un véritable doigt d’honneur salvateur et libérateur de la part de Rob Zombie au système hollywoodien, aux prétendus « fans » qui ont dénigré le premier film et à tous ceux qui le critiquent.

J’ai personnellement trouvé ce film absolument jubilatoire, d’une efficacité redoutable et l’aspect provocateur et libérateur transparaît de façon claire quand on connait l’état d’esprit et le travail du réalisateur.

Cette audace se fera clairement ressentir lors de la sortie en salle : Le film rapporte tout juste plus du double de son investissement, soit une trentaine de millions de dollars, un résultat décevant puisque le précédent opus en avait rapporté quasiment le double. Ce résultat médiocre justifiera une non-distribution en salles dans le reste du monde, notamment en Europe, où le film sortira directement en DVD et Blu-ray.

La version director’s cut, le véritable Halloween II

Comme précisé plus haut, le passage en salle de montage des frères Weinstein fut particulièrement douloureux pour Rob Zombie : Entre le montage, mettant de coté toute la douleur et les symptômes post-traumatiques de Laurie Strode et une fin radicalement différente de celle voulue par le réalisateur, Rob Zombie ne reconnait plus son film et fini même par le dénigrer. Heureusement, la sortie blu-ray va réparer cette injustice et permettre au réalisateur de présenter sa véritable version de Halloween II.

La différence la plus notable est le traitement du personnage de Laurie Strode : Si dans le montage cinéma, elle perd pied au fur et à mesure du film, dans la version director’s cut, dès le début elle est montrée comme allant très mal, ravagée psychologiquement, en conflit quasi-quotidien avec sa famille adoptive, c’est une jeune femme brisée, à bout, qui est montrée et décrite dès ses premières apparitions, renforçant donc la formidable interprétation de Scout Taylor Compton, définitivement le point fort du film.

Pour ce qui est de l’ensemble du film, la différence avec le montage cinéma est flagrante, donnant même parfois l’impression de voir un film différent, autant sur les intentions du réalisateur que dans son déroulement : La majorité des scènes sont différentes, pour la plupart montées de façons alternatives, rallongées ou écourtées. Ont peut aussi y voir la véritable séquence de fin tournée par Rob Zombie, bien plus puissante et évocatrice que celle de la version cinéma.

Différente dans sa construction, creusant la psychologie du personnage principal de façon conséquente, ajoutant quasiment 15 minutes de film, la version director’s cut est sans conteste bien supérieure à celle du premier opus de Rob Zombie, LA version de référence quand il convient d’aborder Halloween II, tant il est évident que la version cinéma paraît tronquée lorsqu’on les compare.

A côté de la version director’s cut, la version cinéma paraît porter encore clairement les cicatrices de la boucherie opérée dessus par les Weinstein : Rob Zombie ne mâchera d’ailleurs pas ses mots, qualifiant cette seconde expérience avec les frères producteurs de bien pire que la première.

Halloween de David Gordon Green (2018), retour à la case départ

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Grande image pour grand film

Même si Halloween II fut un succès bien moindre que le précédent, il a quand même rapporté et l’annonce inévitable arrive fin 2009 : Les Weinstein annoncent un Halloween 3D sans lien avec les opus de Rob Zombie mais qui serait lié à celui de John Carpenter. Vaccinés de part leur expérience avec Rob Zombie, les frères Weinstein préfèrent faire appel à un réalisateur plus servile et moins exigeant en la personne de Patrick Lussier, un habitué de leurs productions (il a déjà réalisé pour eux Prophecy 3 et une trilogie Dracula). Halloween 3D, on en parle, puis il disparait, pour réapparaître en 2011… Et disparaître de nouveau pour ne jamais refaire surface.

En 2015, un nouveau projet assez sérieux nommé Halloween Returns, chapeauté par Marc Dunstan (scénariste de nombreux films d’horreur à succès comme Saw 4 à 6, Piranhas 3D ou la trilogie Feast) fait à son tour une apparition : Le film devait présenter Michael Myers dans le couloir de la mort, le tueur réussirait à s’échapper et reprendrait son odyssée meurtrière. Un début de tournage est annoncé pour fin 2015, puis silence radio. Et pour cause : Faute d’avoir produit un film utilisant la licence, les Weinstein perdent la poule aux œufs d’or qui revient aux frères Akkad et à Miramax.

Concernant un nouvel opus, Malek Akkad se laisse séduire par un producteur qui depuis quelques années s’est forgé une solide réputation dans le cinéma horrifique : Jason Blum et sa société Blumhouse. Blumhouse ce sont les Insidious, American Nightmare, Sinister, Creep ou The Bay, des petits films qui se sont depuis quelques années forgés une réputation solide parmi les fans de cinéma d’horreur et ont été de véritables succès au box office. Rassuré, Malek Akkad accède à la demande de Jason Blum et c’est donc sous l’égide de Blum que se fera ce nouvel Halloween et, surprise, avec Jamie Lee Curtis et John Carpenter !

Néanmoins, Jason Blum aura quand même dû patienter 5 ans avant que les propriétaires de la licence ne le prennent aux sérieux, ils auront reçu entre-temps de nombreux réalisateurs et producteurs mais Blum finira par être le seul à vraiment réussir à les convaincre. Après l’avoir rencontré et convaincu que Jason Blum est l’homme de la situation, Malek Akkad et Miramax finissent par céder et s’associent avec lui et sa société Blumhouse pour produire une nouvelle suite à Halloween.

Jason Blum est ravi, mais sûr de lui, il impose tout de même quelques conditions, la principale étant que John Carpenter soit rattaché au projet : Pour Blum, sans Carpenter, pas de nouvel Halloween. Les producteurs n’ont pas attendu Blum pour consulter le maître qui, comme à son habitude, les a envoyés bouler… Jason Blum prend alors sur lui de rencontrer l’acariâtre légende et le convainc grâce à un argument simple : Le film se fera, avec ou sans lui, alors il a le choix soit de participer, soit de rester dans son coin à ronchonner. Piquer par l’audace du jeune producteur, Carpenter, à la surprise générale, cède et rejoint le bateau de cet Halloween 2018.

Seconde condition, tenter de rallier l’autre personne qui a fait la légende de la franchise Halloween, Jamie Lee Curtis et là encore ce n’est pas gagné : L’actrice a tiré un trait définitif sur la saga Halloween dans Halloween Résurrection 15 ans plus tôt et ne veut plus entendre parler du tueur masqué. C’est par l’entremise de son filleul, l’acteur Jake Gyllenhaal, qu’elle apprend que David Gordon Green est sur le point de tourner un nouvel Halloween. Elle demande alors à Gyllenhaal de donner son numéro de téléphone à Green, qui la contacte aussitôt. Après en avoir discuté, Green lui envoie le scénario. Sans même l’avoir lu en entier, elle donne son accord, elle aussi convaincue par la sincérité de David Gordon Green et Jason Blum.

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« J’ai pas re-signé 40 piges plus tard pour çaaaaa  ! »

Comme on peut le deviner en lisant le paragraphe ci-dessus, le réalisateur choisi par Jason Blum est David Gordon Green, un réalisateur ayant déjà une belle carrière derrière lui dans des registres aussi variés que la comédie (Baby-Sitter Malgré Lui avec Jonah Hill en 2011), le drame (L’Autre Rive avec Kristen Stewart en 2004) ou le film politique (Que le meilleur Gagne avec Sandra Bullock en 2015), des films aux succès et à la qualité assez variables. Même si les films qu’il a réalisé sont assez variés dans les styles, un genre particulier manque à la filmographie de Green, l’horreur. Pourquoi Blum a choisi Green dans ce cas ? Pour une raison simple, selon Blum, un bon réalisateur ne doit pas être rattacher à un genre particulier et si il peut réaliser une bonne comédie, aucune raison qu’il ne puisse pas non plus réaliser un bon film d’horreur : Une technique déjà payante puisque Jason Blum a produit en 2012 l’excellent found-footage The Bay réalisé par Barry Levinson, le réalisateur de… Rain Man !

De plus, pour David Gordon Green, c’est un peu une manière d’exorciser une peur d’enfance : Pas vraiment amateur de films d’horreur, il avouera avoir été terrifié par le visionnage du film original durant son adolescence et que réaliser cette suite serait une sorte de revanche.

Il prend alors aussitôt contact avec son ami et associé Danny McBride, scénariste de comédies populaires et fantaisistes comme Tonnerre Sous Les Tropiques ou la série Kenny Powers et tout deux commence à écrire un scénario avec le renfort d’un autre de leur ami, Jeff Bradley. Sur internet c’est la bronca quand les trois hommes sont annoncés. Peu importe, au contraire, les trois larrons sont en fait galvanisés par cette vague de haters, convaincus qu’ils vont leur prouver qu’ils ont tort de les condamner aussi vite.

Niveau écriture, ce nouvel Halloween représente un défi, principalement parce que la saga à un lourd passif de suites et de remakes à la qualité très variées et une chronologie totalement anarchique. Les trois scénaristes décident alors de trancher radicalement dans la saga et de faire comme si à part le premier opus, rien n’avait été fait pour signer une suite directe au film original se passant 40 ans plus tard. Cette suite prend comme personnages principaux Laurie Strode, sa fille et sa petite-fille. Laurie Strode vit recluse, dans la peur et guettant le retour qu’elle pense inévitable de Michael Myers, interné depuis 40 ans à Smith’s Grove. En conflit avec sa fille, Laurie, alcoolique, tente tant bien que mal de se lier à sa petite fille, sans vraiment de succès. Pendant ce temps, un duo de journalistes à sensation entreprennent de réaliser une émission sur la nuit de massacre ayant eu lieu à Haddonfield en 1978. Ils réussissent à rencontrer le tueur et malgré eux, vont le motiver à s’évader et continuer le massacre qu’il avait commencé 40 ans plus tôt.

Commence alors pour les femmes de la famille Strode un inexorable et ultime combat contre le tueur masqué.

Le scénario en poche, David Gordon Green demande sans trop y croire à John Carpenter de composer la bande son : L’illustre réalisateur accepte et en compagnie de son fils Cody et de son filleul Daniel Davies va remixer ses compositions de 1978 et en composer quelques nouvelles : Le résultat est bluffant, actuelle sans toutefois renier ses origines, la musique de cet Halloween version 2018 est sombre, désespérée, étouffante, brutale et basique selon les scènes, une grande réussite, dans le plus pur style Carpenter.

Sur le tournage, John Carpenter dispense de nombreux conseils à David Gordon Green, de réalisation bien évidemment, mais aussi des conseils pratiques comme comment éviter de tourner des scènes inutiles pour respecter le planning. Ainsi lorsque David Gordon Green entreprend de retourner la scène finale du film original et devant les difficultés techniques et financières que cela représente, John Carpenter lui conseille de laissé tomber et de faire confiance aux spectateurs.

Plus qu’un conseiller, la présence de la légende est une véritable motivation pour l’ensemble de l’équipe, consciente du fardeau que faire cette suite directe au film original impose. Jason Blum et David Gordon Green ne cesseront d’ailleurs de le répéter durant toute la promotion du film, la présence, le soutien et la participation de Carpenter furent capitales pour mener le film a bien.

Modeste, John Carpenter déclare n’avoir rien fait de particulier sur le tournage, limite il s’y rendait en touriste et avoue un peu moqueur avoir passé l’essentiel du tournage à suivre la saison de baseball. Un comportement cynique, digne du réalisateur, que démentent la plupart des personnes ayant participé sur le film, avouant qu’il s’impliqua beaucoup.

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Coucou, tu veux voir ma… Mon gros couteau ? »

Entre le soutien et la musique de John Carpenter, la participation de Jamie Lee Curtis et une suite faisant table rase du passif encombrant de la saga et renouant avec le film original, la cerise sur le gâteau sera le retour de Nick Castle en tant que conseiller sur le film. Castle est un nom qui tout de suite fait tilt chez les fans de la franchise puisqu’il est le premier à avoir interprété le tueur, lui avoir donné ce charisme et cette manière de bouger qui depuis lui sont caractéristique. Castle accepte et sur le tournage va coacher de main de maître le nouvel interprète du tueur, le cascadeur James Jude Courtney. En résulte un Michael Myers terrifiant, brutal, monolithique et instinctif, se déplaçant comme un animal sanguinaire : Un comportement en adéquation avec celui du premier film (et bizarrement, avec ceux de Rob Zombie), bien loin du Myers monolithique et froid que certains opus de la saga nous avaient servis. L’autre apport de Castle sera sa respiration, emblématique elle aussi, que Castle enregistrera en studio.

Le tournage se passe sans encombre et pour un budget modeste au regard de celui des opus précédent : Seulement 10 millions de dollars, soit trois fois moins que le médiocre remake des Griffes de la Nuit. Un mois de tournage, du 13 janvier au 19 février 2018 et des participants au projet qui avouent bien humblement ne pas avoir touchés de gros cachets, Jamie Lee Curtis et John Carpenter en tête.

Le succès du film est sans précédent : Plus de 255 millions de dollars de recettes au total, faisant du film l’opus le plus rentable de toute la saga.

Les Comics

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Contrairement à ses homologues Jason Voorhees ou Freddy Krueger, qui dès le début des années 90 ont eu droit à des apparitions en comics, il faudra attendre l’année 2000 pour que celui qui est pourtant le plus ancien de cette bande de croque-mitaines fasse ses premiers pas en format papier. Petite rétrospective des apparitions du tueur de Haddonfield dans les comics, pour le meilleur et pour le pire.

Les comics Halloween se divisent en trois catégories : Ceux publiés par l’éditeur Chaos ! Comics, ceux publiés par l’éditeur Devil’s Due Publishings et enfin les comics promotionnels ou distribués gratuitement, notamment via internet.

Pour un souci de lisibilité, j’ai choisi de les lister de façon chronologique par rapport à leur date de sortie.

Le premier comic estampillé Halloween est donc sorti chez Chaos ! Comics en 2000. Au scénario on trouve Phil Nutman et un nom qui n’est pas inconnu des fans puisqu’il s’agit de Daniel Farrand, le malheureux scénariste original de Halloween 6. Aux dessins, c’est David Brewer, un habitué des productions Chaos ! qui opère.

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L’histoire fait plus ou moins suite aux événements de Halloween 6 : Tommy Doyle, l’un des enfants que gardait Laurie Strode durant la nuit d’Halloween, aujourd’hui adulte, prépare un livre sur Michael Myers et réussi à mettre la main sur les notes du docteur Loomis dans lesquelles sont relatés tout ce qui s’est passé durant l’internement de Michael Myers à Smith’s Grove. C’est donc au travers de la lecture de ces notes que l’on prend connaissance des néfastes agissements du futur psychopathe qui manifestement, n’a pas attendu son évasion pour commettre ses premiers méfaits.

De façon assez surprenante, ce comic se révèle particulièrement réussi : L’histoire est bien écrite et respecte à la lettre l’ambiance du film original. Le caractère froid de Myers et la désillusion progressive de Loomis envers son patient sont parfaitement retranscrites et les événements décrits s’intègrent parfaitement bien à la chronologie de la saga.

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L’enfance d’un tueur passée au crible en version BD

Seul bémol, les dessins, même si les personnages emblématiques de la saga sont aisément reconnaissables, les dessins, typiques du style des années 90, sont parfois assez grossiers, surtout au niveau des expressions des visages.

Une très bonne lecture, que je conseille tout particulièrement aux fans qui y trouveront un supplément à ajouter à la mythologie de la saga .

Le second comic sorti chez Chaos ! est publié en avril 2001 et est sobrement intitulé Halloween II, The Blackest Eyes. Il s’agit d’une suite directe à celui publié l’année précédente qui reprend exactement là où il s’était arrêté. C’est toujours écrit par Phil Nutman, avec cette fois-ci la collaboration de Mickey Yablans (le fils de Irwin Yablans, producteur du film de John Carpenter : Souvenez-vous, c’était le petit garçon que Michael Myers bousculait au début du film comme je l’ai mentionné dans la première partie de ce dossier). Aux dessins c’est encore un habitué des productions Chaos !, Jerry Beck qui est aux commandes.

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Après son altercation musclée avec Michael Myers, Tommy Doyle se met en route pour Haddonfield, convaincu que c’est la prochaine destination du tueur. Arrivé sur place, il retrouve dans la maison abandonnée des Myers le corps de Richie Castle, le petit garçon qu’avait bousculé Michael Myers au début du film original (et qui était interprété par Mickey Yablans). Doyle y retrouve également le shérif Brackett qui lui révèle les funestes secrets de la petite ville d’Haddonfield et le culte sanguinaire et secret dont se livre une mystérieuse secte depuis des siècles dans les bas-fond de la ville.

Encore une fois, ce comic fait écho aux faits plus ou moins abordés dans Halloween 6 : L’existence de la secte de Thorn, son influence et sa responsabilité quand aux agissements de Michael Myers y est clairement établi et on y retrouve de nombreuses références et clins d’œil aux films (3).

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Encore une fois, le seul point faible est les dessins, beaucoup trop perfectibles pour réellement convaincre…

J’ai personnellement trouvé ce comic très intéressant car il prouve que si elle aurait été mieux exploitée et utilisée, l’idée de la secte à l’origine des méfaits de Michael Myers était une idée franchement bien trouvée.

Une lecture intéressante, dans la veine du premier chapitre, qui ravira les fans et convaincra peut être ceux qui ont trouvé que l’idée de la secte du sixième opus manquait de matière pour réellement convaincre.

Le troisième et dernier comic Halloween, titré Halloween III, The Devil’s Eyes, sous la bannière Chaos ! est publié en novembre 2001 et est le dernier chapitre de la trilogie commencée en 2000. C’est toujours Phil Nutman qui est au scénario et aux dessins c’est une fois de plus un artiste récurrent des productions Chaos, Justiniano.

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Après avoir vaillamment combattu les membres de la secte de Thorn, Tommy Doyle est interné à Smith’s Grove et est sur le point d’être sacrifié par les membres du culte dont Terence Wynn, le directeur de l’asile est en fait un des leaders. Vindicatif, Doyle réussi à s’enfuir et retrouve Lindsey Wallace, la petite fille que gardait également Laurie Strode pendant La Nuit des Masques, devenue aujourd’hui journaliste à succès.

Les deux amis d’enfance se retrouvent à Haddonfield et trouvent sur leur chemin Michael Myers, pourtant présumé mort depuis que Laurie Strode l’ai décapité deux ans plus tôt durant le massacre de l’académie Hillcrest. Comment se fait-il que Myers soit toujours en vie et comment nos deux héros vont-ils pouvoir en finir avec lui et enfin mettre un point final à son odyssée meurtrière ?

Comme pour les deux chapitres précédents, ce comic est une franche réussite, réussissant même à mettre un pont entre les intrigues de Halloween 6 et celle de Halloween H20. Encore une fois, on constate que Phil Nutman connait indéniablement bien son sujet, les références aux personnages et événements des films ainsi que leur cohérence avec son propre univers créé dans ces trois comics est assez étonnant et franchement très bien fichu. Pour finir, le twist final, aussi surprenant que bien trouvé, en étonnera plus d’un, personnellement, je ne l’avais pas vu venir.

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Niveau dessins, c’est sans conteste le chapitre le mieux illustré des trois, Justiniano livrant une prestation de bonne qualité qui même si elle n’a rien d’extraordinaire est clairement au dessus de celle de ces deux prédécesseurs.

Un chapitre qui conclu admirablement cette trilogie publiée par Chaos ! Comics qui je l’avoue, m’a particulièrement surpris par ses qualités scénaristique et son respect pour la saga.

La quatrième apparition du croque-mitaine de Haddonfield se fera au travers d’un one shot distribué exclusivement durant la convention Halloween de Pasadena en 2003 qui fêter les 25 ans du film de John Carpenter. Titré Halloween : One Good Scare, c’est aussi le premier comic scénarisé par Stefan Hutchinson qui signera par la suite la totalité des autres comics mettant en scène le tueur masqué. A noter que ce comic est édité par la société Compass Pictures, la société de Irwin Yablans qui a produit le premier et mythique film.

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Le comic a pour héros le fils du docteur Loomis. Devenu lui aussi psychiatre, il a repris le poste de son père à Smith’s Grove et apprend un jour qu’une patiente du nom de Lindsey Wallace vient d’être internée. Loomis se prend alors d’affection pour cette survivante du massacre de la nuit d’Halloween de 1978 et va devenir son docteur. Très vite, Loomis comprend que Lindsey vit dans la peur continuelle du retour de Michael Myers, cette dernière ne cessant de répéter « Qu’une grosse peur peut changer votre vie à jamais ». Loomis ne tardera pas à comprendre le sens de ses mots quand un soir d’Halloween, Michael Myers fait irruption à Smith’s Grove…

Détaché des comics publiés par Chaos !, One Good Scare est un one shot d’assez bonne facture, décrivant bien les séquelles psychologiques que laisse Michael Myers dans son sillage sur ceux l’ayant croisé et lui ayant survécu. De plus, il montre un Myers bien plus intelligent que son image de tueur froid et monolithique, jouant sur la peur qu’il inspire et n’hésitant pas à torturer psychologiquement ses victimes. Un bon travail scénaristique de la part de Hutchinson, malheureusement parasité par des dessins absolument hideux, signés Peter Fielding.

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A noter que, visiblement, une suite à ce comic était prévue pour l’été 2004 mais qu’elle ne vit jamais le jour.

Second comic sorti en dehors des grandes maisons d’édition, Halloween : Autopsis fut publié en 2006 et accompagné la sortie DVD du documentaire consacré au 25 ans du film original, Halloween : 25 Years of Terror. C’est toujours Stefan Hutchinson qui est au scénario et Marcus Smith aux dessins.

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L’histoire de Autopsis se situe chronologiquement après Halloween II et suit le destin d’un photojournaliste que l’on charge de suivre le docteur Loomis. Peu à peu fasciné par les méfaits de Michael Myers, le photojournaliste se laissera aller à des pensées morbides mais l’ombre de The Shape n’est jamais bien loin…

L’histoire en elle-même est assez intéressante, mais reste assez anecdotique car étant assez détachée de la mythologie Halloween. Néanmoins on y trouve pour la première fois quelques références aux futurs événements qui auront lieu dans les futurs comics de Hutchinson, comme le meurtre de miss Haddonfield.

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Visuellement, les dessins ne sont franchement pas ce que l’on est vu de mieux dans un comic d’horreur, donnant un aspect « amateur » pas vraiment engageant.

C’est à ce jour le seul comic Halloween à avoir été traduit en français, il était distribué en bonus avec l’édition 30éme anniversaire du film sortie chez Opening, cette édition triple DVD contenait également le documentaire sur les 25 ans du film, cité plus haut.

C’est en 2008 que la licence Halloween est obtenue par le petit éditeur Devil’s Due Publishing. L’éditeur possède déjà d’autres licences issues de films d’horreur comme Army of Darkness, Chucky ou Toxic Avenger mais publie surtout Hack/Slash, une série d’horreur narrant les aventures d’un duo de chasseurs de boogeymen. DDP met donc en route une mini-série en 4 numéros utilisant l’univers de la saga du tueur au masque blanchâtre nommée Halloween : Nightdance avec toujours l’increvable Stefan Hutchinson au scénario. Si les scénarios d’Hutchinson étaient habituellement desservis par une partie graphique pas vraiment engageante, il pourra cette fois-ci compter sur le talent et la passion du créateur de Hack/Slash, Tim Seeley. Hack/Slash étant un hommage perpétuel aux films d’horreur des années 80 et plus particulièrement aux slashers, pas étonnant que se soit Seeley qui se charge de mettre en image l’arrivée de Michael Myers chez ce nouvel éditeur.

Nightdance nous présente deux personnages principaux : D’un côtés Lisa, une jeune femme traumatisée par une agression dont elle et le jeune garçon qu’elle gardait furent victimes aux mains de Michael Myers quelques années auparavant et de l’autre Ryan, un jeune homme qui alors qu’il accompagnait sa petite amie rendre visite à sa famille, assistait impuissant au meurtre de cette dernière des mains de l’ignoble et monolithique tueur de nuits des masques. Ces deux personnages profondément marqués par leurs rencontres avec le croque-mitaine, vont voir leurs destins s’entrecroiser lorsque Michael Myers va de nouveau faire couler le sang lors d’une énième nuit d’Halloween.

  • Nightdance est à ce jour le plus long comic mettant en scène Michael Myers, permettant (enfin) à Stefan Hutchinson de pouvoir pleinement exprimer sa façon d’aborder le mythe et la psychologie du tueur masqué ainsi que son impact sur ses victimes. Car si il y a un point sur lequel Hutchinson va longuement insister durant les 4 numéros de Nightdance c’est bien sur le traumatisme et l’impact généré par l’incursion malsaine de Myers dans la vie de ses victimes qui lui ont survécu. D’une part déjà traumatisés par la brutalité des attaques, Hutchinson nous brosse le portrait d’un Michael Myers sadique, jouant avec ses victimes à la manière d’un enfant, réapparaissant à intervalles réguliers pour leur rappeler qu’il est toujours là, leur envoyant des dessins naïfs et macabres et s’acharnant sur leur entourage : Bien loin du personnage froid et inexpressif qu’on voit dans les films, le Myers de Nightdance est un être sadique et calculateur. On trouve donc ici de façon bien plus implicite les aspects scénaristiques que Hutchinson avait déjà abordé dans One Good Scare, Nightdance étant clairement un récit dans la continuité de ce dernier. Le final est quand à lui éprouvant, surprenant et aux antipodes de ce que l’on en attend pour ce genre de récit.

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Pour une fois, les dessins sont par contre de toute beauté, Tim Seeley rendant enfin justice à l’univers de Halloween : Les décors, costumes et environnements dans lesquels évoluent les personnages renvoient parfaitement à ceux des films et l’impression de lire un récit se déroulant dans le même univers et particulièrement plaisant. Une réussite totale de la part de Seeley, rien d’étonnant quand ont connait la passion du dessinateur pour ce genre de films.

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Une excellente mini-série, certainement la meilleure mettant en scène le mythique tueur. Après, le coté réfléchi et sadique de Myers gênera certains lecteurs, attachés au coté brute et sans âme du tueur, mais en ce qui me concerne j’ai adoré ce parti pris de la part de Hutchinson, Myers ne m’étant rarement paru aussi effrayant.

Cerise sur le gâteau (où plutôt sur la citrouille) chaque numéro compte trois couvertures alternatives dont une signée à chaque fois par un grand nom du comics d’horreur comme Ben Templesmith, Bill Sienkiewicz ou Sean Phillips.

Nightdance est également sorti en trade paperback mais est quasiment introuvable aujourd’hui à prix raisonnable, comptez aux alentours de 150 /200 euros pour vous le procurer. Ce trade paperback contient d’ailleurs un récit inédit, Halloween : Charlie, consacré à un des personnages secondaires de Nightdance, Charlie Bowles.

Seconde publication de Devil’s Due Publishing utilisant la licence Halloween, 30 Years of Terror, une anthologie de 5 histoires courtes mettant en scène des personnages du film de John Carpenter. Toutes les histoires sont bien évidemment écrites par Stefan Hutchinson et dessinées par un artiste différent.

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La première histoire se nomme Trick Or Treat et raconte le funeste destin des époux McKenzie, le couple chez qui se réfugie Tommy Doyle et Lindsey Wallace durant le premier film.

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Une histoire intéressante, mais dont les dessins assez médiocres de Danijel Zezelj ne rendent franchement pas la lecture très agréable.

Seconde chapitre P.O.V., une histoire sans paroles relatant le plus simplement et cru possible le meurtre de Miss Haddonfield 1991 des mains de Michael Myers. C’est brutal, gore et simpliste : Clairement inutile.

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Néanmoins les dessins de Jim Daly sont plutôt réussis.

A noter que l’on a une référence à ce récit dans Autopsis, quand le jeune photographe parcours les photos des meurtres de Michael Myers.

Troisième chapitre, Visiting Hours. On fait la connaissance d’un personnage traumatisé par sa rencontre avec Myers, ce personnage, jamais nommé dans l’histoire se révèle au fur et à mesure des pages être en fait Laurie Strode.

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Encore une fois une bonne mais courte histoire, gâchée par des dessins absolument infâmes commis par un certain Brett Weldele.

Avant dernier chapitre, Tommy and the Boogeyman qui, une fois de plus, fait la part belle à Tommy Doyle. Des années après sa rencontre avec The Shape, Tommy est devenu dessinateur de comics ; Après une altercation avec sa femme qui le rouspète parce que son jeune fils vient de tomber sur un des comics d’horreur dessiné par son père, Tommy feuillette ledit comic.

Pas de référence claire à l’univers d’Halloween dans ce chapitre, l’essentiel du comic étant en fait une retranscription du comic dessiné par Tommy Doyle. Néanmoins, c’est particulièrement réussi, les dessins de Jeff Zornow et Lee Ferguson y étant très certainement pour quelque chose.

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Un bon chapitre, type comic d’horreur à la EC Comics qui ravira les amateurs d’horreur dessinée old school.

Dernier chapitre et pas des moindre, Repetetion Compulsion, pas des moindres puisqu’il met en scène le fameux Docteur Loomis et son infirmière Marion.

Juste après Halloween 5, le Docteur Loomis s’est renfermé sur lui-même, convaincu que Michael Myers finira par réapparaître et traque tout événement suspect pouvant prouver que le tueur continue d’errer à la recherche de nouvelles victimes. Le jour juste avant le début du film Halloween 6, Loomis se rend à Haddonfield et constate avec effroi que ses pires craintes étaient fondées : Myers est de retour…

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Encore un excellent chapitre, pouvant aisément servir d’introduction à Halloween 6. c’est une fois de plus dessiné de main de maître par Tim Seeley.

A l’instar de P.O.V., une référence était également faite à cette histoire dans Autopsis.

Au final, 30 Years of Terror est une anthologie assez inégale, la plupart des histoires sont bien écrites mais sont plombées par des dessins pas toujours au top. On retiendra surtout Tommy and the Boogeyman pour son originalité et surtout Repetetion Compulsion pour sa fidélité à l’univers de la saga.

Dernier comic publié par DDP, Halloween : The First Death of Laurie Strode. Toujours écrit par Stefan Hutchinson et dessiné par Jeff Zornow.

The first Death of Laurie Strode s’intéresse à un personnage jusque là peu vu dans les comics, Laurie Strode. Ce comic se place chronologiquement quelques jours après Halloween II et explore la psychologie de la jeune femme juste après l’explosion ayant coûté la vie à Michael Myers dans l’hôpital. Brisée, sujette à des hallucinations lui montrant des fragments de l’enfance de Michael Myers, la jeune femme constate que ses hallucinations n’en sont peut être pas mais peuvent être des réminiscences de souvenirs d’enfance passées avec Michael alors qu’ils vivaient encore ensemble en tant que frère et sœur. Ces hallucinations s’intensifient lorsque le docteur Loomis refait surface, le retour du bon docteur coïncidant avec une vague de meurtres brutaux perpétrés par une homme déguisé en clown.

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L’histoire est franchement très intéressante, établissant entre Laurie Strode et Michael Myers le même type de lien « télépathique » qu’avait le tueur avec Jamie Lloyd dans les opus 4 et 5 de la saga cinématographique. Même si les dessins de Jeff Zornow sont assez inégaux, le récit est incroyablement bien ficelé, jouant astucieusement entre les allers et retours dans l’enfance des protagonistes et les hallucinations de Laurie.

Malheureusement, prévu en trois parties et censée faire le lien entre Halloween II et H20, visiblement à cause de ventes peu favorables, la publication du dernier chapitre sera annulée et la série n’aura de ce fait jamais de fin…

Une autre mini-série en quatre parties, Halloween : The Mark of Thorn devait commencer en février 2009 mais fut elle aussi annulée.

Le cas des nouvelles.

Durant une courte période, un site officiel nommé halloweencomics.com (4) existait sur la toile et proposait notamment nombre d’informations concernant les versions comics de la saga Halloween. Sur ce site, ont pouvait y télécharger certains comics (Autopsis et One Good Scare notamment) mais aussi du matériel inédit, comme deux nouvelles dont une écrite par Stefan Hutchinson et faisant partie intégrante des comics écrits par le scénariste.

La première était titrée Sam est décrie les dernières heures du docteur Loomis sur son lit d’hôpital, se remémorant les événements des films. Cette nouvelle était illustrée par Marcus Smith, dont on avait déjà put voir le travail (pas vraiment probant) sur le comic Autopsis.

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C’est franchement un récit très intéressant, permettant de revivre les événements des films au travers du docteur Loomis. Dans la chronologie établie par Stefan Hutchinson pour les comics Halloween qu’il a écrit, Sam se situait avant Nightdance.

Seconde nouvelle proposée sur le site, Halloween : White Ghost écrite par Greg Mitchell. Contrairement à Sam, elle ne contient, hormis sa couverture, aucune illustration.

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White Ghost raconte l’histoire de Christopher Hastings qui après avoir fuit Haddonfield 9 ans auparavant revient dans la ville de son enfance le jour précédent la fameuse nuit durant laquelle Michael Myers va perpétrer ses horribles meurtres.

C’est une nouvelle assez intéressante, et même si au début les liens avec Michael Myers ne paraissent pas vraiment évidents, finissent par l’être de façon subtiles et insidieuses.

Une bonne lecture, à condition d’avoir un niveau correct en anglais.

Que penser des incursions de Michael Myers dans le monde des comics ? Très honnêtement, moi-même très amateur de ce genre de publications et conscient de leur statut souvent purement promotionnel, je fus assez surpris de la qualité globale des comics utilisant la licence. Que ce soit les trois chapitres publiés chez Chaos ! Comics où l’ensemble du travail de Stefan Hutchinson, la plupart des scénaristes ont toujours montré une passion et un respect évident pour la saga qui se ressent clairement dans chaque comic qu’ils ont écrit. L’autre point commun est par contre beaucoup moins glorieux et concerne leurs parties artistiques : Clairement médiocre voir parfois calamiteuses, confiées à des artistes qui soit étaient inexpérimentés ou on soit bâclés leur travail, elles sont clairement le point noir de ces itérations en bande dessinés.

Pour conclure ce dossier, je vais comme à mon habitude parler un peu de moi. Personnellement, j’ai une grande affection pour la saga des Halloween et lui trouve plus de qualités que, pour prendre un exemple concret, celle des Vendredi 13. Non pas que je dénigre la série consacrée au tueur au masque de hockey, toutes personnes me connaissant est au courant de la passion que j’ai pour cette série, mais là où celle de Jason Voorhees a très vite montrée ses limites, débouchant sur des scénarios fantasques comme un Jason mort-vivant, démon ou voyageant à New York et même dans l’espace, celle des Halloween a toujours tenté, avec plus ou moins de succès, de garder ce coté terre à terre et surtout effrayant de son principal antagoniste. C’est d’ailleurs un point intéressant : Les gloires de l’horreur des années 80 comme Freddy Krueger, Jason Voorhees ou même les zombies sont depuis devenus des sortes de pokémons de l’horreur, je veux dire par là qu’ils ne font plus peur à personne. Les enfants se déguisent en Freddy ou Jason pour Halloween, des zombies walks bon enfant sont organisés un peu partout dans le monde, ces « monstres » sont devenus sympathiques, ils ne sont plus effrayants pour personnes, victimes de leur traitement et de leur image, ils sont passés par tellement de stades différents, souvent fantasques, qu’ils ont perds ce coté effrayant : On admire Jason Voorhees pour son coté surpuissant et increvable, Freddy Krueger pour ses pouvoirs sadiques et on a depuis longtemps ridiculisé les zombies en les réduisant à de la chaire à canon gore pour série Z et jeux vidéo pour ados blasés (5).

Mais certains passent entre les mailles du filet, on pense notamment à Leatherface de Massacre à la Tronçonneuse : Qui voudrait être un attardé mental, psychopathe et cannibale ? Leatherface est un personnage peu enviable, difficilement admirable et auquel on peu avec difficulté s’identifier, il a su de ce fait garder son statut de monstre. C’est un peu le même constat pour Michael Myers : Il n’y a pas de raison d’admirer Michael Myers, pour la simple et bonne raison qu’il ne procure rien. Il est froid, inexpressif, son passé est inexpliqué et ses actes le sont également. Pas de raison d’admirer un personnage qui ne procure rien au spectateur et est juste mauvais (6), Michael Myers est toujours un monstre et c’est encore aujourd’hui et contrairement à ses homologues, son plus grand avantage.

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1 : C’est aussi à l’époque le retour des grandes licences et des grands noms de l’horreur : Le plus gros succès de l’époque est Scream et il fut réalisé par Wes Craven, une vedette du cinéma d’horreur des années 80.

2 : [Spoiler] On notera surtout un enchaînement étonnant de prises durant cette scène au cours de laquelle Michael Myers, debout, se retrouve évanoui au sol sans raisons sur le plan suivant…

3 : Et même, pour mon plus grand plaisir, l’espace d’une vignette, un hommage au groupe de métal Slipknot, célèbre pour arborer aux aussi des masques digne d’un film d’horreur.

4 : Maintenant quand vous tapez cette adresse, vous tombez sur un site japonais vendant des bas de contention…

5 : Même si le remake récent de Resident Evil 2 a pris le contre-pied de cette mode en les rétablissant comme des adversaires redoutables, mais le cas de ce nouvel opus de Resident Evil 2 est clairement unique dans le paysage vidéoludique actuel.

6 : Même si Rob Zombie lui a donné un passé, il ne s’agit que de la vision de Rob Zombie, sa façon de voir Michael Myers et celle-ci est spécifique au réalisateur. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que les deux films qu’il a réalisé soient considérés comme des spin-offs.

7 :

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