Les jeudis de l’Angoisse (des Geeks) #59

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Au moment où vous lirez ces lignes, le cinquième (et visiblement) dernier opus de la saga Rambo devrait être dans les salles, l’occasion idéale pour moi de vous parler de ce héros américain, archétype du héros soldat cher au pays de l’oncle Sam… ou pas.

A l’image de Conan Le Barbare pour l’heroïc fantasy, Rambo c’est un personnage victime de son image supposée que son succès a biaisé. Devenu depuis une caricature dans l’inconscient collectif du soldat américain surpuissant (caricature surtout dû au second film, bien plus populaire que son premier opus, plus engagé et moins caricatural), Rambo est un personnage populaire apprécié et souvent décrié parce qu’il est méconnu, victime, encore une fois, de son image populaire.

Rambo c’est aussi depuis devenu une icône, du cinéma tout d’abord, mais de la culture populaire auquel il est souvent fait référence quand il s’agit de démontrer (souvent de façon négative) une iconographie et une imagerie militaire exacerbée et exagérée, très souvent, typiquement américaine. Véritable constat de ce qu’est vraiment Rambo ou facilité paresseuse ? C’est surtout en fonction des films que cette image varie, comme vous le constaterez plus bas.

Dans cet article, je vais d’abord revenir sur les différents films de la saga et leurs histoires, puis les déclinaisons des films et de son personnage dans d’autres médias, dont bien évidemment les comics, afin d’offrir un panorama le plus complet possible de la présence et de l’influence du personnage dans la culture populaire.

Alors c’est parti, prenez votre couteau de chasse, mettez un bandeau rouge et direction les bois humides d’un champ de bataille à la rencontre d’un héros indissociable de son interprète, Sylvester Stallone.

« Arms Wide Open, I Stand Alone :
I’m No hero and I’m Not Made of Stone !
Right or Wrong ? I Can Hardly Tell !
I’m On The Wrong Side of Heaven, and the Righteous Side of Hell :
The Wrong Side of Heaven, and the Righteous Side, The Righteous Side of Hell ! »

Five Finger Death Punch – Wrong Side of Heaven, extrait de l’album The Wrong Side of Heaven and The Righteous Side of Hell Vol. 1 (2013) (3)

Avant d’être une saga cinématographique à succès, Rambo c’est surtout un roman, écrit par David Morell, un auteur canadien.

First Blood est un roman profondément marqué par l’époque où il a été écrit, à savoir les années 70 : Les États-Unis sortent difficilement de l’après guerre du Vietnam, les vétérans sont mal reçus et mal considérés dans leur pays, les mouvements de contestation s’amplifient, bref, le pays subi de lourdes transformations sociologiques et c’est dans ce contexte que va naître l’idée du roman First Blood dans l’esprit de David Morell.

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Aux débuts des années 70, David Morell obtient sa carte verte lui permettant de travailler aux États-Unis, il obtient un petit boulot d’enseignant dans l’état de Pennsylvanie consistant à animer des stages pour étudiants : Morell se rend vite compte que la plupart de ses étudiants sont des vétérans du Vietnam. Dans un premier temps, ces étudiants lui sont hostiles car, ignorant qu’il est canadien, ils l’accusent d’être un planqué et de ne pas s’être battu à leurs cotés, Morell fini par gagner leur confiance et se rend compte avec effroi des symptômes post-traumatiques dont souffrent ces jeunes hommes. En les écoutant, notant leurs peurs, séquelles et sentiment d’être délaissé par ce pays même qu’ils ont défendu, Morell trouve les bases de son futur roman.

L’autre élément déclencheur sera une émeute à laquelle David Morell assiste en direct à la télévision se déroulant à Chicago : Des milliers de policiers chargent aveuglément des manifestants anti-guerre, sous les caméras de télévision, s’en prenant à toutes personnes se trouvant sur leur chemin, journalistes y compris. Devant cette violence soudaine, il revient à Morell l’histoire de Audie Murphy, un acteur de western, héros de guerre et vétéran de la seconde guerre mondiale, connu pour ses faits d’armes exceptionnels (il a participé au débarquement en Normandie et aurait à lui seul tué plus de 50 soldats allemands durant son service), ses méthodes extrêmes (la légende raconte que Murphy aurait menacé de mort lors d’un tournage un assistant réalisateur qui aurait fait pleurer une jeune actrice) et ses sautes d’humeur dus à un stress post-traumatique extrême (il dormait avec une arme sous son oreiller et se réveillait souvent en sursaut en tirant des coups de feu).

Morell se pose alors une question simple : Si parmi ces manifestants se trouvait un type comme Audie Murphy, que se passerait-il ?

L’ultime pierre à l’édifice sera le souvenir d’une traque ayant eu lieu en Pennsylvanie dans les années 60 durant laquelle un homme avait enlevé et emmené une jeune fille de 17 ans dans les montagnes. Cette traque exceptionnelle avait mobilisé la police, le FBI et la police d’état et avait duré huit jours, se soldant par la mort du kidnappeur et le sauvetage de la jeune fille. Cette traque avait tellement marqué les habitants que plusieurs années après, ils en parlaient encore.

Combinant tout ces éléments, Morell commence à plancher sur son roman, ne lui manquait plus que le nom de son héros, sur lequel il est toujours indécis. C’est durant son écriture préliminaire que le nom définitif de son héros viendra de sa femme et… D’une pomme ! Alors qu’il travaille sur son roman, sa femme revient des courses et a acheté des pommes sur un stand au bord de la route. Elle lui en apporte et lui conseille d’en goûter une, absorbé par son travail et n’ayant pas le goût à manger des pommes, Morell fini par céder afin que sa femme le laisse tranquille et est surpris par le goût exceptionnel du fruit ! Il demande le nom de la pomme à sa femme : Rambo ! Le goût du fruit couplé à la simplicité de ce nom est une illumination : Son héros s’appellera Rambo, un nom simple qui lui évoque du coup une véritable force de la nature.

Le dernier tour de force de Morell sera de scinder son roman en deux visions distinctes : Celle de John Rambo, vétéran du Vietnam qui après avoir voulu rendre visite à un de ses anciens frères d’arme découvre que celui est mort et se retrouve harcelé par le shérif Teasle et ses adjoints et celle dudit shérif, accusant John de vagabondage et surtout, lui-même vétéran de la guerre de Corée, revanchard de l’oubli dont ce conflit (dont les États-Unis sortirent pourtant victorieux) fut victime au profit de celui du Vietnam, dont les États-Unis sortirent perdant mais fut bien plus médiatisé.
En scindant son récit en deux points de vue radicalement opposés, Morell contourne ainsi l’interdiction de sa carte verte de donner un avis politique en donne une vision des deux camps.

A sa sortie en 1972 le roman est un succès, anti-guerres et conservateurs se reconnaissant dans un des personnages et le cinéma ne tarde pas à s’y intéresser : Les droits sont achetés par Columbia Pictures et va alors commencer un development hell long de quasiment 10 ans !

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Rambo : First Blood raconte l’histoire de John Rambo, un ancien béret vert vétéran de la guerre du Vietnam qui alors qu’il rend visite à un de ses anciens compagnons d’arme (qui se révèle en fait être décédé d’un cancer) se retrouve la cible d’un harcèlement particulièrement violent de la part du shérif de la petite ville et de ses adjoints. Forcé de se rebeller contre les mauvais traitements qu’on lui fait subir, John s’enfuit du commissariat où il est maltraité et se réfugie dans les montagnes alentours.
Traqué par le shérif et ses hommes, victime de symptômes post-traumatiques, il va alors retrouver ses réflexes de combattant et mener une véritable guerre aux forces de l’ordre. Arrivé sur les lieux, son ancien supérieur, le colonel Trautman, va alors tenter de mettre en garde les représentants de l’ordre sur la vraie nature de celui qu’ils affrontent, en vain : Le shérif s’obstine et Rambo va se défendre…

Dire que la genèse de Rambo au cinéma fut mouvementé est un euphémisme : Pendant plus de dix ans, le projet va aller d’un studio à l’autre : D’abord comme dit plus haut, c’est Columbia qui achète les droits du livre et demande au réalisateur Richard Brooks (réalisateur notamment de La Chatte sur Un Toit Brûlant, 1958, avec Elizabeth Taylor et Paul Newman) de livrer un premier scénario. Mais avec le temps, Brooks se désintéresse du projet qui fini par être racheté par Warner et c’est cette fois-ci le réalisateur Martin Ritt, notamment remarqué pour son western Le Plus Sauvage d’Entre Tous, 1963, avec, encore lui, Paul Newman. C’est d’ailleurs ce même acteur que Ritt voit bien dans le rôle de Rambo et Robert Mitchum dans le rôle du shérif Teasle. Mais la Warner ne le voit pas cet œil et préférerait Clint Eastwood ou Robert De Niro dans le rôle de Rambo… Le projet avance malgré tout mais est stoppé net en 1973 quand les accords de paix entre les États-Unis et le Vietnam sont signés à Paris, Warner décidant de mettre la production du film en stand by.

C’est alors une valse de réalisateurs qui vont se succéder : Sidney Pollack en 1974, Martin Bergman en 1975 qui voit voit bien Al Pacino dans le rôle principal. Mais tout tombe à l’eau quand Pacino refuse le rôle en prétextant que le script n’est pas assez « sauvage » et préférerait que Rambo soit dépeint comme un véritable psychopathe…
Le réalisateur contacte alors Dustin Hoffman, qui décline lui aussi, trouvant le script trop violent (ironique pour un acteur qui vient de jouer dans Les Chiens de Paille…). C’est ensuite le producteur William Sackheim qui s’y atèle, et sur un scénario de Mickael Kozoll, veut un film réalisé par John Badham avec John Travolta dans le rôle titre : Peine perdue, faute de financements, tout est abandonné…
Un autre producteur, Carter DeHaven, rattache John Frankenheimer à la réalisation et envisage Nick Nolte ou Michael Douglas dans le rôle titre. La malédiction touche une fois de plus DeHaven quand la société Filmways qui devait distribuer le film est rachetée par Orion, mettant fin au projet.

Dés lors, Rambo est un projet qui refera surface de temps à autre à Hollywood : Des noms comme John Millius, Sam Peckinpah et George Miller (qui refusera car occupé avec son Mad Max 2) sont évoqués pour le réaliser tandis que des noms d’acteurs comme Kris Kristofferson, Jeff bridges, James Caan, Chuck Norris et même Terence Hill (!) sont cités pour le rôle titre. Mais rien ne se passe, jusqu’à ce qu’un petit studio indépendant et un réalisateur quasi-inconnu se penchent sur le projet.

Ce petit studio indépendant, c’est Carolco, la petite société de production créée par Andrew Vajna et Mario Kassar et ce réalisateur, c’est Ted Kotcheff.

Kotcheff fait partie des scénaristes ayant travaillé sur le projet pour Warner (il avait co-écrit le scénario avec Michael Kozoll avant que le projet soit annulé) et croise un jour Vajna qui lui confie qu’après avoir produit beaucoup de petits films, lui et son partenaire veulent passer à la vitesse supérieure en produisant des films plus importants.
Vajna demande alors si il a une idée en tête et Kotcheff lui parle du projet d’adapté le roman First Blood qui tourne en rond depuis quasiment une décennie. Mais les droits sont entre les mains de la Warner et ils ne veulent pas les céder, de peur que celui qui les vendra soit la risée du tout Hollywood en ayant vendu un scénario maudit qui finirait par devenir un succès ailleurs… Carolco fait alors des pieds et des mains pendant quasiment un an pour récupérer les droits d’adaptation auprès de Warner qui fini par céder.
Carolco réuni l’argent nécessaire en vendant le film à l’étranger et la production peut (enfin) sérieusement commencer. Pour ce qui est de l’acteur principal, Kotcheff est catégorique : Il veut Sylvester Stallone, convaincu que le coté « dur » de l’acteur et la sensibilité dont il est capable sont parfaits pour le rôle. Kotcheff fait alors parvenir le script à l’agent de Stallone qui le rappelle dès le lendemain pour lui apprendre que l’acteur adore le script et est partant pour interpréter le rôle principal, à la seule condition de pouvoir réécrire le script avec le réalisateur, Kotcheff accepte avec joie.

Prenant pour base le scénario de Michael Kozoll, Stallone commence d’abord par adoucir le personnage de Rambo en le rendant moins violent en annulant notamment une scène dans laquelle Rambo tue des gardes Nationaux. Il supprime aussi beaucoup de dialogues de son personnage (il souhaitait même à un moment que Rambo ne dise pas un mot de tout le film) et les raccourcis, leur donnant plus d’impact. Après quelques maigres retouches effectués par David Giler et Larry Gross, le script final est enfin prêt.

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Rambo et l’ignoble Shérif Teasle, les adversaires d’un affrontement aussi violent qu’incompréhensible

Reste à trouver les acteurs principaux. Pour le rôle du shérif, Brian Dennehy est immédiatement envisagé et accepte sans hésitation, ayant déjà travaillé avec Kotcheff (dans le film Split Image, l’histoire de parents tentant de désendoctriner leur fils victime d’une secte) et Sylvester Stallone dans le film FIST (une histoire de grève et de corruption dans les années 30 qui fut un échec au box office).
Pour le rôle du colonel Trautman, c’est finalement Kirk Douglas qui est engagé et la collaboration avec l’acteur va se révéler un véritable enfer.

Dans l’idée, sa présence est un juste retour des choses : Seuls sont les Indomptés (l’histoire d’un cow-boy traqué par un shérif et son équipe dans les montagnes) est l’inspiration principale de Rambo, dans les faits, l’acteur va ne faire que retarder et gêner le tournage : Il arrive ainsi trois semaines après le début de celui-ci et est installé dans un cottage à l’écart des autres membres de l’équipe. Dés le début du tournage, parlant de lui à la troisième personne, il se plaint de ces dialogues et de la façon dont est écrit son personnage, demandant même à avoir les répliques d’autres personnages qu’il juge plus pertinentes.
De plus, il demande à ce que certaines scènes soient réécrites afin de donner plus de place à son personnage : Ainsi il souhaite que Trautman finisse par affronter Rambo à mains nues, gagne le combat et accroche Rambo au capot de sa voiture avant de l’abattre… Stallone et Kotcheff font la moue, la mégalomanie dont fait preuve l’acteur (qui malgré les changements n’est toujours pas content et demande sans cesse des réécritures…) est en train de saborder le film qui prend du retard et donc coûte de l’argent : Lassé des délires de Douglas, Kotcheff fini par prévenir les producteurs Andrew Vajna et Mario Kassar et avec leur accord s’entretient avec Douglas, lui explique que le script qu’ils sont en train de tourner et celui qu’il a à accepter, qu’il ne peut pas continuellement demander des réécritures et que si il ne veut plus le faire, il vaut mieux qu’il s’en aille.
Douglas, toujours mégalomane et fidèle à lui-même quittera le navire avec un cinglant « Kirk s’en va. ». On se met à la place de Kotcheff, qui vient de virer de son film une des plus grandes stars d’Hollywood…

Pour Stallone c’est une véritable déception, lui qui a refusé le rôle à son ami Burt Reynolds qui était pourtant très motivé.
C’est alors le branle-bas-de-combat pour trouver un nouvel interprète : C’est finalement Richard Crenna qui acceptera de rependre le rôle, arrivant la veille de son premier jour de tournage, il s’en remet complètement à Kotcheff qui va le coacher au jour le jour pour son personnage, lui expliquant parfois quelques heures avant le tournage de la scène de quelle façon il doit jouer.

Pour ce qui est du tournage, il a lieu au Canada dans le région de Vancouver, dans la petite ville de Hope : Une usine vient de fermer, mettant plus de 500 personnes au chômage, et la plupart des habitants voient l’arrivée de l’équipe de tournage comme une aubaine. Fidèle à sa réputation, Stallone fait des pieds et des mains pour qu’un maximum de gens soient engagés sur le film mais ne parvient à n’en faire engager qu’une centaine.

La ville est grimée en ville américaine de façon sommaire : Des boites aux lettres typiques par ci et des drapeaux par là font illusion.

Les conditions de tournage sont également éprouvantes : D’une part, Brian Dennehy et Sylvester Stallone ont de nombreuses déconvenues sur le plateau et ne s’entendent pas très bien, renforçant leur animosité à l’écran, ce qui est plutôt une bonne chose. Les conditions météorologiques sont exécrables, il pleut en permanence ce qui exaspère l’équipe qui doit sans cesse refaire les maquillages, réajuster les décors et se changer : Le seul ravi de ce temps est le réalisateur, persuadé que ce que subit l’équipe les inclus plus dans l’esprit du film, leur donnant un aperçu de ce que vit John Rambo (1).

Mais celui qui en bave le plus est sans conteste Sylvester Stallone : Durant la scène où il doit sauter d’une falaise pour atterrir dans des arbres, l’acteur se brise plusieurs côtes, son expression de douleur vue dans le film n’est donc absolument pas simulée ! Dans une autre scène, une charge lui explose près de la main, lui procurant une telle douleur qu’il croit avoir perdu un doigt : Heureusement, plus de peur que de mal… La faune s’y met aussi et pendant la scène de la mine, le froid est tellement intense que les rats se mettent à rechercher de la chaleur auprès du corps de l’acteur qui fini lardé de morsures suite auxquelles il est emmené aux urgences afin qu’on lui fasse une piqûre antitétanique. Mais le pire est évité lors de la course poursuite en moto : Torse nu par un froid glacial, Stallone se retrouve à la stupéfaction générale face à face avec un énorme camion qui a réussi à passer les barrages routiers posés par la production ! Les yeux incommodés par le gel, l’acteur ne voit pas grand chose et évite de justesse l’accident qui sans aucun doute lui aurait été mortel.

Si Stallone en chie des ronds de chapeau, les autres acteurs ne sont pas reste : Ainsi, après avoir été briefé par un ancien Navy Seals engagé comme consultant pour la scène durant laquelle Rambo met au tapis les adjoints du shérif en s’évadant du commissariat, Stallone, bien entraîné, casse le nez d’un des acteurs qui finira le tournage avec un pansement.
Un des cascadeurs, Bernie Dobbins, évite également l’accident grave lors de la course poursuite en moto quand la voiture de police fait une embardée et passe par dessus un rail de sécurité : Le cascadeur se fracasse le dos et manque de peu de finir paralysé. La scène est tellement convaincante que le réalisateur décide de la garder et de tourner une scène supplémentaire montrant le shérif Teasle interprété par Brian Dennehy s’extrayant du véhicule qui du coup est vraiment accidenté. Ce même Brian Dennehy n’échappera pas aux aléas de tournage « accidentels » et se fractura plusieurs côtes durant la scène finale où il passe à travers le toit du commissariat.

Stallone n’hésite pas non plus à jouer avec son personnage : Ainsi, un jour, il quitte le plateau et se rend dans un bar, en tenue de John Rambo pour tester son jeu, toutes les personnes présentes restent silencieuses à son arrivé jusqu’à ce que Stallone commande au bar… Un soda, gâchant ainsi son effet et provoquant l’hilarité chez les clients présents. Un autre jour, il se présente aux urgences de l’hôpital de la ville avec sur le bras son maquillage de blessure qu’il doit recoudre dans le film et demande un anti-douleur : Les infirmières n’y voient que du feu et le félicitent même pour sa résistance à la douleur !

Le tournage terminé, le premier montage fait plus de 3h30 et Sylvester Stallone, fidèle à sa réputation et peu sûr de lui, le trouve terriblement mauvais. Il sera néanmoins rassuré quand le film sera remonté et finira même très étonné de sa qualité.

De nombreuses scènes sont ainsi coupées, dont une fin alternative durant laquelle Rambo se donne la mort avec l’arme du colonel Trautman. Cette fin, celle originellement prévue dans le script, déplaît fortement à Stallone et Kotcheff qui contre l’avis des producteurs, tourne la fin telle qu’on la connaît. Le pif de Stallone et Kotcheff paye : Durant les projections test, tout les spectateurs adorent le film, à l’exception de la fin où Rambo se donne la mort. La fin où Rambo survit est alors exhumée et sera celle choisie pour le montage final.

Pour la partie musicale, c’est une star de l’époque, le compositeur Jerry Goldsmith qui est choisi. Star car l’homme est déjà à l’époque une valeur sûre, ayant signé la musique de certains des plus gros succès au box office de l’époque : De La Planète des Singes (1968), en passant par Patton (1970), Chinatown (1974), Alien, le huitième passager (1979) ou la trilogie de La Malédiction, l’homme a déjà touché à tous les styles et est synonyme de succès. Il livrera pour Rambo une bande son stupéfiante, à la fois mélancolique, agressive ou dramatique au besoin des scènes, le thème principal qu’il compose pour le film deviendra rapidement indissociable du personnage et sera même repris par Bryan Tyler dans John Rambo (2008) et Rambo : Last Blood (2019).

Jerry Goldsmith signera les bandes originales des trois premiers films, avec toujours la même efficacité remarquable.

A sa sortie, Rambo est un succès retentissant : Ces thématiques touchent le public, qui se reconnait dans ce personnage incompris, souffre-douleur qui souhaite juste vivre en paix parmi des gens qui ne veulent plus de lui, dans un pays qui le répudie pour avoir perdu une guerre qu’il ne comprenait pas. Ainsi, le solo déchirant de John Rambo à la fin du film, hurlant et pleurant sa douleur de ne pas comprendre pourquoi il subit tout ça est un écho qui ne peut que toucher le spectateur en plein cœur, faisant de Rambo bien plus qu’un simple film de guerre et est doté d’une réflexion plus profonde sur la façon dont furent traités les vétérans de la guerre du Vietnam que dans la plupart des autres films du genre.

Véritablement taillé sur mesure pour le rôle, le talent de Sylvester Stallone explose dans ce film, à la fois dur, sensible et touchant, l’acteur fourni une des plus grandes prestations de sa carrière, donnant une empathie incomparable au personnage.

On ressort du visionnage de Rambo bouleversé, secoué de la violence que subit et fait subir cet homme brisé qui, croyant avoir retrouvé la paix en rentrant chez lui, n’y découvre qu’une violence différente et aveugle, incompréhensible, comme si son destin était une boucle de violence sans fin.

Rambo est un grand film, bien plus profond et intelligent que son image populaire veut nous le faire croire, image populaire créé très certainement par son second opus, bien moins glorieux que ce premier film…

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En 1984, les succès de Rambo et Rocky III, L’œil du Tigre ont donné un coup de fouet à la carrière de Stallone. Mais celui-ci ne va pas savoir rebondir sur cette reconnaissance nouvellement acquise et va aller de déconvenues en mauvais choix : Il réalise la suite de La Fièvre du Samedi Soir, Staying Alive qui sera un four retentissant, il n’aura pas plus de chance avec New York Cow-Boy dont il coécrit le scénario et dans lequel il s’improvise chanteur de country pour un résultat… Difficilement audible.
Comble de la mauvaise direction, il refuse les rôles principaux du Flic de Beverly Hills et de A La Poursuite du Diamant Vert qui seront des cartons au box office pour tourner New York Cow-BoyStallone est morose et se dit qu’il serait peut-être temps de repartir sur des bases solides et les rôles qui l’ont fait connaître : La suite de Rambo que Carolco a hâte de mettre en chantier en est l’occasion rêvée.

Alors qu’il est emprisonné, John Rambo est contacté par le colonel Trautman : La CIA compte monter une opération secrète visant à délivrer des prisonniers de guerre américain au Laos. D’abord réticent, Rambo fini par accepter de participer à l’opération : Mais sur place, la mission se révèle particulièrement risquée et quand des officiers russes le capturent, la CIA prend peur et décide d’abandonner la mission et le laisser sur place. Il est pour autant bien décidé à mener sa mission à son terme, quitte à redevenir la bête de guerre qu’il était.

L’idée de départ repose donc sur une rumeur qui circule depuis le début des années 70 dans les médias américains : Des soldats américains seraient encore prisonniers au Laos, cette rumeur qui à l’époque fait couler beaucoup d’encre sera donc l’idée principale de Rambo II.

Le synopsis de départ sera écrit par Kevin Jarre et sur les conseils de David Giler (qui avait déjà réalisé des retouches mineures sur le scénario du premier opus), un scénario est alors commandé à un jeune scénariste quasiment inconnu mais très prometteur de l’époque, James Cameron. A l’époque, Giler et Cameron travaillent sur l’écriture du scénario de Aliens, Le Retour, beaucoup d’idées seront d’ailleurs reprises dans l’un et l’autre film, voir dans d’autres futurs films de Cameron (dans la version de Cameron, Trautman va recruter Rambo non pas dans une prison mais dans un hôpital psychiatrique, une idée que Cameron recyclera dans Terminator 2).

Selon ses dires, Cameron écrit un script très poussé, avec un personnage principal très réaliste et travaillé psychologiquement, qui accepte la mission pour exorciser ses démons et est une sorte de quintessence des dégâts que peuvent faire la guerre sur la psyché des soldats. L’ambition du futur réalisateur de Terminator était donc clairement de marcher dans les pas du premier film. Toujours selon Cameron, son scénario était brutal et spectaculaire, mais pas autant que le résultat final.

Autre point du scénario de James Cameron qui disparaît quasiment du scénario final, celui de la femme forte : Le réalisateur/scénariste a un attachement tout particulier pour les femmes à fort caractère, voir guerrière : De Ellen Ripley à Sarah Connor, le réalisateur met toujours un point d’honneur à privilégier ce genre d’héroïnes. Dans le script de Cameron, le personnage de Bo Cao est ainsi plus fouillé et ses relations avec Rambo beaucoup plus fortes, expliquant du même coup la sauvagerie dont fait preuve le héros quand il la venge dans le dernier quart du film. Cette relation sera réduite à sa plus simple expression dans le script final, ironique quand on sait que Stallone taxera le script de Cameron de plus « basique » que sa réécriture…

Pour Cameron, de son scénario, on a gardé que les séquences d’action et fait du film une sorte de film de super-héros. Des déclarations tempérées par Stallone : Même si ce dernier avoue avoir largement réécrit le scénario de Cameron, il fait remarquer que le celui-ci était bien plus proche d’un film d’action basique que du film de guerre, dans la version de Cameron, Rambo se retrouvait même affublé d’un partenaire, un jeune lieutenant expert en technologie de pointe : Stallone s’oppose à cette idée et reste très attaché à son image de héros solitaire, seul contre tous.

Pour la réalisation, on propose d’abord logiquement le poste à Ted Kotcheff qui refuse poliment : Pour lui le film est irrespectueux des victimes du conflit vietnamien et il ne s’imagine pas réaliser ce qu’il considère comme une célébration de ce conflit.

C’est du coup George Pan Cosmatos, un réalisateur d’origine grecque qui est choisi : L’homme est un habitué des histoires de guerre (Représailles en 1973, Bons Baisers d’Athènes en 1979) et est à l’époque dans une période creuse et il voit en Rambo II une occasion de se remettre en selle, il va donc particulièrement s’impliquer dans le film (2).

Niveau casting, seuls Sylvester Stallone et Richard Crenna sont de retour : Tous les autres acteurs sont des habitués des productions des années 80.
Le rôle de Murdock, le détestable agent de la CIA est interprété par Charles Napier, un acteur habitué des séries TV (son CV est impressionnant, de Papa Schultz à L’Agence Tout Risque, en passant par Star Trek et K-2000), l’homme est plus un habitué du petit que du grand écran. Il est aussi un des acteurs fétiches du réalisateur de film érotique Russ Meyer. Son second est quand à lui interprété par Martin Kove, déjà vu dans le rôle du professeur d’arts martiaux raciste et ancien combattant de la redoutable école Cobra Kaï dans Karate Kid.
Pour jouer le rôle du sadique commandant russe, Dolph Lundgren est fortement pressenti, mais Stallone se le garde au chaud pour être son antagoniste dans son futur Rocky IV. C’est du coup Steven Berkoff, adversaire de James Bond dans Octopussy, dans lequel il jouait déjà un officier russe, qui hérite du rôle.

Enfin, le rôle de la jolie Bo Cao revient à la belle Julia Nickson, une actrice et top model hawaïenne ayant fait ses premières armes dans la série Magnum. Malheureusement, elle ne saura pas rebondir et ses apparitions suivantes ne seront guère glorieuses : Dans Sidekicks, une mauvaise copie de Karate Kid avec Chuck Norris, Double Dragon une adaptation nanardesque de jeu vidéo avec Mark Dacascos et Alyssa Milano et quelques séries de science fiction comme Star Trek Next Generation et Babylon 5. On retiendra surtout sa prestation éblouissante dans China Cry, film dans lequel elle joue une prisonnière d’un camp de travail communiste.

Niveau équipe technique, là encore on retrouve des pointures des années 80 : Le chef opérateur Jack Cardiff (Le Dernier Train Du Katanga), le réalisateur de seconde équipe Peter McDonald (L’Empire Contre-Attaque) et enfin Mark Goldblatt au montage, habitué des productions de James Cameron. Stallone va aussi considérablement s’impliquer dans le projet et va aller jusqu’à réaliser plusieurs scènes.

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Muscles saillants, regard dur et arme au poing : Stallone créé son personnage

Cosmatos souhaite d’abord tourner dans le nord de la Thaïlande pour un souci d’authenticité mais en dépit du budget, cela pose trop de problèmes d’ordre logistique et se résout à tourner au Mexique, près d’Acapulco.
Les conditions de tournage sont l’exact opposé de ceux du premier opus : Il fait chaud, la plupart des lieux de tournage ne peuvent être rejoints que par hélicoptère et l’équipe va du coup optimiser les alentours de l’hôtel au maximum : Ainsi le temple où Rambo rencontre Bo Cao est entièrement construit à quelques pas de l’hôtel (l’immense Bouddha jaune que l’on aperçoit y est construit sur son parking !). Pour ce qui est de la base militaire, il s’agit en fait d’une base de l’armée de l’air mexicaine, prêtée pour l’occasion à l’équipe du film en plus de quelques avions. Les soldats mexicains servent même de figurants, le réalisateur leur donnant pour ordre de n’apparaître que de dos afin qu’on ne voit pas qu’ils sont latinos. Idem pour les figurants, qui seront recrutés dans tous les restaurants asiatiques du coin…

Le décor le plus problématique sera celui de la rizière dans laquelle l’hélicoptère vient évacuer les prisonniers, et qui devra être construit de toute pièce par l’équipe du film dans la jungle mexicaine et ne servira que le temps d’une seule prise.

Le film se tourne durant l’été 1984, l’ambiance est détendue et l’équipe de tournage peut se reposer sur la plage à quelques pas des lieux du tournage entre deux prises… Jusqu’à ce qu’un ouragan détruise la plupart des décors du film et souffle sans interruption pendant une semaine. Peu importe pour Cosmatos et Stallone qui mettent à profit cette semaine enfermée dans l’hôtel pour filmer des plans d’inserts et de coupe, notamment la fameuse et iconique scène durant laquelle Rambo s’équipe de son arsenal pour partir au combat (arsenal qui n’a d’ailleurs rien de simuleée dans le film puisque la plupart des armes utilisées sur le tournage sont de véritables armes de guerre, utilisées sous l’impulsion du réalisateur dans un soucis de crédibilité).

Stallone profite également de ce repos forcé pour durcir son entraînement : Au huit mois de préparation qu’il a réalisé avant le tournage, il rajoute 2 heures de sport le matin, dix à douze heures de tournage et enfin 2 à 3 heures de sport supplémentaire le soir avant de s’accorder 6 heures de sommeil ! Stallone tient à garder la forme pour le tournage et pour enchaîner sans faillir celui de Rocky IV, qu’il doit tourner dans la foulée.
Fatigué, Sly est du coup un peu sur les nerfs et se révèle un peu agressif et sensible sur le tournage, il craque d’ailleurs durant le tournage de la scène finale (où il détruit le matériel de Murdock avec une mitrailleuse), sa crise de nerfs n’étant pas une simulation…

Le tournage est aussi marqué par le décès d’un des responsables des effets spéciaux, tué par une charge explosive qu’il était en train de mettre en place.

A l’image du premier opus, Rambo II : La Mission sera un succès monumental et engrangera plus de 300 millions de dollars de recettes de part le monde.
Si le public est au rendez-vous, ce n’est pas le cas de la critique qui est lapidaire avec le film : Si tous saluent son esthétique soignée, son (supposé) coté guerrier et pro-américain rebute, voir dégoûte et certains critiques ne mâchent pas leurs mots, faisant du film une sorte de célébration anti-communiste et pro-reaganienne. Et la récupération du film par ledit président ne va pas aider à se débarrasser de cette réputation : Le président républicain cite le film à tout va, ce qui choque et gêne profondément Stallone mais moins Cosmatos qui pense que les déclarations du président en place à l’époque ne sont pas à prendre au sérieux.

Si Rambo II : La Mission est souvent taxé de film de guerre basique et pro-américain, en grattant la surface du film, on se rend compte que ce n’est pas vraiment le cas, et qu’il est bien plus que ça : Les thématiques sont les mêmes que celles du premier film, celui d’un soldat trahi par son propre pays en quête de rédemption qui s’accroche malgré tout à ses idéaux coûte que coûte.
Cette thématique du soldat trahi mais idéaliste est d’ailleurs particulièrement présente puisque dans Rambo II, même Trautman se raccroche à cette vision et se retrouve, à une autre échelle, dans la même situation que Rambo : Subjugué par la couardise et les mensonges de Murdock, celui-ci s’insurge contre les politiques et la bureaucratie à de nombreuses reprises, prenant fait et cause pour celui qui dans le fond, est une sorte de fils pour lui. Cette relation père fils entre Rambo et Trautman est d’ailleurs plus intéressante, sous-jacente dans le premier film, elle est ici plus claire, renforcée par le fait d’aller sauver d’autres prisonniers de guerre, des frères d’armes pour Rambo : Père, frère, la boucle est bouclée et la recherche d’une véritable famille pour Rambo peut-être considéré comme le véritable discours du film.

Violent, spectaculaire et brutal, Rambo II est certes un blockbuster d’action dans ce qu’il a de plus basique mais se révèle d’une qualité presque jubilatoire : Son rythme effréné, sa réalisation soignée, son interprétation sans faille et ses thématiques fortes d’honneur et de vengeance en font un spectacle hors du commun, distrayant pour les uns et bien plus cérébral qu’il n’y paraît pour les autres.

Un film d’action ancré dans son époque, qui n’a pas autant souffert des affres du temps que d’autres films du même genre et de la même époque et continue, décennies après décennies, à se trouver de nouveaux adeptes. La véritable marque des grands films.

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A l’image de la situation de Sylvester Stallone après le succès de Rambo premier du nom, l’après Rambo II sera pour Sly un cap compliqué : Si Rambo II, Rocky IV et Cobra ont été des succès monumentaux, la déconfiture engendrée par le flop de Over The Top (une production Cannon dans laquelle l’acteur croyait énormément) dans lequel Sly s’essayait au drame familial sur fond de concours de bras de fer (Nda : Un film que personnellement j’adore pour son coté naïvement surréaliste et nanardesque) a considérablement nuit à son image.
Rajoutez à cela son divorce d’avec l’actrice Brigitte Nielsen (qu’il avait épousé après avoir quitté la femme de ses deux enfants…) qui lui coûte 15 millions de dollars et vous comprendrez qu’au moment de débuter le tournage de Rambo III, le moral de l’acteur n’est pas au beau fixe…

Vaille que vaille, Stallone accepte néanmoins de mettre en chantier Rambo III, toujours avec Carolco qui pour l’occasion débourse 63 millions de dollars, dont plus d’un quart sont destinés à Stallone.
Pour le script, Stallone et Carolco veulent du solide et c’est le débutant Sheldon Lettich, ancien combattant du Vietnam et tout juste auréolé du succès de Bloodsport dont il a écrit le scénario, que revient la tache d’écrire les nouvelles aventures de notre héros soldat.

Si l’idée première du scénario est celle que l’on verra dans le film, au début, Stallone et Carolco ne sont pas trop chaud pour que l’action se situe en Afghanistan, jugeant que la situation là-bas était encore à l’époque très chaotique et que si les Russes se retiraient du pays avant la sortie du film (ce qui se passa), celui-ci perdrait du coup de son impact. Lettich écrit alors un autre script dans lequel Rambo se rend en Sibérie afin de secourir un pilote américain qui s’est crashé là-bas. Après plusieurs tractations, c’est finalement la version d’origine qui est retenue : Rambo se rend en Afghanistan afin de secourir le colonel Trautman, fait prisonnier par des russes.

Le scénario établi, ne reste plus qu’à trouver un réalisateur et contrairement à Rambo II, où tout s’était plus ou moins bien passé de ce côté, le tournage de Rambo III va commencer par un faux pas : Suite à son succès avec Highlander, Stallone et Carolco, engagent l’australien Russell Mulcahy mais celui-ci ne se révèle pas à la hauteur.
En effet, les premiers plans livrés par celui-ci ne sont pas en adéquation avec l’intention et l’esprit du film : Rompu aux plans larges, Mulcahy ne filme pas les scènes comme il faut, les premiers visionnages ne plaisent pas à Stallone et d’un commun accord, Mulcahy décide de quitter le projet.
Avec le recul, Mulcahy avoue avoir choisi de tourner Rambo III trop rapidement et sans réfléchir et que c’était plus un choix de carrière et de fan qu’autre chose : La perspective de travailler avec Sylvester Stallone était trop alléchante, si bien qu’il n’a pas assez réfléchi si il était à la hauteur. Il sera finalement remplacé par Peter McDonald, le réalisateur de la seconde équipe (qui avait déjà occupé ce poste sur Rambo II).

Des scènes tournées par Mulcahy, il ne sera gardé qu’une vingtaine de minutes dans le montage final : L’attaque du fort russe, la scène où Trautman est capturé par les russes, celle où Rambo est assis sur le temple bouddhiste et plusieurs passages dans les grottes afghanes…

Avant Mulcahy, le chef opérateur Gerry Fisher déclarait déjà forfait suite à des problèmes de santé, remplacé au pied levé par Ric Waite, celui-ci ne s’entend pas avec Stallone et est lui aussi remplacé par David Gurfinkel, le chef opérateur de Delta Force (avec Chuck Norris) et Over The Top (cité plus haut)…

Tant bien que mal, le tournage commence, d’abord en Thaïlande (ironiquement là où George Cosmatos comptait filmer Rambo II) puis en Israël.

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Aussi à l’aise à cheval que sur un tank, dans la jungle que dans le désert, Rambo est un soldat redoutable.

Le tournage se déroule sans encombre, le professionnalisme de Peter McDonald faisant des merveilles. Seulement, l’équipe ne peut pas tourner ce qu’elle souhaite, la situation est tendue, et le gouvernement israélien a peur que la présence d’une équipe de tournage américaine usant d’effets pyrotechniques dans leur pays, n’attise les intentions d’actes terroristes : Les israéliens finissent par résilier l’autorisation de tournage et le combat final sera finalement tourné dans le désert de l’Arizona.
Sur place, un groupe d’amateur d’histoire militaire vient prêter main forte à l’équipe et 250 de ses membres vont faire de la figuration, une aubaine pour l’équipe du film qui n’a pas besoin de briefer ces figurants providentiels.

Le tournage terminé, plusieurs scènes sautent au montage, notamment une fin alternative bien plus intéressante que celle retenue montrant Rambo donner ses adieux à Trautman en décidant de rester en Afghanistan pour combattre avec les moudjahidin.

Au final, Rambo III sort le 25 mai 1988 et récolte 54 millions de dollars de recettes aux États-Unis, soit 100 millions de moins que Rambo II. La critique est du même tonneau que pour le deuxième opus mais le film est cette fois-ci moins défendu par la presse spécialisée, signe que la saga commence à lasser…

Spectaculaire mais beaucoup moins intéressant sur le fond que le second film, Rambo III pêche par un scénario basique, à la structure beaucoup trop classique et prévisible pour réellement convaincre : Les personnages sont caricaturaux, et l’ensemble du film ressemble plus à un comic book de guerre des années 70 qu’à une véritable fable violente mais dénonciatrice des excès de la guerre et ces dégâts sur les hommes qui la font comme l’était le premier et dans une autre manière, le second.
Un film de guerre et d’action « à l’ancienne », sorti trop tard qui peinera à trouver un public et signera une pause longue de vingt ans avant de revoir notre soldat fétiche faire son retour sur le grand écran.

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En 2007, Sylvester Stallone est considéré comme un has been : Même si son Rocky Balboa en 2006 lui a fait regagner l’estime des critiques, pour ce qui est du cinéma d’action, il a la réputation d’être un vestige d’une autre époque.
Nous en sommes au stade où le cinéma d’action rime maintenant avec spectaculaire et effets spéciaux à outrance : Les super-héros commencent lentement à coloniser le genre (les Spider-Man de Sam Raimi sont alors au firmament et Iron Man ne tardera pas à changer la donne), Matrix a instauré des nouveaux standards et les nouveaux Star Wars et Avatar l’année suivante vont définitivement asseoir les effets spéciaux numériques comme le porte étendard du divertissement populaire.

Exit donc les Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et autre Arnold Schwarzenegger, considérés comme des bastonneurs écervelés dorénavant abonnés aux productions bâtardes souvent à mi-chemin entre action, science-fiction ou épouvantes de bazar (les navrants La Fin des Temps, A l’Aube du 6éme Jour et Dommage Collatéral ne seront pour Arnold que de mauvaises parodies de son heure de gloire) souvent relégués au fond des bacs à DTVs.

Mais pas Sylvester Stallone. Ce dernier n’a jamais été appâté par l’argent facile et la renommée et reste un homme faisant du cinéma avec son cœur. Plutôt que d’enchaîner les séries B comme le fait JCVD, il préfère prendre son temps, observe le monde du cinéma et en 2007 profite d’une accalmie et d’un renouveau du cinéma d’action « à l’ancienne » avec la saga Jason Bourne (dont il avoue être un fan inconditionnel) pour placer son John Rambo.

Plus qu’une simple suite, Stallone a l’ambition de faire du nouvel opus des aventures du soldat torturé un renouveau pour la licence et d’en changer radicalement l’image que le grand public a de son héros.
Avant cela, il y a un problème de taille : Carolco ayant fait faillite, les droits de la saga sont maintenant entre les mains de Miramax et des frères Weinstein… Nous ne sommes pas encore à l’heure du scandale MeToo mais Stallone connait la réputation des frangins consistant à remonter les films à leur convenance et les fondateurs de Miramax connaissent l’obsession de Sly pour le contrôle absolu, deux points de vue opposés, incompatibles. Ils lui ont déjà présenté de nombreux scripts mais aucuns ne lui ont jamais plu au point de rempiler, lui même leur ayant déjà proposé une histoire dans laquelle Rambo accompagne un groupe de missionnaires en Afghanistan, sans qu’il reçoive un écho favorable.
Finalement, les droits échouent entre les mains du vieux briscard producteur Avi Lerner et sa société Nu Image/Millenium Films : Avi Lerner est comme Stallone, un vestige, un gars qui bosse à l’ancienne et est donc l’homme providentiel pour produire un nouveau Rambo.

Stallone se met tout de suite à l’écriture d’un nouveau script. Il part d’abord sur une idée datant de 1997 dans laquelle la fille de Rambo âgée de 10 ans était enlevée par un groupe terroriste d’extrême droite. Très inspirée par les attentats de Timothy McVeigh, cette idée est vite abandonnée suite aux attentats du 11 septembre 2001. Il pense ensuite à une histoire se passant au Mexique : La fille de la gouvernante du ranch où il vit maintenant aux États-Unis ne revient pas d’un week-end au Mexique avec ces amis, et Rambo s’y rend afin de la retrouver et se retrouve au beau milieu d’une sombre affaire de kidnapping et de rançon, le forçant à reprendre les armes. Si l’histoire lui plaît, il ne la trouve par contre pas assez convaincante pour réinstaller le personnage de Rambo dans l’inconscient collectif comme un personnage crédible. Il gardera néanmoins cette idée sous le coude et la ressortira dix ans plus tard pour Rambo : Last Blood, sorti récemment.

A la recherche d’un contexte plus en adéquation avec l’esprit du personnage, Sly fait ses propres recherches sur les théâtres de conflits armés de par le monde et apprend ainsi l’existence de la guerre civile faisant rage en Birmanie : Là-bas, les rebelles Karen mènent une guerre acharnée contre le gouvernement depuis plus de 50 ans et ce conflit est peu médiatisé, le terreau idéal pour y placer son héros et l’action de son film. Stallone exhume son idée d’accompagnement d’un groupe de missionnaires autrefois proposé aux Weinstein et le délocalise en Birmanie : Avi Lerner est très enthousiasmé par l’idée et son côté très réaliste, le projet est maintenant sérieux et l’éventualité d’un tournage n’en est plus une, Rambo est de retour !

L’histoire définitive est donc la suivante : Réfugié à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, John Rambo ne veut plus entendre parler de guerre et vit en capturant des serpents et en les revendant à un organisateur de spectacles. Il est alors contacté par un groupe de missionnaires chrétiens américains souhaitant remonter le fleuve Salouen jusqu’en Birmanie afin d’apporter des vivres et des médicaments au peuple Karen, harcelé par l’armée birmane. Rambo refuse mais devant l’insistance d’une des jeunes femmes membres de l’expédition, fini par céder. Il dépose le groupe et s’en va mais quelques jours plus tard, le responsable du groupe humanitaire, venu spécialement des États-Unis, lui annonce qu’ils ont été capturés par l’armée birmane et lui demande d’accompagner un groupe de mercenaires qu’il a engagé jusqu’à l’endroit où il les a laissés. John fini par accepter et prend part à la mission de sauvetage : Lui qui croyait échapper à la guerre se retrouve de nouveau sur le champ de bataille…

Pour la réalisation, Stallone pense à Luc Besson (!?), Richard Donner, Renny Harlin, Ridley Scott ou James Mangold avant de songer très sérieusement à s’y coller lui-même. Même si il n’est pas sûr de lui au début (il n’a définitivement pas changé avec les années) il en vient à la conclusion que c’est la solution la plus logique : Pour réaliser un Rambo, qui de mieux que Rambo lui-même ?

Avant de commencer le tournage, Sly revisionne les trois premiers films et s’entretient même longuement avec David Morell, le créateur du personnage et Ted Kotcheff, le réalisateur du premier film. Morell se révèle très enthousiaste lorsque Stallone lui expose le nouvel univers, plus réaliste dans lequel il veut inclure le personnage, ravi que l’acteur revienne aux sources du personnage, plus en adéquation avec celles qu’il a créé. Stallone avouera qu’avec le temps, il n’aime plus les opus Rambo II et III et qu’aujourd’hui, il lui semble plus glorifier la violence qu’autre chose, d’où son intention de revenir aux sources du personnage.
Paradoxalement, John Rambo sera le plus violent de la saga, voir versera carrément dans le gore, ce que Stallone expliquera par le fait que comme l’action se situe dans un contexte réaliste et un conflit durant lequel des exactions atroces sont perpétrées, cette violence est justifiée et ne doit pas être aseptisée.

Au niveau du casting, seule Julie Benz, remarquée par Stallone dans la série Dexter est un visage connu, tous les autres acteurs le sont peu ou pas du tout. Pour ce qui est des figurants locaux, l’acteur réalisateur voulait des gens authentiques, afin d’être raccord avec le côté réaliste du film : Les acteurs sont donc des anciens combattants birmans, des réfugiés Karen ou des victimes amputées de mine anti-personnelles. Le principal antagoniste du film, Tint est en fait interprété par un des chefs de la résistance Karen, Muang Muang Khin.

Il fut un temps question que James Brolin reprenne le rôle du colonel Trautman incarné dans les trois opus précédent par Richard Crenna et décédé en 2003, mais Stallone abandonna l’idée, ne faisant apparaître le personnage que lors de flashbacks.

Pour la petite anecdote, la voix française du reporter qui présente le conflit birman au début du film est celle de Patrick Poivre d’Arvor, malheureusement non-créditée.

Reste à trouver un lieu de tournage : Impossible de tourner en Birmanie, l’équipe part alors pour 5 mois en Thaïlande. Mais la tache va s’avérer ardue, des agents Birmans sont disséminés un peu partout en Thaïlande et apprenant que le film prendra place dans leur pays, surveille de prêt l’équipe de tournage. Décision est prise de s’éloigner un peu du centre du pays vers le nord, plus calme, non loin de l’endroit où fur tourné plusieurs scènes de Rambo III.

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Rambo durant l’impressionnante scène de fusillade, point d’orgue d’un film qui ne fait pas de quartier.

Là encore, retour aux sources et à l’image du tournage du premier opus, celui de ce nouvel opus/reboot va s’avérer infernal. Les lieux de tournage sont tellement éloignés qu’il faut parfois s’y rendre à dos d’éléphant, la chaleur est écrasante (il fait parfois plus de 40 degrés), l’atmosphère est humide et les serpents, omniprésents font vivre un véritable enfer à l’équipe : Ils se nichent partout, dans l’équipement, les costumes et même les chaussures et l’équipe doit continuellement être sur ses gardes pour éviter une morsure, certains étant très venimeux. Paradoxalement, c’est cette abondance de reptiles qui inspirera à Stallone l’idée que Rambo gagne sa vie en les capturant car fidèle à sa réputation, l’acteur / réalisateur réécrit régulièrement le script au fur et à mesure du tournage.
Comme si ça ne suffisait pas, le pays subit au même moment ce que les autochtones appelle « Saison des flammes », les températures sont écrasantes et des feux de forêt se déclarent tout autour des lieux du tournage : L’armée intervient pour maîtriser et éteindre les incendies, des membres de l’équipe tombent malade où s’intoxiquent avec les fumées, la situation est cauchemardesque. En quelques jours, vers la fin du tournage, la situation s’inverse et l’équipe doit essuyer 29 jours d’affilée de pluie, trempant le matériel et surtout faisant sortir de terre des serpents et une multitude de bestioles comme des milles-pattes, scorpions et autres insectes, mais aussi, plus grave, des mines, vestiges de combats ayant eu lieu dans la région !

Au rayon des petites anecdotes, citons l’impossibilité en Thaïlande d’utiliser des tronçonneuses : Cet outil étant considéré dans ce pays comme une arme, toutes les opérations de maçonnerie en bois et de déboisage durent être effectués par l’équipe (pour la plupart des locaux), à la scie et à la hache !

Même éloignés, les soldats Birmans continuent malgré tout de faire parler d’eux et la star hollywoodienne reçoit quotidiennement des menaces de mort et des coups de feu, bien réels sont régulièrement entendus aux alentours du campement, forçant l’équipe à souvent déménager. Une chance néanmoins, profitant de sa renommée, Stallone se lie d’amitié avec les gardes du corps du roi de Thaïlande et obtient que dix d’entre eux montent la garde en voiture blindés devant l’hôtel où réside l’équipe : On est loin du faste des tournages des second et troisième films… Le tournage est tendu, et force et de reconnaître que ça se ressent dans le film.

Le tournage terminé, Stallone craint alors une autre variété de prédateur : Les censeurs du MPAA, l’organisme chargé de réguler la violence et le contenu des films aux États-Unis. A sa grande surprise, le film est approuvé sans aucune coupe, l’organisme trouvant que comme le film est inscrit dans un contexte réaliste, la violence y est justifiée : Le film est néanmoins rated R (interdit au moins de 16 ans).

Pour la première fois de sa carrière, Stallone va utiliser internet et les réseaux sociaux (à l’époque à leur balbutiement) pour promouvoir son film : Il va se servir du site Ain’t It Cool News via une bande annonce ultra violente de 3,30 minutes (constituée notamment d’extraits qui n’apparaissent même pas dans le montage final) et aussi en lisant longuement les différents avis sur le site, restant néanmoins fidèle à sa réputation d’être très en phase avec les désirs du public.

A sa sortie, les critiques sont éberluées par le spectacle d’une violence extrême que le papy de l’action leur sert : Sauvage, barbare, le film est d’une violence en totale contradiction avec tout les codes des films d’action de l’époque, aseptisés et propres, dans John Rambo, la guerre est sale, violente et Stallone le montre sans fioriture et ne cache rien au public, des viols aux infanticides, l’horreur de la guerre est montrée de façon crue et frontale. John Rambo est un film intensément violent, le plus violent de la saga et même de tous les films que le sexagénaire qu’on croyait fini a pu livrer de sa carrière.

Le ton réaliste emporte l’adhésion du public : David Morell en tête qui jubile en voyant le film, le considérant comme la seule et unique véritable suite de son roman, la consécration ultime pour Stallone. Il en sera de même de par le monde, même en Birmanie où le film sera logiquement interdit mais sera copieusement piraté et distribué illégalement avec l’approbation de Stallone et son producteur, Stallone recevra même des emails et des messages d’étudiants birmans proches des rebelles Karen, le remerciant pour l’image réaliste que son film donne du conflit déchirant leur pays. Les rebelles Karen s’approprieront même l’un des dialogues du film : « Vivre pour rien, mourir pour quelque chose » et en feront leur slogan, l’une des plus grandes fiertés de Sylvester Stallone.

L’intention de changer radicalement l’image du personnage auprès du grand public est de plus totalement réussie : De super-soldat chauvin et porte-étendard, Rambo devient une machine de guerre désabusée, crachant sur son passé, ne croyant plus en rien, même pas en son pays natal qu’il a décidé de renier en s’exilant sur l’un des pires champs de bataille au monde. Rambo n’est plus un soldat, c’est une âme perdue, sans but, se rendant compte qu’il ne sait faire que la seule chose qu’il déteste le plus : Tuer… La réplique emblématique du film « Je n’ai jamais tué pour mon pays, j’ai tuer pour moi » balaye le patriotisme supposé que des critiques mal informés et paresseux avaient collé au personnage avec les deux suites au premier film. Avec John Rambo, Stallone ne fait pas que détruire l’image de son personnage, il la dynamite pour la re-sculpter et en faire ce qu’il aurait dû toujours être, un symbole de l’absurdité de la guerre, véritable machine à briser les hommes.

Afin d’être totalement raccord avec ce concept, Stallone change physiquement, prend du poids et se détache de l’image de soldat de magazine aux muscles saillants, presque caricaturale, qu’il s’était construit de lui-même notamment dans le second film : Stallone ne fait pas que déconstruire son personnage, il se réinvente lui-même.

Ont peut néanmoins reprocher au film quelques petits détails, notamment des méchants totalement superficiels, caricaturaux et inintéressants et même si le film est inscrit dans un contexte et un conflit réel, il n’en est quasiment jamais question, notamment les raisons de la guerre civile en Birmanie (le lien entre l’armée birmane et les réseaux de trafiquants de drogues par exemple).

John Rambo est un film charnière dans la (nouvelle) carrière de Stallone, prouvant que l’on avait tord d’avoir enterré Sylvester Stallone et que l’homme en avait encore beaucoup sous le capot.

La version Director’s cut

A l’occasion de la sortie blu-ray du film, Stallone exprime le souhait de réaliser une version director’s cut. Une version dite « extended cut » sortira ainsi deux ans plus tard, légèrement moins violente et plus longue d’une vingtaine de minutes, contenant plus de dialogues et mettant l’accent sur les réflexions du héros, notamment sur son propre statut. La principale différence est surtout lors d’une des scènes clés du film, la fameuse scène où Rambo forge son couteau, soutenu à l’origine par un long monologue, dans l’extended cut elle est remplacée par une prière du prêtre de expédition. Ce changement sera d’ailleurs très mal vu par la plupart des fans qui, sarcastiquemen, renommerons cette version du film le « Catho-cut », Sylvester Stallone ne cachant pas son retour au catholicisme, surtout depuis la naissance d’une de ses filles née avec une maladie qui nécessita une intervention assez lourde. Mais pas d’ambiguïté : Si Stallone est catholique, il n’en ai rien de son héros qu’il décrit comme un athée borderline qui ne croit plus en rien, même si à fréquenter les membres de la mission qu’il doit escorter, leur foi fini par le faire s’interroger sur lui-même.

Personnellement, je préfère la version director’s cut (même si j’avoue que le passage de la prière m’a un peu fait faire la moue) qui approfondi plus les relations entre les personnages et leurs psychologies.

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Si le premier film fut inspiré du roman éponyme, les deux opus suivants furent quand à eux adaptés en romans : Chose peu commune, c’est l’auteur du roman original qui adaptera lui même les scénarios des films.

Tout d’abord, une novélisation, c’est quoi ? Cette mode, surtout très répandue dans les années 70/80, consistait à adapter en roman les films à succès et de sortir conjointement ces versions de papier à la sortie du film dans les salles. La mode passa dans les années 90/2000 au profit des romans spin off (des histoires alternatives se déroulant avant ou pendant l’action d’un film) et depuis quelques années, ce genre d’adaptations semble de plus en plus revenir dans les étalages des libraires.

Bref, Rambo II fut donc adapté en roman par David Morell : Andrew Vajna et Mario Kassar voulait absolument que ce soit l’auteur du roman original qui adapte le film, déjà pour la publicité que cela lui ferait (donnant ainsi l’impression que le créateur approuve le second film, ce qui ne fut pas le cas puisque Morell avouera ne pas l’avoir aimé) et ensuite parce que le contrat de Morell contenait une clause disant qu’il n’y avait que lui qui pouvait écrire des romans utilisant son personnage.

Ce qu’il faut savoir sur les novélisations, c’est qu’en général, elles sont écrites sur la base des premiers jets des scénarios, ce qui en fait donc des objets intéressants pour les fans car ils sont souvent très différents des films, et ajoutent ou relatent de façon différente les événements vus à l’écran, ce qui est le cas pour Rambo II.

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Pour Rambo II, David Morell se voit confier pour réaliser son adaptation la version finale du script et, gêné par le trop grand nombre de scènes d’action et le peu de passages à exploiter dans une version romancée, demande si il n’y a pas d’autres versions du script à lui confier : Les producteurs lui envoie alors la version de James Cameron. Morell est ravi : La version de Cameron est plus dense, contient plus de personnages et de dialogues, lui donnant du coup plus de matière à exploiter, selon ces dires, la version de Cameron fut à ces yeux « un véritable lingot d’or » en comparaison de la version finale. Toujours selon Morell, la version romancée qu’il a écrit est constituée à un tiers de la version du film, un autre tiers de la version de Cameron et le dernier tiers de matériel original, créé par lui-même pour l’occasion.

Comme le film, la novélisation de Rambo II : La Mission sera un succès, restant plus de six semaines en tête des ventes.

Pour Rambo III, c’est encore une fois David Morell qui s’y colle et l’écrivain va pâtir des réécritures continuelles que le film subi au fur et à mesure du tournage : Il est très satisfait de la première mouture et y remarque tout de suite des personnages et scènes intéressantes à exploiter, notamment une femme médecin s’occupant d’enfants afghans blessés et certaines scènes spectaculaires, notamment Rambo traversant à pied une tempête de sable ou manquant de se faire écarteler par des cavaliers. Malheureusement, Morell reçoit, deux, trois puis quatre versions du scénario dans lesquelles ces personnages et scènes sont atténués puis disparaissent complètement… Lassé, il appelle les producteurs pour leur demander quelle version il doit utiliser ou si le scénario est encore susceptible d’être réécrit : Les producteurs lui confient que le scénario est encore continuellement réécrit sur le tournage et qu’il est susceptible de recevoir encore de nouvelles versions. D’un commun accord avec les producteurs, il fini par utiliser la toute première mouture du scénario, la plus solide et la plus intéressante selon lui, faisant de la novélisation un récit bien plus complet que le script final du film.

Dans un autre registre, il existe un autre roman titré Rambo : Year One, qui relate les premières années de John Rambo dans l’armée américaine, son entraînement et ces premières missions au Vietnam.

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Écrit par un auteur inconnu (probablement italien, les derniers chapitres n’étant disponibles que dans cette langue) utilisant le nom de plume de Wallace Lee, il s’agit de plusieurs courtes nouvelles qui sont tout d’abord publiées sur un blog, avant que celui-ci ne soit fermé par les ayants droit de la licence.
Néanmoins, la qualité des récits est saluée par la plupart des lecteurs et critiques, notamment pour leur véracité et exactitude historique, l’auteur avouant s’être longuement documenté avant d’écrire ce qui est, dans les faits une fan fiction, certes beaucoup plus élaborée et d’une qualité bien supérieure à la plupart des récits de ce genre, mais une fan fiction quand même.

La qualité des récits sera tellement étonnante que David Morell (sans toutefois les confirmer comme faisant partie intégrante de l’histoire de son personnage) lui-même finira par donner son autorisation pour qu’elles soient publiées, à condition que ce soit de façon totalement gratuite. Ces récits inédits comportent pour le moment cinq courtes nouvelles d’à peu près 150 pages chacunes, téléchargeables gratuitement sur le site. Les trois premières sont disponibles en italien et en anglais et les deux dernières uniquement en italien.

Personnellement, je ne les ai pas lu mais elles ont toutes eu de très bonnes critiques, saluant la fidélité de l’univers auquel elles appartiennent et leur exactitude historique. Elles ont même reçues de nombreux prix littéraires, notamment en Angleterre (Golden Book Award) et en Italie (Calvino Award, un des prix littéraires les plus prestigieux en Italie).

Si lire un roman en anglais ou en italien ne vous dérange pas, vous pouvez télécharger ces nouvelles sur le site officiel, à l’adresse suivante : site officiel

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Contrairement à mon habitude, je ne vais pas m’étendre sur les comics inspirés par cette licence et ce pour deux raisons : La première et qu’il y en a eu très peu (d’officiels) et la seconde et que les autres (plus nombreux) sont des BD non officielles.
Néanmoins, ces comics existent et je me dois donc quand même de leur consacrer quelques lignes.

Officiellement, il n’y a eu que deux comics officiels inspirés par l’univers de Rambo, tout deux publiés par le petit éditeur Black Thorn Publishings.

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Le premier est l’adaptation du film Rambo III, publié quelques mois après la sortie du film.

Étonnement on retrouve un grand nom de l’époque au scénario et habitué de cette rubrique, le grand Bruce Jones, que je n’ai plus besoin de présenter. Aux dessins, c’est un certain Charlie Baldorado qui comme son nom ne l’indique pas, un dessinateur philippin sur qui je n’ai honnêtement pas trouvé grand chose… Il a, de ce que j’ai pu trouver sur le net, surtout illustré des histoires romantiques, d’horreur ou policières chez des petits éditeurs philippins, cette adaptation de Rambo III étant son seul travail notable aux États-Unis.

Il s’agit là d’une adaptation classique du film, la violence y est amoindrie pour que le comic soit accessible aux plus jeunes lecteurs, c’est d’ailleurs plutôt étonnant de la part de Bruce Jones qui nous a habitué à des histoires plus mature. Visuellement, le style de Baldorado est plutôt clair, ce qui dénote un peu avec l’ambiance « sale » et guerrière du film.

Une curiosité aisément dispensable, à réserver aux fans les plus complétistes.
A noter que le comic sera réédité dans une version en 3D, dans le numéro 49 de la revue Blackthorne 3D Series.

Le second est publié en 1989 et présente une histoire originale, se déroulant plus ou moins après les événements du troisième film.
C’est écrit par Ron Fortier, un scénariste qui a surtout œuvré sur des comics à licence (Terminator version NOW Comics, Green Hornet ou encore Popeye) et dessiné par un futur grand artiste, Aaron Lopresti qui en est à l’époque à ses débuts.

Alors qu’il croit s’être mis au vert suite aux événements du troisième film, un de ses anciens frères d’arme qu’il croyait mort réapparaît accompagné d’une escouade et confronte Rambo : Notre héros va devoir faire face à cette menace en se réfugiant dans les montagnes et renouer avec ses réflexes de combattant.

L’histoire est assez originale mais sa courte durée (il s’agit d’un one shot) ne permet pas vraiment de développer les personnages et paraît du coup rapidement expédiée. Pour ce qui est des dessins, Lopresti débute mais prouve déjà qu’il a du talent et maîtrise plutôt bien les séquences d’action, notamment les mouvements et les scènes de combats.

Un comic intéressant, malheureusement resté sans suite…

Il y a également eu un autre comic officiel, dérivé de la série animée (voir plus bas) qui compta plusieurs numéros, mais visiblement ce comic était exclusif au marché sud-américain, seulement deux de ces comics furent traduits en anglais et re-titré Rambo Children’s Annual (Sigh…) en 1986 et 1987. Les dessins, visiblement confiés à des artistes locaux, oscillent souvent entre le pas terrible et le désastreux, une curiosité exotique qui comme la plupart des comics Rambo, n’intéressera vraiment que les fans les plus assidus du personnage.

Après le matériel officiel, passons maintenant aux versions non-officielles.

La toute première date de 1987 et se nomme GI Rambot chez Wonder Color Comics, il s’agit d’une version futuriste du héros, sorte de mélange indigeste entre GI Joe, Transformers et donc Rambo. Dans un futur indéterminé, les grandes nations se font la guerre par le biais de robots géants et les soldats sont relégués au statut de simples manutentionnaires ! C’est sans compter Ram (Bo ?), l’un des rares soldats humains encore vivants qui décide un beau jour de prendre les armes et faire la guerre aux robots.

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C’est proprement ridicule et typique des comics des années 80, la série se contentera d’un seul numéro avant d’être annulée.

Le second comic non-officiel est un comic au format poche sobrement intitulé Rambo Pocketkomiks.

Pour être franc, je n’ai pas trouvé grand chose sur ce comic, hormis quelque scans de couvertures sur le net, je pense qu’il s’agit très probablement de comic pirate, publié à l’étranger (probablement en Asie et plus précisément, je pense, aux Philippines, vu que certains comics ont des titres écrit en Philippin) et utilisant l’image du célèbre héros de cinéma.

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(Oui, oui, vous avez bien lu…)

Suite au succès de Rambo II : La Mission, Carolco décide de produire en 1986 une série animée basée sur le personnage de Rambo. Une idée saugrenue, qui débouchera tout d’abord sur une mini série de 5 épisodes, qui forme en fait une histoire complète, puis reconduite pour devenir une série animée régulière qui durera tout de même 60 épisodes.

Le personnage est directement inspiré de celui des films : John Rambo, sous les ordres du Colonel Trautman, dirige une équipe de soldats appelée The Force of Freedom, comprenant notamment des personnages issus de diverses minorités, faisant ressemberé l’équipe à une publicité Benetton : Un afro-américain fan de course automobile surnommé Turbo, une jeune asiatique spécialiste en déguisement (légèrement inspiré par le personnage de Co Bao du second film), un ninja (lui par contre très inspiré par Snake Eyes de GI Joe) et enfin un amérindien.

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Rambo et son équipe combattent l’organisation SAVAGE (Specialist-Administrators of Vengeance, Anarchy and Global Extortion) qui selon les épisodes, sont soit des voleurs, des terroristes ou encore des kidnappeurs, changeant de mobiles criminels au gré des besoins des scénaristes.

Pas de surprises, il s’agit là d’une copie de GI Joe utilisant le héros du grand écran. D’ailleurs quand il ne combat pas les méchants du SAVAGE, on y voit régulièrement notre héros animé de stages de survie pour les enfants ou s’occuper d’animaux sauvages. D’un soldat atteint de symptômes post-traumatiques, Rambo devient un soldat écolo, un concept un peu dur à avaler pour les fans du film mais idéal pour les enfants, d’autant plus qu’une ligne de jouets inspirée de la série accompagne la diffusion de la série.

Une série typique des années 80, surtout créée pour vendre des jouets, concept qui d’ailleurs durera plus longtemps que la série animée : Le show s’arrêtera en décembre 1986 mais les jouets continueront d’être commercialisés jusque fin 1987.

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Rambo dans sa version de plastique

Les musiques de Jerry Goldsmith composées pour les deux premiers films seront largement réutilisées dans la série, notamment la musique que Goldsmith a composé pour la bande annonce de Rambo II : La Mission, qui sera utilisée comme thème des génériques de début et de fin.

La série sera diffusée intégralement en France, sur La Cinq, au début des années 90.

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Rambo a, comme beaucoup de héros de son époque, eu droit à quelques déclinaisons en jeu vidéo, petit tour d’horizon des versions pixelisées du célèbre soldat, pour le meilleur, mais aussi très souvent pour le pire…

Rambo : First Blood Part II (1985) disponible sur Amstrad CPC, Commodore 64 et ZX Spectrum

Le jeu s’inspire du second film et est un jeu de tirs vu du dessus sommaire, mais assez réussi pour l’époque, le jeu aura d’ailleurs de bonnes critiques.

Rambo : First Blood Part II (1986) Sega Master System

Le système de jeu est assez similaire au précédent mais est beaucoup plus réussi : Graphiquement, il est beaucoup plus beau, l’action y est beaucoup plus soutenue et le gameplay plus soigné. Le jeu aura un tel succès qu’il sera réédité une seconde fois aux États-Unis en 1990.

Ce qu’il faut savoir sur ce jeu, c’est que les droits du film seront exclusifs aux États-Unis, au Japon il sera renommé Ashura, Rambo sera remplacé par deux moines bouddhiste guerriers nommés Ashura et Bishamon, partis délivrer leurs camarades prisonniers. Idem pour l’Europe, le jeu, sans la licence Rambo, sera rebaptisé Secret Command et combinera des éléments des versions japonaises et américaines : Dans le manuel, les personnages sont décrits comme étant Ashura et Bishamon, mais leurs designs et le même que celui de Rambo dans la version américaine.

Les versions japonaises et européennes seront rééditées en 2008 en version téléchargeable sur Nintendo Wii.

Rambo (1987), Nintendo NES

Dans ce jeu Rambo combat des cranes, volants… Si, si, il peut aussi !

Malgré son titre, le jeu est en fait l’adaptation du second film et en reprend la trame principale. Il s’agit d’un jeu de tir vue de profil, un peu à la manière du célèbre Contra. Seulement, la comparaison avec Contra s’arrête là car Rambo est un jeu particulièrement médiocre. Le gameplay est d’ailleurs très inspiré par le célèbre Zelda 2, disponible sur la même console et lui-même pas vraiment réputé pour être une réussite. Le jeu commence par la proposition de Trautman d’aller sauver des prisonniers de guerre et, détail amusant,tant que le joueur n’a pas répondu positivement à la demande de Trautman, le jeu ne commence pas. Au début et pendant une grande partie du jeu, Rambo ne fait que combattre des animaux sauvages, mais après avoir récupéré un équipement plus conséquent, il fini par affronter des soldats.

Le jeu est assez répétitif, pas vraiment difficile et une fois qu’on le connait, peut être terminé en un peu plus de 30 minutes.

Au rayon des petites anecdotes, il existe à la fin du jeu une manipulation spéciale qui permet de transformer Murdock… En grenouille en lui lançant un kanji japonais signifiant « Colère »…

Rambo III (1988) Sega Master System

Reprenant l’histoire du troisième film, il s’agit d’un jeu de tirs utilisant le pistolet infrarouge de la console, le système de jeu est similaire au très bon Operation Wolf.

Un jeu assez moyen.

Rambo III (1988) Atari ST, ZX Spectrum, DOS, Amiga et Commodore 64

Encore un jeu d’action vu du dessus, assez sommaire et répétitif. Les différentes versions varient en qualité, en fonction de la puissance de leur support.

Rambo III(1989) Sega Mega Drive

Il s’agit là d’un jeu d’action vu du dessus, similaire à la série des Metal Gear de Konami disponibles sur PC Engine. Graphiquement, le jeu est très beau, le gameplay soigné et l’action est très variée. Les combats contre les boss de fin de niveau sont assez originaux : La vue passe dans le dos de Rambo et le joueur doit utiliser un viseur pour tirer sur son adversaire, souvent des engins de combat comme des hélicoptères ou des chars.

Un bon titre, assez méconnu.

Rambo III (1989) Arcade

Développé par le japonais Taito uniquement en arcade, il s’agit d’un jeu de tir reprenant grosso modo l’histoire du troisième film : On peut y jouer à deux, l’un des joueurs incarne Rambo, l’autre le colonel Trautman.

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Le jeu est vraiment très bon, graphiquement très réussi, bien rythmé et distrayant, c’est très certainement le meilleur jeu tiré de la licence sorti à cette époque, voire à ce jour.

Rambo (2008) Arcade

A l’image du cinéma, il faudra attendre la renaissance de la licence avec le film John Rambo de 2008 pour qu’un nouveau jeu inspiré de la licence voit le jour.

Sorti exclusivement au Japon et développé par Sega, ce Rambo cuvée 2008, est un rail shooter (un jeu de tir où le joueur doit utiliser un joystsick en forme d’arme pour tirer sur des cibles sur l’écran) assez basique. Le jeu est graphiquement réussi mais recevra des critiques assez mitigées et souvent contradictoires, certaines le qualifiant de très mauvais jeu, d’autre trouvant le jeu, même si il n’est pas exceptionnel, assez agréable à jouer.

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La borne d’arcade japonaise du jeu, quasiment inconnu en occident

Personnellement, c’est le seul jeu de cette liste auquel je n’ai pas joué.

Rambo : The Video Game (2014) disponible sur PC, Xbox 360 et PS3

Il s’agit là encore d’un rail shooter, reprenant les histoires des trois premiers films, à l’exception du premier chapitre qui est une histoire inédite, mettant en scène une des premières missions de Rambo au Vietnam. Le jeu est articulé autour de flashbacks de soldats présents à son enterrement, qui se remémorent leur mission en sa compagnie. Au tiers du jeu, il est révélé que la mort de Rambo est en fait simulée et qu’il s’agit d’un leurre afin qu’il puisse allez sauver le colonel Trautman, retenu en Afghanistan, cette mission faisant écho à l’action du troisième film.

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La guerre c’est moche… Ce jeu aussi !

Un chapitre inédit, nommé Baker Team propose de nouvelles missions se situant avant le premier chapitre et sera disponible gratuitement en téléchargement 2 ans après la sortie du jeu.

Malheureusement, si l’histoire est originale, le jeu recevra à raison des critiques désastreuses, lui reprochant ses graphismes hideux, sa modélisation des personnages hasardeuses, sa musique répétitive, son gameplay simpliste et sa durée de vie ridicule : Le jeu peut être finie en à peine 2 heures et est vendu une quarantaine d’euros.

Le site Watchmojo le classera même second dans son classement des pires jeu inspiré de films.

Rambo (2015) disponible sur Androïd et IOS

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La guerre c’est moche… Ce jeu aussi ! (Bis)

Comme le jeu précédent, l’action reprend les événements des trois premiers films au travers d’un jeu de tir en vue subjective largement inspiré par l’excellent Into the Dead, sans en atteindre la qualité… Buggé, à la durée de vie ridicule (à peine une heure) et aux graphismes sommaires, il s’agit là d’un jeu aux intentions purement mercantiles qui surfe sur une licence connue pour soutirer quelques euros aux fans, un jeu comme il en existe des centaines sur smartphones et tablettes.

A éviter.

Saga culte du cinéma d’action des années 80, Rambo fut longtemps victime d’une image biaisée, faisant de son héros un archétype caricatural du héros soldat pro-américain, image souvent dû au succès phénoménal de son second opus, aussi apprécié que décrié. Parodié, raillé et devenu au début des années 2000 le symbole d’un cinéma aux codes éculés et dépassés, il faudra toute la passion et l’engagement de son interprète historique pour le réhabiliter en 2008 au travers d’un film sauvage, violent et surtout réaliste, aux antipodes de ce qu’il était et représenté dans les années 80.
Il est rare qu’un personnage réussisse aussi bien à retrouver sa place deux décennies plus tard dans l’imaginaire collectif, gagnant une nouvelle image et une nouvelle légitimité dans des thématiques plus contemporaines.

L’influence de Rambo dans la culture populaire est manifeste, comment ne pas deviner dans le personnage du Punisher l’influence de John Rambo ? Mais là où la filiation du personnage sera surtout manifeste, ce sera dans le jeu vidéo : Comment ne pas voir dans les personnages de Ghost de Call of Duty, Berkowitz de la série des Wolfenstein ou bien évidemment Solid Snake (qui est un véritable décalque de Rambo) de la série des Metal Gear Solid, l’influence du héros créé par David Morell ?

Personnage qui s’adapte et survi aux modes et au temps, Rambo est une véritable icône et continue plus de 40 ans après sa création d’influencer la culture populaire : La marque des grands personnages de fiction.

final

1 : Plusieurs acteurs et membres de l’équipe tombèrent malades, mais bizarrement, le seul qui tient le coup est Stallone, le seul moment où il tombera malade sera après avoir bu un Brandy offert par un des membres de l’équipe, qu’il digère mal…

2 : Une rumeur raconte que se serait le fils de Stallone qui après avoir vu Terreur à Domicile, une série B d »horreur dans laquelle Peter Weller est harcelé par un rat s’étant introduit chez lui, qui aurait conseillé à son père de considérer le réalisateur comme une possibilité pour Rambo II.

3 :

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