The Wonder Women of Wakanda

Allons droit au but : Pour moi le film Black Panther est une sincère réussite (dans le sens où c’est sa sincérité qui en fait un film réussi).
On pourra lui reprocher ce que l’on veut sur certains aspects techniques (une trame scénaristique assez linéaire et sans grande surprise, une main mise de la part de Disney à peine cachée à tel point que l’on a l’impression de revoir certaines scènes issues du Roi Lion, des clichés encore tenaces malgré tout dans la représentation des personnages afro-américains), le film de Ryan Coogler cimente une empreinte supplémentaire en ce qui concerne l’image des minorités dans un médium de masse, (communément appelée « Pop Culture » à tort ou à raison) et non des moindres, celui des films de super héros dont l’enjeu commercial sans précédent à Hollywood est au centre de toutes les transactions depuis ces 10 dernières années.

Black Panther est en effet un film de super héros classique (et lorsque je dis ça ce n’est pas du tout péjoratif, bien au contraire). Celui-ci prend en effet le temps de décrire le parcours d’un personnage au destin tout tracé (son accès au trône, son ressenti vis a vis de sa propre communauté, son respect pour sa culture et ses traditions, l’amour inconditionnel envers les membres de sa famille, le fardeau de représenter toutes les tribus du Wakanda tel un vrai souverain), qui va réussir à se transcender via une violente confrontation entre ses propres fondements régis par un système, une civilisation idyllique dont il est l’héritier Royal, et ses incertitudes personnifiées par le monde extérieur.

Voilà, en gros, Themyscira – Wakanda : Même combat.
Je ne vais pas m’amuser à énumérer les nombreux points communs entre les deux films car si vous avez des yeux et un semblant de cerveau cela vous sautera évidemment au visage.
Ce que je peux vous dire par contre c’est qu’en moins d’un an d’intervalle, Black Panther et Wonder Woman auront été les deux films de super héros avec un réel succès à la fois historique et surtout sociétal à savoir identitaire, ethnique, de genre, etc… Dans le film qui nous concerne ici, autant citer la première scène post-générique faisant ouvertement référence à la politique de Trump, (celle d’un idiot avec ses barrières en vf), et qui s’avère être aussi percutante que la scène du No Man’s Land dans le film de Patty Jenkins.

Et puis, comment ne pas se poser un instant et admirer l’imposante et jubilatoire aura de l’intégralité du cast féminin de Black Panther, je m’attendais à quelque chose de haut niveau, mais diablement pas d’un tel acabit, c’est à dire volant sans honte aucune la vedette au personnage titre, et cela dès les premières minutes du film.
Ainsi, notre héros entouré de femmes protectrices et bienveillantes se fait mettre en garde avec humour et dérision par ce qu’il va assurément subir quelques instants plus tard : Perdre son statut factice de mâle dominant rien qu’au contact de la femme qu’il aime. Sans parler du fait qu’il ne doit son salut un peu plus tard dans l’intrigue en grande partie grâce à leur intervention.
Sans minimiser (bien au contraire, sinon je ne serais pas là pour écrire ce billet) l’impact de Black Panther sur une communauté précise car extrêmement forte et positive en terme de représentation, celui-ci doit également son succès autant critique que commercial via la présence et les rôles écrits et attribués à Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Letitia Wright ainsi que la vétérane Angela Bassett, sans oublier Florence Kasumba dans le rôle très discret d’Ayo, un personnage connu pour avoir eu son propre spin-off intitulé World of Wakanda paru à partir de 2016 et dans laquelle elle est en couple avec une autre ex-membre de la Dora Milaje, Aneka.
Black_Panther_World_of_Wakanda_Vol_1_5_Bartel_VariantUne polémique complètement minable a d’ailleurs cherché à mettre à mal le film en décrétant qu’une scène de flirt entre Ayo et Okoye aurait été finalement proscrite de celui-ci, comme si montrer une scène plus ou moins explicite de 30 secondes aurait révolutionné la face du monde…
Je vous laisse lire l’article original, plutôt que de nourrir les liens Putaclic engendrés par certains « médias » français qui se sont permis de bien mélanger tout un tas de choses en faisant du copié collé (comme d’hab) de sites à Buzz US, et cela sans qu’aucun « copieur » n’ait eu la peine de voir le film ou de lire ce spin-off en question, tout simplement parce qu’ils seront déjà passé à une autre news scandaleuse à caractère social la semaine prochaine…
C’est rigolo parce que moi dans ce domaine là, j’ai tendance à rien oublier.
Enfin bref, pour l’anecdote Kasumba incarne également la sénatrice Amazone Acantha dans, je vous le donne dans le mille, Wonder Woman….
Le volet le plus intéressant dans ce film est comment cette communauté de femmes Wakandiennes  n’ont jamais eu à subir aucune servitude, aucun esclavagisme, aucun viols à répétions en écho à ce qu’a pu subir le personnage de Lupita Nyong’o dans le film Twelve Years a Slave… Car elles vivent au sein d’un peuple non seulement libre mais surtout vierge de toute intrusions patriarcales, et du coup plus ou moins bienvenues par les intéressées…
Black Panther marque donc un nouveau (mais non le premier) pas en terme de représentation des personnages féminins à la fois forts et emblématiques totalement intégrés dans un film de super héros Marvel. On attend encore ceux liés à Captain Marvel et Black Widow (en bonne voie ?).
Le fait est que pour le moment nous restons contraints de dire que tout cela reste assez tolérable, car il ne faut surtout pas oublier les autres médium liés aux séries TV (Black Lightning, Legends of Tomorrow) sans parler des anime…
Mais en terme de projets cinématographiques, tout reste encore à faire, alors que Josh Whedon, cette icône faussement féministe vient encore de faire sa pleureuse en tant que gros fail sur le futur film consacré à Batgirl, et dont le scénario pourrait finalement se voir être attribué par Roxane Gay, l’une des scénaristes de World of Wakanda mais sinon, je regarde pas la TV mais Plus belle la vie ça m’a l’air tellement moins compliqué et déroutant à suivre !

Pour conclure je ne peux pas finir ce billet sans parler du travail éminent de la costumière afro-américaine Ruth E. Carter (dont vous pouvez lire une interview très intéressante ici-même) sur ce film et dont les 30 ans de carrière l’ont amené à collaborer avec les plus grands réalisateurs tels que Spike Lee sur MalcomX ou Steven Spielberg sur Amistad.
Ce n’est pas moins de 1000 costumes différents qui sont sortis de son imagination, mêlant patrimoine historico-culturel et utopie futuriste, elle était bien évidement la meilleure dans ce domaine à pouvoir intervenir sur ce projet, je considère d’ailleurs ses créations comme faisant intégralement partie du reste du casting.
Ici encore, je ferai facilement le parallèle avec le travail de Lindy Hemming sur Wonder Woman, et le contraste de ses costumes de l’Angleterre du début du 20ème siècle.

Après Wonder Woman, Black Panther continue donc de mettre la barre bien haut en terme de représentation des minorités dans le genre cinématographique super héroïque, et ce avec brio, respect, en parfaite harmonie avec une demande toujours constante (et qui n’aura de cesse de se manifester, n’en déplaisent certains qui s’amusent à brandir des pamphlets xénophobes sur leurs vidéos d’un autre monde).
Alors continuons de nous accrocher aux wagons et espérons que la prochaine fois nous puissions voir un film de super héros où le/ou la protagoniste serait explicitement LGBT.
Cela ferait péter un câble à quelques uns et ne pourrait que me faire grandement plaisir.

DW97FfeW0AIXhRQ

4 commentaires sur “The Wonder Women of Wakanda

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  1. Je n’ai pas compris pourquoi tu disais que Whedon était une icône faussement féministe ?
    Il mène un double jeu ?

    1. Bonjour Troll et bienvenue parmi nous !
      Excuse-moi de n’avoir pas le temps de répondre comme il se doit à ton commentaire extrêmement argumenté qui correspond bien au temps que j’ai pu passer sur ce billet.
      Je suis actuellement en train de trier les lots comics à faire gagner à Montpellier le we prochain pour une tombola gratuite destinée à des personnes qui aiment lire des comics, quelque soit leur sexe, couleur de peau, religion, orientation sexuelle, le genre de personnes qui n’ont pas la moindre idée de ce dont tu parles.
      Tu ne m’en voudras pas si je préfère en ce moment même consacrer mon temps envers toutes ces belles personnes que je suis sur le point de rencontrer, plutôt que de perdre mon temps avec toi.
      Des Bisous.

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