Binaire ou non-binaire, là n’est pas la question.


Petit état des lieux en cette période de Noël sur le sort des LGBT à travers le monde au terme de cette année 2017 (quitte à vous saper le moral, et bien tan pis, j’assume).

Tout au long de cette année rien qu’aux Etats-Unis, pas moins de 28 meurtres à caractère transphobe ont été commis.
De plus, dans ce même pays les exactions violentes et meurtrières à l’encontre des LGBT ont surpassé celles de l’année dernière (on se demande pourquoi), pourtant lourdement déjà touchés via la tragédie du Pulse.
Et cela, sans parler de la politique anti-LGBT promulguée par Donald tout au long de sa première année de liberticide …

Comme d’habitude, l’IDAHOT ne devrait pas tarder à divulguer son compte-rendu sur le sujet, mais le fait est que, toutes proportions gardées, on en chie tous au quotidien, de Boston à Mulhouse, de Santiago à Kyoto, de Bagdad à Grozny…
Parce que malheureusement mais sans surprises, les choses ne vont pas forcément mieux ailleurs, le monde a en effet découvert avec effroi en avril dernier l’existence de camps de concentration pour homosexuels en Tchétchénie. Et dans une moindre mesure chez nous, un animateur de programme poubelle s’est fait remarquer en humiliant publiquement un gay en direct à la télévision.

En fait, on pense naïvement avoir touché le fond, mais non, la réalité nous rattrape encore et toujours.
Mais que les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence en soient remerciées, les miracles existent et nous permettent de croire malgré tout encore un peu en cette société qui se lâche de plus en plus dans ses élans homophobes. L’Australie a par exemple récemment officialisé le mariage pour tous.

Et dans des considérations plus personnelles, liées à la pop culture, liées à ce que l’on peut lire, voir et entendre au quotidien, liées à ce qui nous donne du courage et nous fait garder espoir, il y a toutes ces œuvres qui ont pu nous marquer en 2017, et derrière elles, des auteurs qui les ont créé pour des raisons assez évidentes.

Car il faut être vraiment aveugle pour ne pas comprendre l’importance de la présence d’un personnage LGBT dans n’importe quel medium, en 2017.

Dernier shitstorm en date, l’apparition d’un nouveau personnage secondaire dans la série Supergirl, où l’on va bientôt faire la connaissance de Lee Serano qui s’avère être un ETRE HUMAIN (à moins que ses origines soient extra terrestres, je l’ignore à l’heure où j’écris ces lignes, mais ce n’est pas le propos) non-binaire.
Le terme de non-binaire est un terme générique regroupant plusieurs identités de genre, comme l’explique la pétillante LouisaLibi :

Et en complément vous pourrez trouver plus de détails sur ce terme ici.

Ainsi, être non-binaire ce n’est pas une identité de genre à proprement parler car celle-ci en englobe plusieurs, expliquer cette non-binarité, c’est AVANT TOUT une notion qui se relève du ressenti personnel, de la connaissance de soi, mais EN AUCUN CAS une ébauche de théorisation engendrée par une catégorie de personnes (binaires pour le coup) et résultant d’un manque flagrant d’expérience réelle sur le sujet.

Lee Serano, va donc apparaître dans le #19 de Supergirl, ce nouveau protagoniste est créé par Vita Ayala, elle même non-binaire, qui participe ici à un programme d’atelier d’écriture organisé par DC Comics et en l’occurrence sous la tutelle de Steve Orlando l’actuel scénariste de la Dernière fille de Krypton.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser via les sites qui ont diffusé cette information, Vita Ayala est loin d’être une novice dans l’industrie : chez DC, on lui doit entre autre Batman Beyond #12, DC Rebirth Holiday Special #1Suicide Squad most wanted: El Diablo and Amanda Waller #5 et #6. Elle a également exercé ses talents chez Image Comics ou Back Mask.

La preuve en est une interview d’elle qui date de novembre 2016.

Mais comme d’habitude, lorsque certains scénaristes et éditeurs prennent le risque de faire connaitre à un public assez large une problématique peu connue du commun des mortels (eux-mêmes endoctrinés depuis la naissance par une société régie selon le dogme de l’hégémonie du mâle blanc hétéro cisgenre), dans ces cas là, cela part automatiquement en cacahuètes, une contrevenue à laquelle nous contribuons depuis près de 2000 ans soit dit en passant…
Les commentaires prolifèrent, certains se découvrent soudainement historiens de l’identité de genre, d’autres ethnologues car ils connaissent dans leur cercle d’amis une personne transgenre….

On arrive donc à un état des plus consternants et révoltants pour ma part : Pendant que certains ‘théorisent’ sur cette notion, vautrés dans leur confort hétéronormatif, condescendants derrière leur écran d’ordinateur et surtout faussement intéressés, (genre les mecs, ils sont sérieux ? Ils lisent vraiment Supergirl ?) et prêts à enchaîner sur la prochaine polémique, d’autres subissent sans rien dire LEUR réalité, celle viscérale, qui est de vouloir exister coûte que coûte, et ce malgré l’existence des camps de concentration, malgré les meurtres transphobes, malgré les canulars pourris à la TV.

Je suis désolée, évidemment je m’emporte, mais ce genre de propos, cela ne reste pour moi que de la merde. Je suis en effet assez fascinée (dans le mauvais sans du terme) par ces fameux théoriciens du vide qui vont jusqu’à remonter vers l’antiquité pour expliquer des pratiques, des pensées, et d’autres qui expriment une certaine passion à les démolir … je n’ai toujours pas réussi à comprendre.

Et d’un autre côté, il y a la Vraie vie, il y a des êtres humains qui ont besoin de personnages comme Lee Serano pour se sentir un peu plus en sécurité car c’est bien de cela dont il s’agit. Vita Ayala est effectivement un Etre Humain de la planète Terre, ce numéro de Supergirl, lui permet de témoigner de son identité et de faire passer un message universel.

Sans avoir encore lu ce numéro, (mais ayant eu accès au résumé de celui-ci comme tout le monde), j’y vois une vraie résonance, comme un écho au #15 du volume 2 de Superman paru en 1988 (!) où celui-ci découvrait le drame et l’injustice que subissait Maggie Sawyer en tant que mère lesbienne sans aucun droit…

Nous sommes aux termes de 2017 et certains d’entre nous sommes encore en train de nous poser les mauvaises questions.
Le fait d’être non-binaire existe depuis la nuit des temps, je le suis moi même, je l’ai ressenti et accepté bien avant que je puisse y poser un nom concret car, il est vrai, je suis tellement vieille… 😉

Ce qui est vraiment important ici c’est de guider et conforter les générations futures sur cet état, d’être non-binaire, au delà de le revendiquer dans les réseaux sociaux, c’est surtout de trouver un équilibre et une réelle identité dans le quotidien pour ne pas se marginaliser notamment dans le milieu professionnel qui s’avère être hermétique sur le sujet (tout le monde ne vit pas à Paris et ne travaille pas en Freelance ou bien dans la dernière start-up//boite de com à la noix qui fait parler d’elle comme étant inclusive…).

Voilà tout ce que j’avais à dire sur le sujet, n’hésitez pas à réagir en commentaire avec tout le respect que j’ose espérer, vu la belle réputation de ce blog, et tous ceux qui y contribuent 😉

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