Les Jeudis de l’Angoisse (des Comics) #43 

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George A. Romero, Zombie(s) et comics (Première partie)

Je le répète assez souvent dans cette chronique, mais si il y a bien une mode dans l’horreur actuellement qui fait fureur tout médias confondus, c’est bien la mode des zombies ! Les cadavres putréfiés ambulants mangeurs de chair humaine sont devenus les stars de l’horreur et ont envahi tous les domaines du divertissement : Le cinéma bien évidemment, les comics (Walking Dead en tête), les séries télévisées (Walking Dead, encore lui, ou bien Z-Nation) et les jeux vidéos (la sortie récente du jeu State of Decay 2 ou le succès de jeux comme Day-Z en sont de très bons exemples). Mais si on connait et reconnait aussi facilement ce qu’est un zombie aujourd’hui, si il est devenu cette figure emblématique de la pop-culture actuelle, c’est grâce à un film et son réalisateur, un film qui a établi ce qu’est un film de zombie, défini ses codes, aussi bien scénaristique qu’idéologique.

L’impact de ce film est tellement fort que même 40 ans après sa sortie initiale, il est encore aujourd’hui reconnu par tous les fans de zombies comme étant le plus grand film de ce genre jamais réalisé : Vous l’aurez compris, je veux bien sûr parler du mythique Dawn of The Dead / Zombie de George A. Romero !
Ce que l’on sait moins, c’est que ce film a eu droit à son adaptation en comics il y a quelques années et que son créateur, Big George (le surnom donné à Romero par les fans d’horreur) n’en est pas à son coup d’essai dans les comics, comme vous pourrez le constater… Le mois prochain !
C’est parti pour un voyage dans le monde des zombies originels, ceux de Big George et aux racines du genre zombie !

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George A. Romero en 1978, lors du tournage de Dawn of the Dead 

Dawn of The Dead / Zombie nous présente le destin de quatre personnages fuyant à bord d’un hélicoptère une société humaine complètement dépassée par la prolifération des zombies : Francine, une employée d’un studio de télévision, son compagnon pilote d’hélicoptère Steven (Stéphane dans la VF) ainsi que Roger et Peter, deux agents du SWAT, volent l’hélicoptère du studio dans lequel travaillent Francine et Stéphane. Nos quatre survivants vont alors errer au hasard en hélicoptère jusqu’à tomber sur un centre commercial à l’abandon, infesté de zombies.
Alors qu’ils pensent s’y arrêter pour quelques jours afin de se requinquer, ils vont vite se rendre compte que cet endroit est en fait une aubaine et qu’ils ont plus intérêt à s’y barricader qu’à continuer leur périple hasardeux.
Mais la menace la plus dangereuse n’est peut être pas celle que l’on croit et nos héros vont devoir faire face à bien pire que les zombies…

L’idée de réaliser une suite à son mythique film La Nuit des Morts Vivants, vient à George Romero en 1972 à l’époque où il réalise Season of the Witch : Sa première idée est de montrer la prolifération des zombies de part le monde, mais ce n’est à l’époque qu’un point de départ. C’est en 1974 que l’idée se concrétise : Alors qu’un de ses amis de Pittsburgh (la ville natale de Romero), Mark Mason, lui fait visiter un centre commercial dont il gère les investissements. Durant la visite, Mason fanfaronne sur le fait que le bâtiment et si bien conçu qu’en cas d’urgence, n’importe qui pourrait y survivre sans problème pendant une très longue période. L’idée principale de Dawn of The Dead / Zombie germe dans l’esprit de Romero et va longtemps se développer. Il travaillera et réalisera deux autres films entre temps : Martin (l’histoire d’un jeune homme convaincu d’être un vampire) et une « parodie » de son propre film La Nuit des Morts-Vivants, The Crazies (la Nuit des Fous Vivants en VF).
Seulement Romero peine à trouver des producteurs pour investir dans son film et dans un soucis d’indépendance, s’associe avec le producteur Richard P. Rubinstein et sa société, Laurel Production. Mais même avec l’appui de Rubinstein, Romero a encore du mal à trouver les fonds nécessaires… C’est alors que le producteur et réalisateur de films d’horreur italien Dario Argento entend parler du projet d’une suite à La Nuit des Morts-Vivants, film dont il est fan et contacte George Romero afin de produire le film. Romero accepte de rencontrer Argento en Italie et un accord est trouvé : Argento co-produira le film en échange des droits de distribution à l’international.

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George Romero (à gauche) et Dario Argento (à droite) en 1977

Romero et Argento profitent également de cette rencontre à Rome pour réécrire certains passages du film et mettre au point les conditions de tournage : George Romero réussi ainsi à obtenir le droit de tourner dans le centre commercial de Monroeville en Pennsylvanie, non loin de Pittsburgh. D’un commun accord, Argento n’interviendra quasiment pas, laissant à George Romero le contrôle absolu du tournage.
Une fois le casting établi, le tournage commence le 13 novembre 1977.

Le tournage s’annonce d’emblée compliqué : En effet, Romero et son équipe ne peuvent tourner que lors des horaires de fermeture du centre, soit de 23h à 7h du matin (heure à laquelle s’enclenche la cassette de musique d’ambiance du centre commercial, que personne ne parvient à arrêter… Romero finira d’ailleurs par utiliser cette musique dans son film (1) ) et les scènes de jour durant les jours de fermeture. L’équipe à ainsi un rythme de travail effréné : Chaque jour ils doivent installer le matériel de tournage, puis le retirer et remettre en place ou ranger tout ce que les aléas du tournage ont dérangé. L’autre problème viendra durant les fêtes de fin d’année : Toutes les boutiques étant décorées, il sera impossible de continuer à tourner et le tournage devra s’arrêter durant trois semaines, engendrant une perte d’argent phénoménal… Le tournage reprend le 3 janvier 1978, néanmoins, ces trois semaines d’arrêt permettront à Romero de commencer et perfectionner le montage des scènes qu’il a déjà tourné.

Celui-ci est d’ailleurs ponctué de nombreuses anecdotes : Par exemple, les scènes sur le toit de du centre commercial ont en fait été filmées sur le toit de l’immeuble où se trouvait la société de production de Romero, The Latent Image. Idem pour toutes les scènes se passant dans l’ascenseur, puisque le centre commercial n’en comportait pas à l’époque ! Enfin, le centre commercial ne comportait pas d »armurerie : Toutes les scènes s’y déroulant ont donc été filmées ailleurs, dans une petite armurerie dans la banlieue de Pittsburgh, d’ailleurs, les plus observateurs noteront que durant les scènes dans lesquelles les personnages circulent dans le centre commercial, on y aperçoit jamais cette armurerie.

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Des consommateurs avisés…

La dernière modification de dernière minute durant le tournage concerne la fin : Dans le scenario orignal, lors de la scène finale, Peter devait se suicider d’une balle dans la tête et Francine mourir en étant décapitée par les pales de l’hélicoptère. Le dernier plan devait montrer les pales de l’hélicoptère tourner jusque s’immobiliser tandis que le corps de Francine était dévoré par des zombies. Mais à l’instant T, Romero trouve cette fin trop pessimiste et décide au dernier moment d’en écrire une autre, à la grande satisfaction des producteurs. Le mannequin prévu pour la décapitation de Francine était malgré tout prêt et sera finalement réutilisé, grimé grossièrement pour ressembler à un homme afro-américain barbu : On l’aperçoit rapidement au début du film, lors de la scène de l’attaque de l’immeuble par le SWAT, lorsque le policier raciste Wooley fait un carnage en tirant sur les occupants de l’immeuble.

Le tournage durera 4 mois et de mémoire de ceux qui y ont participé, est à chaque fois mentionné comme « Légendaire » de part la maîtrise et le sang froid dont fit preuve son réalisateur pour le mener à bien.

L’un des points forts du film sont ses effets spéciaux : Supervisés et réalisés par Tom Savini dont c’est le premier travail professionnel dans le domaine. Il devait à l’origine s’occuper des effets spéciaux de La Nuit des Morts-Vivants mais ne put le faire car il fut mobilisé pour aller au Vietnam. Son expérience en tant que photographe de guerre lui servira d’ailleurs beaucoup durant sa carrière dans les effets spéciaux.

Sur le tournage de Dawn of the Dead / Zombie, il est assisté d’une équipe de 8 personnes dont Jospeh Pilato, qui campera plus tard le militaire sadique Rhodes dans le troisième épisode des zombies de Romero, Le Jour des Morts-Vivants.
La plupart du temps, le travail de Savini et son équipe consiste à appliquer un colorant bleuâtre sur des dizaines de figurants, seul quelques zombies ont des looks plus travaillés comme le zombie a l’œil arraché, devenu par la suite un des zombies emblématiques du film, à tel point qu’il orne la plupart des affiches du film.
Pour cette couleur bleuâtre d’ailleurs, il faut savoir que lorsqu’elle était appliquée, elle n’était pas aussi colorée (Romero la voulant à la base grise, pour être raccord avec les zombies du premier film, qui était en noir et blanc) ce n’est qu’une fois sous l’éclairage que la production se rendit compte que les zombies prenaient cette teinte légèrement bleutée : Trop tard pour faire machine arrière car des stocks de cette teinture avaient déjà été commandée et le budget était serré…
L’autre couleur assez « extravagante » du film et le rouge écarlate du sang : Savini était contre l’utilisation de ce faux sang, produit par la société 3M, car il ne le trouvait pas crédible du tout. Mais dans ce cas précis, il s’agit d’un choix intentionnel de Romero, ce dernier pensant que la couleur de ce sang donnerait un style un peu comic-book au film.

Savini aura d’ailleurs un petit rôle dans le film ; celui du motard moustachu à la machette, rôle qu’il reprendra d’ailleurs dans d’autres films, notamment Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez.

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Tom Savini dans dawn of the Dead / Zombie

Enfin, il faut ajouter que la plupart des figurants incarnant des zombies sont des bénévoles (pour la plupart des habitants du coin ou des membres de l’équipe de tournage) et que leur seule rémunération fut de  20 dollars, une boite à goûter et un t-shirt à l’effigie du film. Romero réutilisera d’ailleurs cette technique peu onéreuse pour tous ses films de zombies suivants, certains figurants n’hésitant pas à faire plusieurs kilomètres pour figurer dans tous ses films.

Pour ce qui est du casting, il se veut encore hétéroclite et en décalage avec son temps : Deux des rôles principaux sont tenus par une femme et un afro-américain (2), ce qui n’était pas très commun à l’époque.

Des quatre acteurs principaux, seul Ken Foree (qui interprète Peter) aura une carrière dans le cinéma, principalement horrifique : On le retrouve notamment dans Leatherface : Massacre à la Tronçonneuse 3 (aux cotés de Viggo Mortensen, futur Aragorn dans la trilogie du Seigneur des Anneaux), Le Dentiste et dans la plupart des films de Rob Zombie, soit en tant que figurant, ou second rôle.
Il est plus récemment apparu dans De L’Eau pour les Éléphants aux cotés de Robert Pattinson.

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Ken Foree (Peter) et Scott H. Reiniger (Roger)

En plus d’être un spectacle efficace et maîtrisé, Dawn of the Dead / Zombie est un pur film indépendant, le réalisateur se permet donc d’y aborder plusieurs sujets, de façon claire ou plus subtile : En plus d’être un film d’horreur résolument et indubitablement réussi, il peut être vu de différentes façons.

Fidèle à lui-même, Romero se sert de son film pour critiquer la société de son époque : Tout d’abord la consommation à outrance avec par exemple quand, devant l’image des zombies se dirigeant aveuglément vers le centre commercial, Francine demande ce qu’ils font et Stéphane de répondre « Un réflexe inconscient, un vague souvenir de leur vie, cet endroit tenait une place importante dans leurs vies… », plus parlant, difficile à faire. Autre thème, le racisme avec l’infâme policier raciste Wooley de l’une des scènes d’ouverture qui, enragé de voir des afro-américains et mexicains occuper un squat se livre à un massacre aveugle et ultra-violent… Pour être finalement stoppé par Peter. L’anti-militarisme avec cette scène aussi drôle que pathétique durant laquelle les militaires préfèrent laisser la population s’occuper des zombies en leur livrant armes et bières pendant que les soldats se prennent en photos et glandent près de véhicules de combat (3). Les exemples comme ceux-là sont très nombreux dans Dawn of the Dead / Zombie et celui qui sait les voir se délectera de cette subtilité toute personnelle et habituelle de George Romero.
Encore une fois, Romero brasse large et tacle méchamment, de façon intelligente et sans fioriture, car même 40 ans après, ces critiques sont encore et plus que jamais d’actualité.

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« A nous les promos sur la viande fraîche ! »

Dans l’univers des films de zombies, Dawn of the Dead / Zombie a donc une place importante : C’est un film charnière, qui bien plus que La Nuit des Morts-Vivants qui l’a précédé, va durablement marquer l’imaginaire collectif et définir ce qu’est un « zombie » dans la culture populaire et le genre de récit, d’environnement et d’ambiance dans lequel il s’inclut.

Le comportement des zombies est ainsi plus défini dans Dawn of the Dead / Zombie que dans La Nuit des Morts-Vivants : Dans La Nuit des Morts-Vivants, on avait parfois un peu de mal à comprendre le comportement des zombies, parfois un peu animal (le premier zombie du cimetière) ou parfois un peu réfléchi (la fillette de la cave), dans ce premier film, ils ne sont d’ailleurs jamais nommés clairement, sur le tournage, Romero les surnommait d’ailleurs « Goules ». Dans Dawn of the Dead / Zombie, les zombies se conduisent tous de la même façon, de façon instinctive, comme l’explique le docteur au tout début du film, même si certains font parfois preuve d’un peu de réflexion en utilisant des armes basiques pour frapper leurs victimes. Il est aussi intéressant de noter que Romero continuera cette évolution du comportement des zombies dans ces films suivants.
Le comportement basique des zombies de Dawn of the Dead / Zombie deviendra le comportement emblématique et habituel des zombies dans la culture populaire, ce comportement est d’ailleurs encore aujourd’hui celui qui les caractérise le plus, même si depuis des variantes existent.

Actuellement, tous les films, comics ou jeux vidéo utilisant des zombies ont quelque chose de Dawn of the Dead / Zombie, soit directement, soit indirectement : Les références dans la séries Walking Dead sont par exemple légions, les maquilleurs en effets spéciaux s’amusant régulièrement à maquiller certains zombies en hommage à la trilogie des morts-vivants de Romero (on a ainsi vu apparaître Bub, le zombie intelligent du Jour des Morts-Vivants ou le fameux zombie à l’œil arraché de Dawn of the Dead / Zombie dans la série) et le premier jeu de la série à succès des Dead Rising se passe dans un centre commercial : A chaque fois qu’une œuvre mettant en scène des zombies fait son apparition, toute personne qui a vu et apprécié Dawn of the Dead / Zombie est susceptible de s’exclamer à plusieurs reprises « Ah ouais, c’est comme dans Zombie ! », tellement ce film est marquant dans son genre.

Je pourrais lister les multiples références faites à Dawn of the Dead / Zombie dans les multiples médias mettant en scène des zombies mais très honnêtement, il y a très certainement de quoi faire un dossier complet ! Pour ceux qui n’ont pas vu Dawn of the Dead / Zombie mais ont déjà vu d’autres films, séries, joué à certains des jeux vidéos mettant en scène des zombies, une fois que vous aurez vu ce film, je peux vous assurer que ces références vous sauteront aux yeux.

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Quand la série Walking Dead rend hommage à Dawn of the Dead

Depuis le début de cette chronique vous avez dû remarquer que lorsque je parle du film j’utilise deux titres : Dawn of the Dead et Zombie, pourquoi ? Si vous avez bien suivi cet article depuis le début, vous devez très certainement vous souvenir que si le film a finalement pu se faire, c’est beaucoup grâce à Dario Argento qui a décidé de le produire en échange des droits de distribution à l’international et c’est à cause de ce « détail » que j’utilise deux dénominations pour le film car il n’existe pas une, ni deux mais… Trois versions de Dawn of the Dead, trois montages différents pour être exact ! De plus, ces trois montages sont tous les trois très différents, présentant le film avec trois intentions différentes.

Comme vous devez vous en douter, j’ai vu les trois et je vais me faire une joie de vous les présenter !

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La première version est le montage américain (cette version est souvent appelée US theatrical Version ou Romero’s Cut), il s’agit du montage distribué aux États-Unis, réalisé par George Romero lui-même et qui est titré Dawn of the Dead.
De l’aveu de Big George, c’est pour lui «sa» version de Dawn of the Dead, celle qui correspond le plus à sa vision initiale du film. 
Cette version dure 127 minutes.

La seconde version est la version européenne, remontée par Dario Argento pour le marché européen. Dario Argento trouvait le film un peu trop lent et décida de le remonter entièrement afin de lui insuffler un rythme plus rapide. Il coupa de ce fait plusieurs scènes de dialogues et privilégia les scènes d’action et de gore, au grand dam de George Romero qui a souvent avoué ne pas trop apprécier cette version.
L’autre différence notable avec la version américaine est la musique : Dans la version distribuée aux États-Unis, Romero utilisa la même technique que sur La Nuit des Morts-Vivants, à savoir utiliser une banque de musiques de vieux films d’horreur libre de droit. Argento va faire tout le contraire et demander au groupe italien de rock progressif Goblin (avec qui il a l’habitude de travailler (4) ) de composer une bande-son pour le film. Le résultat de ce remontage accouplé à cette nouvelle bande-son est stupéfiant : De la version américaine, posée et lourde, Dawn of the Dead devient Zombie, film au rythme rapide, presque effréné, radicalement différent de sa version d’outre-atlantique.

Pour être honnête, malgré le fait que se soit la version que, comme beaucoup d’européens, j’ai découvert en premier et même après avoir vu les deux autres, c’est sans conteste cette version que je préfère, la musique des Goblin donnant sans conteste une véritable identité au film.
Cette version dure 116 minutes, soit un peu plus de 10 minutes de moins que la version américaine.

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La dernière version est la version surnommée Extended Cut  et Version Longue par les fans dans notre beau pays.
Cette version est la plus longue des trois, elle dure 139 minutes.
Cette version est en fait une version de travail, présentée à Cannes en 1978 par le producteur Richard Rubinstein qui la garda sous le coude durant plusieurs années.
Dans les faits, il s’agit d’une version longue du montage américain, contenant plus de scènes, le montage est relativement similaire à la version distribuée en salles aux États-Unis, sauf que les scènes supplémentaires donnent plus de place aux personnages.
Pour les amateurs de rouge qui tache, quelques scènes gores supplémentaires sont également présentes.

Il existe de nombreux autres montages « non-officiels » disponibles sur le marché, à l’intérêt plus que relatif : Pour la plupart il s’agit de versions montées par des distributeurs dans lesquels ces malandrins ont tenté de donner le montage le plus long possible au film en y ajoutant toutes les scènes supplémentaires connues, ce que fit par exemple l’éditeur Anchor Bay aux États-Unis en 1998, ce que tenta également le label 4 Front-Video en Angleterre en 1992 et enfin le label allemand Astro en 2000. Dans ces trois cas, les durées sont variables (156 minutes pour le Hybrid Cut de Anchor Bay alors que celui de 4 Front Video n’en fait que 144…).
Plus récemment, le label X-Rated sorti une « Extended Version » contenant la plupart des scènes connues, la seule différence étant que le film est… Tout public (!?) puisque toutes les scènes de violence ont été supprimées !
Dans le domaine des bizarreries, une version extrêmement rare du film est sortie en Super-8 en Allemagne et dure… 48 minutes. Au Japon, le film connû également plusieurs versions, dont une dans laquelle un panneau en guise de pré-générique explique l’origine de l’épidémie zombie (5).
Trêve de plaisanteries, les trois seules versions connues officielles sont les trois premières que je vous ai présentés, les autres sont plus des curiosités qu’autre chose, les montages étant parfois un peu sauvage.

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Pour finir sur ces différents montages, il faut souligner que chaque d’entre elles ont des scènes inédites qui lui sont propres : Par exemple, le montage européen, bien que plus court, comporte des scènes qui ne sont malgré tout pas présentes dans les autres versions, pourtant plus longues, ce qui laisse supposer qu’Argento a travaillé à partir de rushs encore inconnus aujourd’hui.

En France, seules deux versions ont été distribuées : Le montage européen (évidemment), d’abord distribué en VHS par le génial René Château, dans sa mythique collection « Les films que vous ne verrez jamais à la Télévision » (6) et le montage américain. Ce dernier fut d’abord exclusif à un coffret DVD distribué par Opening en 2006, le montage américain est disponible en version sous-titrée français en plus de nombreux bonus inédits, dont l’excellent documentaire de Roy Frumkes (futur réalisateur du gerbant Street Trash), Document of the Dead, un making-of tourné au moment du tournage du film.

Cette édition fut ensuite rééditée en Blu-Ray, sans aucun autre ajout.

Fin de la première partie ! Rendez-vous le mois prochain pour la seconde partie dans laquelle je m’attarderai un peu plus sur les incursions de Big George dans le monde des comics !

1 : Car oui, la musique d’ambiance et les publicités que l’on entend à la radio du centre commercial dans le film sont les originaux réellement utilisé !

2 : C’était déjà le cas dans La Nuit Des Morts-Vivants, dont les deux rôles principaux étaient tenus par une femme et un afro-américain.

3 : Anti-militarisme qui deviendra le thème principal du troisième opus de la saga zombie de Romero, Le Jour des Morts-Vivants.

4 : Les Goblin ont, entre autre, composé les musiques des films Les Frissons de l’Angoisse, Suspiria, Ténèbres et Phenomena de Dario Argento ou encore de Démons de Lamberto Bava.

5 : Cette explication raconte que le réveil des morts est dû aux radiations d’une météorite, explication déjà rapidement abordée dans La Nuit des Morts-Vivants. Romero décida ensuite de ne plus jamais mentionner cette origine car pour lui elle n’avait aucune importance.
Le film est très populaire au
Japon et la version disponible là-bas est basée sur le montage européen, la musique des Goblin y est d’ailleurs très appréciée. Pour les plus mélomanes observateurs, un hommage au thème du film et fait dans le jeu Resident Evil 2, le thème de la salle cachée du laboratoire (titré Wreckage of The Mad Experiment dans la bande originale) ressemblant étrangement aux musiques composés par les Goblin.

6 : Il s’agira du second film qu’il éditera dans cette collection, après Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper dont j’ai déjà parlé ici.

Un commentaire sur “Les Jeudis de l’Angoisse (des Comics) #43 

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  1. Excellent article. J’ai souvent saisi la VHS de René Chateaux dans mon vidéoclub, sans jamais que mes parents me laissent la louer, allez savoir pourquoi. De fait je n’ai jamais vu le film en entier. Il va falloir que j’y remédie.

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