Les Jeudis de l’Angoisse ( Des Comics) #55

Les comics Mortal Kombat

Seconde partie : Les comics Mortal Kombat

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Comme on l’a vu dans la première partie de ce dossier, l’univers de Mortal Kombat est un univers très riche, complet et particulièrement élaboré qui s’est enrichi considérablement au travers des différents épisodes de cette série de jeux vidéos. Et l’un des moyens d’enrichir cette mythologie (parce que je pense que l’on peut clairement parler de véritable mythologie) passera par les comics. Contrairement à d’autres comics à licence issus de jeux vidéos, il faut préciser que la plupart des comics Mortal Kombat font partie intégrante de la chronologie officielle des jeux, les introduisent, en expliquent certains points scénaristiques ou en sont des extensions, d’où l’utilité d’avoir consacré une première partie à la chronologie des jeux vidéos.

Les comics issus de l’univers de Mortal Kombat peuvent se diviser en trois catégories : Les comics promotionnels, les comics publiés par la maison d’édition Malibu Comics et ceux publiés par DC Comics.

Commençons par le commencement avec les comics promotionnels. Ils sont au nombre de six et font partie des items les plus recherchés par les collectionneurs.

Le premier comics Mortal Kombat est publié en parallèle de l’arrivée du premier opus du jeu en salle d’arcade. Le plus intéressant et original sera son mode de diffusion : Ce livre était disponible (dans un premier temps) uniquement en souscription et pour se le procurer il fallait noter les modalités de commande (adresse, moyen de règlement etc.) durant l’attract mode de la borne d’arcade. Pour ceux qui ne sont pas très coutumiers du langage de gamers, un attract mode sur une borne d’arcade est en fait des extraits du jeu, des indications sur la façon de jouer et ou des informations sur le jeu et son univers qui défilent à l’écran quand la borne n’est pas utilisée.

Seulement, les bornes étant victime de leur succès, elles sont peu souvent inoccupées, peu de joueurs auront donc vent de son existence et le comics finira par être vendu dans les circuits de distribution classique.

Ce comics de 17 pages est scénarisé par Ed Boon et John Tobias et dessiné par John Tobias, les deux créateurs du jeu et est distribué par Midway, la société qui a produit le jeu.

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Couverture du premier comics promotionnel

Ce comics, titré Mortal Kombat Collector’s Edition est en fait un prologue du premier jeu : On y découvre ainsi les origines et les motivations des différents combattants qui vont participer au tournoi. Il se conclu par deux pages présentant chaque combattant, sous forme de fiche d’identité.

Il est intéressant sur de nombreux points, d’une part, comme vu plus haut de part son premier mode diffusion, il offre également aux joueurs un véritable background au jeu en creusant les histoires et motivations des personnages, ce qui est encore une fois, très original pour un jeu de combat, genre dans lequel l’histoire et l’univers sont souvent des facteurs très peu mis en avant. Enfin, il instaure malgré lui quelque chose qui perdure encore aujourd’hui, celui de privilégier les joueurs les plus assidus en leur offrant des objets collector, ce qui était assez rare à l’époque, les jeux vidéos étant considérés comme un sous-divertissement pour jeune public : De part sa violence, Mortal Kombat fut un des premiers jeux à se destiner à un public plus mature et les différentes initiatives pour fidéliser les joueurs comme ce genre de comics étaient clairement destinées à ce type de joueurs.

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Shang Tsung invite Raiden, le dieu du tonnerre à participer à son tournoi

Pour ce qui est du comics en lui-même, c’est clairement un objet promotionnel principalement destiné aux fans : Les histoires des personnages sont pour la plupart expédiées en quelques planches et sont assez succinctes, se résumant souvent à « Un tel déteste un tel et va se servir du tournoi pour se venger ». L’aspect promotionnel est renforcé par les fiches de personnages à la fin du comics. Chronologiquement, celui-ci se situe juste avant le premier tournoi.

Très honnêtement, si on est pas fan de la série, ce comics à peu d’intérêt.

Niveau dessin, c’est donc le co-créateur de la série, John Tobias, qui s’y colle et force est de reconnaître que pour quelqu’un qui à peu d’expérience dans le monde des comics, Tobias s’en sort admirablement bien : Si on peut parfois lui reprocher un découpage des planches un peu hasardeux, les personnages sont représentés de façon particulièrement charismatique et il se dégage de chacune de leur apparition une force assez impressionnante.

Visuellement, c’est très étonnement pour un produit de ce type, franchement très beau.

Pour finir, j’ai précisé au début que ce comics faisait parti des items les plus recherchés par le collectionneurs, il est aujourd’hui quasiment introuvable et les fac-similés non-officiels sont légions… Néanmoins, pour le lire il y a internet et les multiples scans faits par des fans ou bien une manière plus légal, ce comics étant déblocable en intégralité dans la Krypte (Les Kryptes des jeux Mortal Kombat étant les endroits où on débloque les multiples secrets des jeux) du jeu Mortal Kombat : Deadly Alliance.

Pour finir sur les anecdotes concernant ce comics, aussi surprenant que ça puisse paraître (encore) il a été traduit et distribué en France… Mais pas sous le format où on peut l’attendre car distribué sous forme de vignettes dans des chewing gums ! Il a donc été traduit puis chaque vignette fut découpée pour être distribuée avec une sucrerie industrielle très dure et particulièrement infecte… Je le sais car j’en ai mâché pas mal étant gamin pour avoir l’intégralité de ces vignettes… Je les ai encore et il faudrait que je remette la main dessus un de ces quatre…

Second comics promotionnel, Mortal Kombat II Collector’s Edition, publié en 1993, conjointement à la sortie du second opus.

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Couverture du comics promotionnel de Mortal Kombat II

Cet opus fut lui aussi distribué en souscription, sur le même mode de distribution que le premier, et également scénarisé par Ed Boon et John Tobias et dessiné, encré et colorisé par John Tobias.

L’action commence à la fin du premier tournoi : Alors que Liu Kang vient de vaincre Shang Tsung, Johnny Cage, Sonya et Kano (alliés pour l’occasion) affrontent Goro dans la fameuse arène du Pit. Suite à la défaite de Tsung, l’île est sur le point de sombrer dans l’océan et est secouée de tremblements de terre, le Pit s’effondre et Goro chute du sommet de cette impitoyable et létale arène tandis que Johnny Cage est sauvé in extremis par Raiden, Sonya et Kano se retrouvent malgré eux dans la dimension d’Outworld…

Pendant ce temps, Liu Kang revient dans son temple shaolin, rejoint par Kung Lao, il ne peut que constater que ses amis moines ont été massacrés par les armées de Shao Kahn

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Jax affronte Kintaro, le successeur de Goro

Sur Outworld, Shang Tsung doit faire face à la colère de son empereur suite à sa défaite dans le tournoi. Il propose alors à son empereur d’organiser un tournoi sur Outworld avec pour adversaire final l’empereur lui-même. Séduit par l’idée, Shao Kahn accepte et afin de parfaire son plan, redonne sa jeunesse à Shang Tsung pour que celui-ci puisse l’assister. Afin d’attirer les guerriers de la Terre, Kahn envoie ces guerriers sur Terre : Alors que Johnny Cage tourne une publicité pour une eau de Cologne, il est violemment attaqué mais rejoint par Raiden, Liu Kang, Kung Lao, Jax, Scorpion et Sub-Zero, tient tête à ses adversaires et est cordialement invité par Shang Tsung à participer au tournoi. Direction donc Outworld pour les guerriers de la Terre afin de participer à ce funeste tournoi…

Ce comics est comme le premier, très intéressant : Déjà il est plus long que le premier (28 pages contre 17 pour le premier) et se permet plus de choses. Là où le premier ne prenait pas trop de risques (Il ne faisait qu’approfondir les bribes d’histoires dispensées dans le jeu), celui-ci va plus loin, montre des personnages inédits (notamment Gorbak, le roi des shokans, la race de Goro), multiplie les caméos (Steve Beran, Ed Boon et John Tobias, trois des créateurs du jeu y apparaissent, on peut aussi y voir Smoke, un personnage caché du jeu ainsi que Sektor, avant sa cybernétisation dans Mortal Kombat 3) et révèle même certains secrets du jeu (l’identité du second Sub-Zero, révélée dans le jeu seulement lorsque l’on fini le jeu avec lui).

Pour un fan c’est une véritable mine d’or d’informations, mais comme le premier, pour un lecteur lambda, peu d’intérêt…

Visuellement, John Tobias fourni encore un travail remarquable et c’est, encore une fois, visuellement très beau.

Ce comics ne fut, à ma connaissance, jamais réédité ni republié ailleurs.

C’est à partir de l’année suivante, en 1994, que Malibu Comics récupère la licence Mortal Kombat et va publier de nombreux comics inspirés de cette licence jusqu’en 1998.

Je reviendrai plus bas sur l’histoire éditoriale de la licence Mortal Kombat chez Malibu, la seule chose qui nous intéresse ici est qu’en 1994, Brady Games a publié un guide de stratégie pour les deux premiers jeux et que ce guide comprenait un comics exclusif, nommé Mortal Kombat : Just A Game.

Ce comics de quelques pages, écrit par Mark Paniccia (plus connu ces dernières années pour ces travaux chez Marvel, notamment All New Wolverine, Old Man Logan et Hulk) et est dessiné par Patrick Rollo, un artiste ayant surtout travaillé chez Malibu.

Il raconte l’histoire d’un joueur qui à force de trop jurer après la borne, s’attire le courroux de Raiden et se retrouve dans la jeu, à devoir affronter les personnages du jeu.

C’est court, anecdotique, pas particulièrement réussi et clairement dispensable.

Troisième comics promotionnel, on fait un bond dans le temps avec Mortal Kombat 4 Limited Edition, distribué en 1998 exclusivement avec la version PC de Mortal Kombat 4.

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Couverture (Moche) du comics promotionnel de Mortal Kombat 4

Il fait le lien entre Mortal Kombat 3 et Mortal Kombat 4, est écrit par Ted Adams (futur créateur de la maison d’édition IDW) et dessiné par Ryan Benjamin, à l’époque débutant, plus connu aujourd’hui pour son travail chez DC Comics.
Il présente les nouveaux personnages (Kai, Reiko, Fujin etc.), l’univers de Mortal Kombat suite à la défaite de Shao Kahn dans Mortal Kombat 3 et les multiples dissensions qui opposent les différentes factions et races sur Outworld. En parallèle, on suit les machinations de Quan Chi et Shinnok afin de commencer leur invasion d’Edenia.

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Liu Kang entraîne Kai, nouveau venu chez les Shaolins

Première chose que l’on peut constater en lisant ce comics, c’est que visuellement on est quand même loin des deux premiers : Ryan Benjamin en est à ses débuts et son style est loin d’être au point et défini. On sent encore beaucoup ses influences Image Comics et son style varie beaucoup niveau influence, de Jim Lee en passant par Rob Liefeld, le dessinateur se cherche encore et le tout manque cruellement d’homogénéité…

C’est un peu le même constat pour le scénario : Plus que de proposer une véritable histoire, ce numéro est une succession de présentations des différents personnages du jeu avec comme fil conducteur les machinations de Quan Chi et Shinnok.

C’est honnêtement très laborieux à lire et on apprend pas grand chose sur l’univers du jeu…
On a là un pur objet promotionnel, sans réel autre intérêt que d’être rare.

Nouveau bond dans le temps en 2004 avec Mortal Kombat Deception Special Edition, une issue de quelques pages agrémentée de plusieurs illustrations, offert avec une collection de manettes inspirées du jeu.

Le scénario est de Bryan Hill, connu depuis plus récemment pour avoir travailler pour DC Comics, notamment sur les titres de la Bat-Family comme Detective Comics et Batman and The Outsiders. Il est actuellement aux commande de la série Postal chez Top Cow.

Les dessins sont de Walter MacDaniel, plus connu ces dernières années pour son travail chez Marvel, notamment sur la série Deadpool.

Niveau histoire, elle est quasiment inexistante puisqu’il s’agit juste d’une succession de planches présentant les personnages, avec un texte assez succin. Visuellement, les pages sont des crayonnés absolument magnifiques, il est d’ailleurs très dommage qu’ils ne soient même pas encrés, Walter McDaniel fournissant un travail absolument admirable.

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Un des magnifiques crayonnés de Walter McDaniel

Au début et à la fin du comics on trouve plusieurs illustrations en couleurs, réalisées par des artistes plus ou moins connus, on retiendra surtout les noms de Mark Texiera, Keron Grant et Ale Garza.

En résumé, un comics qui vaut surtout le coup pour ses dessins.

De nouveau, faisons un voyage dans le temps de 4 ans pour arriver en 2008 et le mini comics Mortal Kombat Vs. DC Universe Beginnings, offert pour tous ceux qui avaient pré-commandé le jeu Mortal Kombat Vs DC Universe (c’est à dire pas grand monde…).

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Couverture du comics promotionnel de Mortal Kombat Vs DC Universe

Aux commandes on retrouve des membres de l’équipe créatrice historique du jeu, à savoir John Vogel au scénario et John Tobias aux dessins, Tobias qui fats son grand retour sur la licence, l’ayant quitté après Mortal Kombat 4.

Celui-ci est similaire à celui de Mortal Kombat Deception : Il n’y a pas vraiment d’histoire, il s’agit tout juste d’une rapide présentation du background scénaristique du jeu.

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Des rivalités se forment…

Par contre, c’est vraiment bien dessiné, John Tobias fournissant une prestation sans faille pour un numéro qui, à défaut d’être bien écrit, est vraiment très agréable visuellement.

Comme pour la plupart des comics promotionnels, il est assez difficile à trouver aujourd’hui.

Comme je l’ai dit plus haut, en 1994, c’est le petit éditeur Malibu Comics qui récupère la licence Mortal Kombat et va se charger de publier des comics utilisant le personnages et l’univers de la série de jeu.

Le statut des issues publiées par Malibu est assez incertain : La plupart proposent des histoires originales, tandis que d’autres sont des extensions ou des réinterprétations des jeux ou en explorent certains aspects scénaristiques et les développent.

Néanmoins, ils ne sont pas reconnus comme canon, contrairement aux comics promotionnels et à ceux publiés plus récemment par DC.

Première mini-série, Mortal Kombat : Blood & Thunder, en 6 numéros écrite par Charles Marshall et dessinée par Patrick Rolo (numéros 1 à 4) et Kiki Chansamone (numéros 5 et 6) et publiée de juillet à décembre 1994.

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Couverture du numéro 1 de la mini-série Blood & Thunder

L’histoire reprend en fait celle du premier jeu et raconte les événements du premier tournoi en y ajoutant de nombreux personnages et événements.

De part le monde, de nombreux combattants sont contactés afin de participer à un mystérieux tournoi d’arts martiaux. C’est ainsi que le moine shaolin Liu Kang, la superstar du cinéma d’arts martiaux Johnny Cage, les ninjas Scorpion et Sub-Zero et le soldat des Forces Spéciales américaine Sonya Blade se retrouvent sur l’île de Shang Tsung afin de concourir dans cette compétition mortelle.

Cette mini-série est donc une version plus complète et travaillée des événements du premier tournoi, on y retrouve donc la plupart des personnages du jeu, plus des personnages inédits, créés spécialement pour ce comics comme Siang, un mystérieux guerrier shaolin né de la fusion de deux guerriers, Hydro, un Lin Kuei ami de Sub-Zero ayant des pouvoirs hydro-kinésique (il peut manipuler l’eau par la pensée), Grum, un monstre à 6 bras (1) ou Sparky, un des soldats de Sonya doté d’un bras mécanique extensible.

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Sonya s’impose comme une combattante redoutable

Une sous-intrigue est également accès sur le Tao Te Zhan, un grimoire duquel Shang Tsung tire une grande partie de ses pouvoirs et qui va devenir l’objet de beaucoup de convoitises.

Comme dit plus haut, cette mini-série est donc la version Malibu des événements du premier tournoi et sert donc d’introduction à la version de l’éditeur de l’univers de Mortal Kombat.

C’est étonnement assez agréable à lire, les péripéties des combattants sont variées et ne se bornent pas à une succession d’affrontements mais propose des aventures assez diverses, parfois très inspirées du jeu (Sonya affrontera même son double, faisant écho à la possibilité dans le jeu de faire s’affronter les deux mêmes personnages).

L’ensemble n’a rien d’exceptionnel ça mais permet de retrouver les personnages emblématiques dans des aventures plutôt bien menées.

Visuellement, on a un style typique des années 90 avec ces dessins anguleux et énergiques, des couleurs très vives et des scènes d’action parfois assez brouillonnes, mais ça reste lisible pour qui a connu cette période du comics américain, pour les autres, très franchement, la lecture sera très certainement assez compliquée.

Pour une première incursion, Malibu ne s’en sort pas trop mal en proposant un récit complet qui même si il reprend les bases de l’histoire du jeu, réussi à l’étoffer de façon assez efficace pour rendre la lecture des six numéros assez plaisante. Reste la partie visuelle, très typée années 90 qui rebutera à coup sûr certains lecteurs.

A noter qu’un numéro 0, publié en décembre 1994, signé par la même équipe créative et faisant office de prologue, compile des histoires courtes présentant les combattants avant le premier tournoi.

Seconde mini-série publiée par Malibu, Goro : Prince of Pain, une mini-série en trois numéros, écrite par Charles Marshall et dessinée par Roy Burdine (numéro 1 et 2) et Kiki Chansamone (numéro 3) et publié de septembre à novembre 1994, parallèlement à la série précédente.

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Couverture du numéo 3 de la mini-série Goro : Prince of Pain

L’action se situe chronologiquement durant les événements de l’autre mini-série, Blood & Thunder : Suite aux événements du premier tournoi, Goro est téléporté sur Terre. A peine arrivé dans notre dimension, il est contacté par un sorcier nommé Zagott qui lui propose de le renvoyer sur Terre en échange d’un petit service : Goro doit liquider le frère et rival de Zagott, Abacus. Pendant ce temps, Shang Tsung se soucie de savoir où est passé son plus grand guerrier et va pour cela envoyer quatre de ses guerriers le chercher, c’est ainsi que Baraka, Reptile, Mileena et Kitana puis plus tard Jax, arrivé sur l’île de Shang Tsung à la recherche de Sonya, vont partir en mission pour retrouver le monstrueux homme dragon.

Malibu ne prend pas trop de risque avec cette seconde mini-série en la consacrant à un des personnages (pourtant non-jouable) le plus populaire de la licence. Aucune prise de risque, le mot est faible : L’histoire est basique et sert surtout à enchaîner les caméos de la plupart des personnages qui apparaîtront dans les prochains comics. Certaines apparitions ne servent même clairement à rien, comme les quelques pages consacrées à Liu Kang et Kung Lao qui n’ont aucune influence ni importance sur le récit, ou l’apparition de Mileena et Kitana qui ne font rien du tout à part observer ce qui se passe…

Cette mini-série sert clairement d’introduction à la mini-série suivante : L’histoire est archi-classique et la multitude de caméos plus ou moins utiles donne un aspect « vitrine » à cette mini-série.

Visuellement, on a encore une fois droit au style typique des années 90, avec le même type de dessins et des scènes de combat parfois assez brouillonnes. Pour être honnête, ce n’est franchement pas terrible et certaines planches, notamment celles du numéro trois, ne sont pas très jolies, le manque d’expérience de l’artiste étant évident.

Une seconde incursion assez moyenne de la part de Malibu dans l’univers de Mortal Kombat avec cette mini-série.

Point culminant et conclusion des deux mini-séries précédemment présentées, c’est en décembre 1994 que sort un numéro géant de 64 pages intitulé Mortal Kombat Tournament Edition, toujours par la même équipe créative.

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C’est la lutte finale !

Niveau scénario, la finesse est au placard : Tous les guerriers impliqués dans les deux précédentes mini-séries se retrouvent pour s’affronter dans une gigantesque bataille royale avec pour principal but de s’approprier le fameux Tao Te Zhan, le grimoire qui donne des pouvoirs fantastique !

L’ensemble du livre sera donc une grande bagarre durant laquelle le Tao Te Zhan va aller de mains en mains.

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Tout le monde contre tout le monde !

60 pages de combats, voilà ce que propose ce livre ! Rien de plus, ni moins… Le scénario tient sur face B de timbre poste et le principal intérêt est la succession de combats et les multiples rebondissements qui les ponctuent. Pour être franc, c’est franchement très lassant et on se surprend à espérer la fin environ à la moitié… Les dessins n’aident pas, car on ressent très souvent que le dessinateur est lui aussi un peu au bout du rouleau : Certaines planches ne sont pas très au point, certains personnages sont représentés de façon assez grossière et les décors sont parfois inexistants.

Une conclusion commune aux deux mini-série très poussive.

C’est aux soldats des Forces Spéciales de Sonya et Jax d’avoir les honneurs de la prochaine mini-série en deux numéros intitulée Mortal Kombat : U.S. Special Forces, publiée de janvier 1995 à février 1995. Le scénariste Charles Marshall laisse sa place pour l’occasion à Mark Paniccia et c’est le désormais habitué à la licence Patrick Rolo qui est une fois de plus aux dessins.

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Ce n’est pas très beau, c’est la couverture du numéro 2

Les Forces Spéciales sont une fois de plus aux prises avec l’organisation criminelle du Dragon Noir de Kano (qui n’apparait quasiment pas dans cette mini-série…) et les soldats sont à la recherche d’un des lieutenants de cette infâme organisation, Rojack et ses sbires.

Rojack serait à la recherche d’un artefact permettant de voyager entre les dimensions et si c’est le cas, les Forces Spéciales se doivent de mettre la main sur cet objet avant le criminel, commence alors une course effrénée entre les deux groupes pour l’obtention de ce sésame.

Cette mini-série donne donc la vedette aux Forces Spéciales, dont les seuls membres connus à l’époque dans les jeux sont Sonya et Jax. Ce comics en profite pour nous présenter d’autres membres de cette équipe comme Mika Stone, une spécialiste des arts martiaux ou encore Torque, un homme doté de bras mécanique interchangeable. On fait également la connaissance d’autres membres du Dragon Noir, Rojack donc, mais aussi Vapor, une femme pouvant se rendre intangible.

Inutile de préciser que ces personnages ne réapparaîtront plus jamais nulle part…

Les deux numéros sont une succession de scènes d’action plus ou moins réussies et je pense très honnêtement que l’ensemble aurait pu aisément tenir en un seul numéro. Le récit traîne clairement en longueur et certains passages ne sont pas très utiles ce qui rend la lecture franchement très laborieuse… Les dessins de Patrick Rolo n’aident pas non plus, les dessins ont un aspect « vite fait », le dessinateur ayant manifestement du mal à suivre le rythme des parutions.

Mortal Kombat : U.S. Special Forces est donc une mini-série très dispensable, symptomatique d’un début d’overdose de ce genre de parutions chez Malibu.

Second gros story arc après Blood & Thunder, Mortal Kombat : Battlewave est une mini-série en 6 numéros publiée de février à juillet 1995 et est signée par (une fois de plus) Charles Marshall au scénario, et l’indéboulonnable Patrick Rolo aux dessins, en alternance avec Vinton T. Heuck.

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Couverture du numéro 3 de la mini-série Battle Wave, mettant en vedette Jade et Smoke

L’histoire est la version Malibu des événements du jeu Mortal Kombat II : Après sa défaite lors du premier tournoi, Shang Tsung propose à Shao Kahn d’attirer les guerriers de la Terre sur Outre-Monde pour s’en débarrasser. Il envoie donc ses meilleurs guerriers en mission sur Terre pour confronter les combattants terriens, mais certains d’entre eux décident de mettre leur rivalité de coté afin de s’allier contre cette menace commune. Les clans se forment et chacun se retrouvent face à face au camp adverse : Un affrontement dantesque se profile et le palais de Shao Kahn en sera le champ de bataille !

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« Toasty ! » Seul les fans comprendrons…

Le principal de cette mini-série est de montrer de quelle façon chaque guerrier du bien va finir dans la dimension de Shao Kahn afin de se mettre sur la tronche avec les forces du mal… C’est assez poussif et on se demande vraiment si il y avait un intérêt à consacrer six numéros à une histoire ayant aussi peu de potentiel, à part d’être une très longue introduction à une immense scène de combat. Ça ne vous rappelle rien ? Et bien oui, il s’agit exactement du même schéma utilisé que pour la mini série Blood & Thunder. Coté originalité, on repassera…

Niveau dessins, on revient à un niveau plus correct, l’alternance des deux artistes permet à Patrick Rolo de souffler un peu et de mieux travailler tes planches, et ça se ressent clairement : Le premier numéro est juste affreux, les personnages sont parfois à peine sketchés et les décors quasi-inexistants. Heureusement ça s’arrange par la suite, le binôme des deux artistes permettant aux deux artistes de fournir un travail plus agréable.

En résumé, une mini-série qui ne fait que copier la formule de Blood & Thunder, l’impression de relire une seconde fois la même histoire mais avec des personnages différents est évidente, des histoires annexes sont quand même abordés (l’armée des guerriers morts-vivants menée par Scorpion par exemple) mais n’aboutissent pas et seul le dernier numéro se risque à un peu d’originalité, rapidement éludée pour revenir vers son but premier : De la baston !

Comme pour Blood & Thunder, la conclusion de Battle Wave se fera dans un numéro géant intelligemment intitulé… Mortal Kombat Tournament Edition II ! Vous commencez très certainement à connaître la chanson : Charles Marshall au scénario, Patrick Rolo aux dessins et c’est publié en août 1995.

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48 pages de bagarre, ça se refuse pas… Ou pas.

Mortal Kombat Tournament Edition II peut se résumer par un terme simple : BASTOOOOONNNN ! Comme pour le premier, les 48 pages de ce bouquin ne sont en fait qu’une gigantesque bagarre à la conclusion aussi nébuleuse qu’incompréhensible : On ne sait pas très bien qui gagne ni comment et la fin ouverte n’aide pas, puisque suite il n’y aura jamais, Batlle Wave étant la dernière série Mortal Kombat que Malibu publiera.

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Les rivaux règlent leurs comptes durant cette bagarre homérique

Vous l’aurez compris niveau scénario, c’est très limité et niveau dessin c’est assez plaisant, Patrick Rolo fourni une prestation très agréable. Pas grand chose à ajouter, si ce n’est que très franchement, je me mets à la place du lecteur de l’époque dont la principale réflexion en fermant ce comics fut très certainement : « Tout ça pour ça !? ».

Je parlais plus haut d’overdose et là c’est clair, on y est puisque en parallèle de Battle Wave, une autre mini-série fut publiée, Mortal Kombat : Rayden & Kano (voir plus bas) ainsi que trois one shots consacrés à des personnages en particulier.

A l’image de ce que fut la mini-série Goro : Prince of Pain, Rayden & Kano est donc une mini-série publiée en parallèle de Battle Wave, éclairant sur les agissements des personnages plus discrets dans la série principale. On suit donc Kano, qui sauvé in extremis par Rayden, se voit confier une mission par le dieu du tonnerre : Récupérer discrètement une arme magique sur Outworld. Mais confier ce genre de mission à un criminel notoire, c’est un peu couillon, surtout de la part d’un Dieu Omnipotent car il y a de grande chance que le missionné fasse un coup tordu et devinez ce qui va se passer ? Kano va faire un coup tordu, étonnant, non ? Enfin bref, passons.

Et c’est là le principal défaut de cette mini-série, elle est prévisible, de bout en bout. Dès le début on se doute que Kano va trahir son monde et que ça va mal finir… Et c’est ce qui se passe.

Niveau dessin, deux dessinateurs se relaient : Kiki Chansamone sur les numéros 1 et 3 et Daryll Cobbs pour le numéro 2. Autant être franc d’emblée, visuellement, c’est affreux, particulièrement le numéro deux dont les visages et les corps sont parfois complètement ratés, donnant aux personnages des allures bizarres, leur faciès renvoyant souvent au sympathique Synok du film Les Goonies.

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C’est laid, c’est TRÈS laid…

Rayden and Kano est donc un ratage total, totalement oubliable.

Durant la publication conjointe des mini-séries Battle Wave et Rayden & Kano, Malibu publiera également trois one shots consacrés à certains personnages, ils sont tous scénarisés par Charles Marshall et dessinés par trois artistes différents.

Le premier est consacré à Baraka, le mutant des Terres Désolés de Outworld.

Suite à son éviction de l’armée de Shao Kahn, ce dernier préférant enrôler les guerriers morts-vivants menés par Scorpion, Baraka est traqué par les sbires de Shao Kahn. Sur son chemin, il croise un habitant d’Outworld qui meurt sous ses yeux et lui confie un bébé, lui assurant que cet enfant est voué à un grand destin. Le mutant se prend d’affection pour l’enfant et se charge de lui trouver un abri.

C’est une histoire originale, montrant une facette méconnue d’un personnage réputé pour sa sauvagerie, c’est également le seul comic Malibu dans lequel apparais Noob Saibot (2), le ninja noir, un personnage très apprécié des fans de la série.

Visuellement, l’artiste de ce one shot est Vinton T. Heuck, qu’on a déjà put voir à l’œuvre sur la mini-série Battle Wave, c’est relativement bien dessiné, pour qui sauraient apprécier le style des années 90.

Un one shot assez agréable et original.

Second one shot, c’est cette fois-ci le moine du Lotus Blanc Kung Lao qui a les honneurs d’une histoire qui lui est exclusivement consacrée.
Alors qu’il est en pleine méditation, se préparant pour le combat final ayant lieu dans Battle Wave, Kung Lao fait face à la plupart des combattants, même ces alliés ! Pourquoi ses amis l’attaquent ? C’est en faisant parler ses poings et en utilisant sa tête qu’il résoudra cette énigme.

Une histoire intéressante, qui explique les motivations et la mentalité du jeune combattant.
Visuellement, c’est assez réussi, le tout étant dessiné par un certain Tim Divar que j’avoue ne pas connaître.

Troisième et dernier one shot et certainement le plus intéressant des trois, consacré aux sœurs rivales, Mileena et Kitana.

Il s’agit de l’histoire de Kitana, de son enfance sur Edenia jusque son esclavage auprès de Shao Kahn, l’histoire de la princesse est assez bien retranscrite et est assez fidèle à celle décrite dans le jeu. On en apprend aussi beaucoup sur les origines de Mileena, la « sœur jumelle » de Kitana et son destin tragique.

Comme je l’ai dit plus haut, c’est très certainement le plus intéressant des trois one shots, déjà car la plupart de ce qui est raconté dans les jeux ne le sera que dans Mortal Kombat 3, c’est donc un comics très intéressant pour un fan. Ensuite, l’histoire est bien écrite et on sent bien que Charles Marshall fut plus inspiré que pour les autres comics pour cette histoire emprunte d’heroïc fantasy.

Visuellement, là aussi ce comics est assez étonnant car il est résolument mieux dessiné que les autres et ce n’est pas étonnant puisqu’aux dessins on retrouve un dessinateur à l’époque débutant en la personne de Greg Horn : Son style à cette époque est résolument différent de celui qui fera sa renommée mais déjà à l’époque, le talent de l’artiste est indéniable et dénote clairement de la plupart des artistes ayant travaillé sur les comics Mortal Kombat de Malibu.

Une très bonne surprise que cet ultime one shot, concluant assez bien l’aventure des comics Mortal Kombat chez Malibu Comics.

Que retenir des comics Mortal Kombat chez Malibu ? Très honnêtement, hormis Blood & Thunder et le one shot sur Kitana et Mileena, la plupart ne sont pas terrible : Écrits sans passion par quelqu’un qui s’est renseigné en lisant les manuels des jeux et dotés de dessins à la qualité aléatoire, ces issues font partis des comics à licence dont le seul intérêt était justement la licence qu’ils exploitaient… Ultime sacrilège, les comics Malibu sont aseptisés au maximum, exit donc l’aspect gore outrancier pour des affrontements particulièrement propre quasiment dépourvu d’hémoglobine…

Ces comics sont symptomatiques de l’époque où le phénomène Mortal Kombat battait son plein : Avec la sortie de Mortal Kombat 3, du film, de la série animée et d’une avalanche de produits dérivés, les comics ne furent qu’un produit de plus à exploiter cette licence.

Hormis les comics promotionnels décrient plus haut, il faudra attendre 20 ans pour qu’une véritable série de comics inspirée de l’univers de Mortal Kombat refassent son apparition. Et c’est chez ni plus ni moins que chez DC Comics que ça va se passer ! Comment cette licence mythique du jeu vidéo a atterri entre les mains d’une des deux big two du comics ? Et bien grâce à un jeu vidéo au nom équivoque : Mortal Kombat Vs DC Universe !

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Jaquette du jeu Mortal Kombat Vs DC Universe, avec une peinture inédite d’Alex Ross

Mortal Kombat Vs DC Universe sort en 2008 sur Xbox 360 et PS3 et malgré une sortie en catimini dû principalement aux soucis financiers de Midway, la société qui produit les jeux de la série Mortal Kombat, le jeu à beau être à peine terminé (il n’y a rien à débloquer), distribué sans quasiment aucune couverture médiatique, il sera malgré tout un succès, très relatif, mais un succès quand même, très certainement dû au fait de la présence des super-héros DC sur la jaquette.

Malgré ces déboires, Mortal Kombat VS DC Universe fut malgré tout un jeu charnière et s’il n’avait pas existé, il est probable que la licence Mortal Kombat aurait définitivement sombré dans l’oubli. En effet, Mortal Kombat Vs DC Universe est le jeu qui aura mis en relation la Team MK (l’équipe aux commandes des jeux Mortal Kombat chez Midway) et Warner Bros Interactive (la branche jeux-vidéo de Warner Bros), d’ailleurs la première chose que feront Ed Boon et la Team MK après la faillite de Midway sera d’accepter la proposition de rachat de Warner Bros Interactive, une fois dans le giron du géant des médias, Ed Boon renommera son studio NetherRealm Studio (du nom de la dimension des Enfers dans Mortal Kombat, le Netherrealm) et commencera le développement d’un nouveau Mortal Kombat (sorti en 2011) dont le succès mondial indéniable, aussi bien critique que financier, sera sans précédent dans l’histoire de la série.

Le succès de Mortal Kombat version 2011 convaincra Warner Bros Interactive de mettre Ed Boon et son équipe aux commandes d’un jeu de combat constitué uniquement des personnages DC Comics, la suite appartient à l’histoire du jeu vidéo avec la team MK aux commandes d’un des plus gros succès du jeu de combat de ces dernières années : Injustice : Les Dieux sont Parmi Nous, le jeu de combat mettant en scène les personnages DC Comics.

Sous la coupe de Warner, la licence Mortal Kombat va à la surprise générale renaître de ses cendres et retrouver son ampleur d’antan : Le reboot de la licence en 2011 puis sa suite, Mortal Kombat X en 2015 seront unanimement salués comme deux des meilleurs jeux de combat de ces dernières années, ce sera d’ailleurs la même chose pour les deux opus de Injustice, eux aussi développés par Netherealm Studio.

Ce succès s’accompagnera bien évidemment de produits dérivés à foison, dont des comics. DC appartiens à Warner et c’est donc logiquement chez la Distinguée Concurrence que les comics Mortal Kombat vont être mis en chantier. Seulement, le fan de Mortal Kombat à encore en travers de la gorge la période Malibu, mais DC, ce n’est pas Malibu et le savoir faire de l’éditeur historique va faire la différence.

C’est ainsi que parallèlement à la sortie de Mortal Kombat X en 2015, DC va publier un comic digital ambitieux : Celui-ci sera chargé de faire le lien scénaristique entre Mortal Kombat 2011 et Mortal Kombat X et fera de ce fait, partie intégrante de la chronologie officielle !

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Une des magnifiques couvertures variantes, signée Jae Lee

C’est à un illustre inconnu du nom de Shawn Kittelsen, jeune scénariste de courts métrages, que revient l’écriture du scénario et ce pour une raison évidente : Kittelsen est un fan absolu autoproclamé de Mortal Kombat qui, selon lui, connait l’histoire et la mythologie du jeu sur le bout des doigts. Pour ce qui est des dessins, c’est le jeune artiste Dexter Soy qui assurera le gros du travail (il sera épaulé par de nombreux autres artistes tout au long de la série), Dexter Soy travaille en tant que dessinateur, encreur et ou coloriste depuis le début de la seconde décennie 2000 sur de nombreuses séries Marvel et DC.

Deux jeunes artistes motivés suffiront-ils à enfin nous fournir un comic Mortal Kombat de qualité ? Et bien réponse de suite.

Le comics Mortal Kombat X comptera donc 36 chapitres digitaux et 12 comics papiers, c’est donc à ce jour la série de comics la plus longue consacrée à cette licence.

Trois story arcs différents de 4 numéros chacun composent cette série : Blood Ties (numéros 1 à 4), Blood Gods (numéros 5 à 8) et Blood Island (numéros 9 à 12), tous écrits par Shawn Kittelsen et dessinés par Dexter Soy.

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Scorpion s’énerve…

Le premier arc tourne autour d’une mystérieuse dague donnant des pouvoirs faramineux à celui qui se l’approprie. Seulement, en plus des pouvoirs, cette dague fait sombrer son possesseur dans une folie meurtrière. Elle va aller de mains en mains et sera le fil conducteur de l’histoire, durant laquelle on va surtout faire connaissance des personnages, bons ou mauvais, qui vont peupler les arcs suivants.

Malgré cette aspect un peu « vitrine », ce premier arc se lit avec plaisir : Le rythme est rapide, les combats sont haletants et violents et l’univers de Mortal Kombat et respecté jusque dans les moindres détails. Shawn Kittelsen connait indéniablement bien cet univers, multipliant les caméos de personnages plus ou moins connus (Même Tasia, obscur personnage apparu uniquement dans le jeu quasiment inconnu Mortal Kombat : Special Forces fait une apparition !) et les références aux événements des jeux passés sont légion. Le fan est en terrain connu et le novice se voit gratifier d’une présentation complète et compréhensible de qui gravite dans cet univers et comment il fonctionne. En somme, ce premier arc joue admirablement bien son rôle d’arc introductif, une prouesse.

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Si chez Malibu la violence était édulcorée, chez DC, on se lâche !

Visuellement, quand on connait le passif de cette licence en comics, ont ne peut qu’être admiratif des dessins détaillés, dynamiques et fidèles à l’univers des jeux que fourni Dexter Soy : Chaque planche fourmille de détails, les personnages sont charismatiques et les affrontements sont violents et gore à l’extrême.

Que se soit niveau scénaristique ou visuel, avec ce comics, Mortal Kombat on y est et c’est sans équivoque un carton plein : On l’a notre comics Mortal Kombat digne de ce nom !

Second arc, Blood Gods qui décrit la guerre opposant Kotal Khan aux Shokans, la race de Goro, l’homme Dragon à quatre bras, pour la suprématie du royaume d’Outworld. Là encore, c’est un carton plein : Les personnages sont bien écrits, les rebondissements nombreux et les affrontements épiques (l’assaut des shokans sur la forteresse de Kotal reste un des grands moments de cet arc). Niveau dessin, Dexter Soy reste fidèle à lui même et fourni une prestation sensationnelle, supérieure même à ses travaux dans le premier arc.

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L’infâme femme-insecte D’Vorah, couverture de Stephan Segovia

Ce second arc est une fois de plus une réussite.

Troisième et dernier arc, Blood Island, qui voit le retour d’un personnage initialement apparu dans Mortal Kombat Deception (Mystification en France), Havik, le clerc du Chaos.

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Havik, le clerc du chaos au visage écorché

Havik est un sorcier originaire du Chaosrealm, une dimension dans laquelle le concept de bien ou de mal n’existe pas et où chacun est libre de faire ce qu’il veut, y compris tuer son prochain. Finalement en possession de la dague, Havik réussi à en contrôler le pouvoir et réussi à soumettre à sa volonté de nombreux guerriers : Retranché sur l’île de Shang Tsung, épaulé par Reiko, un ancien général de Shao Kahn, le sorcier veut se servir du pouvoir de la dague pour pratiquer un rituel qui plongera toutes les dimensions dans un chaos similaire à sa dimension d’origine, faisant de lui l’unique maître de cet univers chaotique. Mais pour ce rituel, il a besoin de sacrifices et c’est pourquoi il compte sur l’arrivée prochaine des guerriers du bien sur l’île. Lesdits guerriers, épaulés par l’armée de Kotal et les shokans de Sheeva, vont prendre d’assaut l’île et mener un ultime assaut contre Havik afin de contrecarrer ses plans.

Cet arc final tient toutes ses promesses et clos cette mini-série de façon admirable : On a là un final d’une intensité remarquable, violent, rythmé et ponctué de rebondissements, en bref tout ce qu’il faut pour tenir un lecteur en haleine.

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Sub-Zero, un guerrier impitoyable

Cette mini-série en 12 épisodes réussira là ou une vingtaine de comics publiés par Malibu ont échoué : Fournir une histoire intéressante, respectueuse de l’univers d’origine et esthétiquement impeccable, une prouesse, prouvant que même un comics à licence peut être de qualité, du moment que les artistes aux commandes connaissent l’univers sur lequel ils travaillent.

Mortal Kombat X en comics est une exception dans le monde des comics à licence qui mérite amplement que l’on s’y attarde.

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Kotal prend d’assaut le château des shokans, à dos de T-Rex (parce que c’est plus classe !)

Il est disponible en trois volumes en VO, reprenant chacun un des arcs et a été publié en France en un seul volume chez Urban Comics dans leur collection Urban Games.

L’univers de Mortal Kombat est un monde fascinant : Doté d’une mythologie, d’une histoire, d’une galerie de personnages et d’événements complexes mais cohérent, il est un terreau fertile pour de multiples déclinaisons dans d’autres médias. Il est donc étonnant que le cinéma ai loupé le coche avec deux films tout public kitsch à souhait, de même que la télévision avec une série live fauchée lamentable, une série animée cartoonesque navrante de niaiserie et une multitude de comics de commande réalisé sans passion.

Seule la web série Mortal Kombat Legacy et le comic Mortal Kombat X auront réussi à retranscrire et étendre cet univers de façon fidèle et respectueuse, ces deux adaptations ayant en commun d’avoir été réalisés par des passionnés.

La passion, c’est peut être ça la clé d’une adaptation de qualité.

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Encore une des magnifiques couvertures de Jae Lee pour cette mini-série exceptionnelle !

1 : Il est amusant de constater qu’un personnage similaire, Kollector, lui aussi doté de six bras et au physique similaire est apparu dans le dernier jeu, Mortal Kombat 11, sorti cette année.

2 : Le nom de ce personnage est en fait formé à partir du nom des deux créateurs de Mortal Kombat, Ed Boon et John Tobias, mais à l’envers.

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