Rogue No One


Review garantie AVEC des spoilers qui font corps avec la Force.

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Ok, donc allons-y, j’aimerais bien savoir si entre nous, nous pouvions être un minimum sérieux.
Parce qu’entre ce qui a été vendu comme du rêve entre l’image ci-dessus, la bande annonce ci-dessous, et son résultat cinématographique, je me demande pour le coup si il existe une quelconque légitimité vis à vis du film que j’ai pu voir mercredi dernier, et revoir une seconde fois ce dimanche, manière d’être vraiment sûre :

Ne vous méprenez pas, je n’ai aucunement l’intention de dire que Star Wars Rogue One est un film horriblement mauvais.
Le problème, c’est que j’ai été foncièrement et globalement déçue par ce qui aurait pu représenter pour moi un aboutissement salvateur de cette année totalement merdique, à défaut de prolonger la direction prise par Lucasfilm/Disney concernant ses héroïnes provenant de la bordure extérieure.
Oui la déconfiture est d’autant plus brutale que je fais partie de ceux qui ont kiffé l’épisode 7, et c’est d’ailleurs assez drôle de voir à quel point ceux qui ont aimé The Force Awakens ont la plupart du temps été déçus par Rogue One (et inversement). Comme si il existait deux camps, encore et toujours, parmi ceux des Rebelles et ceux de l’Empire…

Je m’en rends compte désormais, il est clair que j’attendais beaucoup trop de ce film pour diverses raisons, entre autre parce que j’ai été biberonnée par cette licence comme des millions de personnes à travers le monde depuis ma plus tendre enfance, parce qu’avec mon frangin, on se réexplique les films encore, et encore, et encore…

Ceci dit, vouloir comparer The Force Awakens avec Rogue One est une aberration, un non sens absolu.
Si l’on doit comparer ce dernier film avec une autre oeuvre de cette licence, il s’agira bel et bien de Star Wars Rebels, la fabuleuse série animée de Dave Filoni qui fait suite à The Clone Wars.
Il existe effectivement beaucoup de points communs entre Star Wars Rebels et Rogue One, les deux se situant à la même époque, c’est à dire juste avant les événements se déroulant dans l’Episode IV, Un Nouvel Espoir.
Dans les deux cas nous avons aussi à faire à une équipe improbable réunie autour d’une même cause. Nous avons un droïde au caractère bien trempé (une constante dans la licence, comme si les robots avaient finalement plus de conscience que les êtres vivants), un pilote, un (enfin deux ) jedi ou l’un qui ressent la Force jusqu’au bout du bâton, un aveugle, un renégat qui embrasse sa destiné, un tireur d’élite, un soldat sans état d’âme qui retrouve son humanité…. que sais-je encore.

Certes le format n’est pas le même, dans une série on a souvent plus le temps d’installer ses personnages et les voir évoluer, mais ce n’est pas vraiment le cas dans Star Wars Rebels. On apprend à les connaitre plus par leurs actions et leurs répercussions au sein de l’équipe, que par leur propre passé au fil des épisodes. Dans Rogue One c’est exactement la même chose, on ne sait absolument rien des protagonistes qui nous sont présentés et mis à part Jyn Erso (Alter Ego d’Ezra Bridger dans la série, Erso – Ezra, allons bon) qui s’octroie un petit passif en début de film ainsi qu’un flash-back brouillon pour bien faire.

Et c’est exactement cela que je reproche à Rogue One, si l’on veut faire un film choral (puisque c’est de cela dont il s’agit ?) pourquoi ne pas donner plus de crédit, de substance  à chaque personnage en dehors de leurs moments de bravoure ultime ? En 2h15 c’était fichtrement possible. Enfin je crois.
Au lieu de cela on perd notre temps à se balader d’une planète à l’autre, on fait du tourisme, Rogue One c’est un peu le catalogue FRAM de l’univers étendu de Star Wars. Et selon l’humeur, on nomme les planètes, et parfois non, démerde-toi jeune Padawan géographe galactique.

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Et puis franchement, j’aurais aimé connaitre un peu plus de la relation entre Chirrut Îmwe et Baze Malbus (c’est super ! Les mecs sur Wiki Star Wars ils ont 4 lignes !!! Woohoo ! Quelle histoire !) et du passif, ne serait-ce que par le biais d’un flash back, concernant Cassian Andor et de son trauma, parce que là, pour moi il n’est absolument pas crédible, il peut très bien mentir à Jyn pendant 2h15, vu qu’on nous montre à la base qu’il est capable des pires bassesses, et son retournement de veste est tellement téléphoné (genre « il pleut tellement devant mes yeux… que je change d’avis »).

Et ce fameux pilote, Bodhi Rook, chair à canon issu de l’Empire. N’a-t’il pas eu la même réflexion que Finn dans l’Episode VII ? N’est-il pas intéressant de montrer son parcours plutôt que l’aboutissement de ses hésitations, mise en scène par sa folie absurde et son sacrifice irrespectueux (Oh une grenade ! Ah ben c’est vraiment pas de bol de mourir comme une merde ! Parce qu’à part ça c’est quand même un peu grâce à moi si on en est là, nan ?).

Pourquoi ne pas avoir non plus creusé la relation entre Galen Erso et Orson Krennic ? Et est-ce que l’on peut m’expliquer à quoi sert Saw Gerrera ? Parce que j’ai beau chercher, je n’ai toujours pas compris.
Quant au fameux K-2SO et son franc-parler, esthétiquement l’hommage au Géant de fer et au robot de Laputa est certes, fort sympathique mais en même temps tellement grossier…
Ma plus grosse déception concerne vous vous en doutez Jyn Erso, c’est un personnage mou, malheureusement sans aucun charisme et je pense que Felicity Jones y est pour beaucoup de l’avoir rendu sans grand relief. Felicity, ainsi qu’un montage et des coupes qui l’ont amputée de grands moments de bravoure comme le suggère les différentes bandes annonces qui ont pu nous être présentés.

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A l’image de son héroïne, le film manque cruellement de densité et de souffle épique, il ne fait que suivre une trame contenue dans un mouchoir de poche digne d’un jeu vidéo simpliste (super, nos héros ont réussi a passer tous les levels, mais le dénouement du film se déroule en haut d’une tour ! Ils sont sérieux les mecs ?), et de ce fait, il est très difficile de ressentir une quelconque empathie vis à vis des personnages, sacrifiés sur l’autel du gameplay et d’un montage foireux. Ceux qui s’en sortent le mieux sont sans conteste Chirrut Îmwe et Krennic, sans doute parce que ce sont ceux qui se rapprochent le plus de l’essence même de Star Wars

Chaque film et séries de la licence ne sont pas exempts de défauts ni de qualités, celles que l’on retiendra pour Rogue One concernent des effets spéciaux résolument irréprochables, dont ce fameux insert de l’acteur Peter Cushing comme si il ne nous avait jamais quitté, l’apparition de Leia jeune étant par contre un peu moins convaincante.
La dernière partie du film est très réussie notamment grâce à un combat spatial dantesque (comme quoi, c’était possible), et un massacre Dark Vadorien visuellement hallucinant.
Autant d’exemples qui font me particulièrement rager en m’imaginant ce que ce film aurait pu être dans son ensemble, personnellement j’aurais juste souhaité pouvoir cracher mon thé par le nez comme l’autre matin en regardant la fin du dernier épisode de la saison 2 de Star Wars Rebels (oui, je sais, c’est vraiment dégueu). Ah mais non, en fait ça n’aurait pas été vraiment cool pour la personne assise devant…

3 Commentaires

Classé dans Movie of the day

3 réponses à “Rogue No One

  1. Sans compter le fait que Jyn se fait sauver comme une princesse lambda ! Le méchant est raté parce que bon le petit fonctionnaire qui veut se faire une place manque un peu d’envergure. Pareil que toi, un peu déçu par ce film bien que j’aie passé un bon moment.

    En revanche c’était uncanny valley all the way pour moi ! Tarkin c’était juste pas possible. J’ai bien mis 10 minutes pour me replonger dans le film après son apparition. Leia passait bien mieux parce que c’est plus furtif. 10 secondes de plus et ç’aurait été raté.

  2. Un bon premier spin off, mais perso je lui préfère l’épisode 7 :p

  3. Bardamu

    Rien ne vaudra jamais les épisodes 4,5 et 6 d’origine.

    Ceci dit, quand on regarde bien Starwars, c’est quoi dans le fond ? Du film de chevalerie transposé dans l’espace, saupoudré d’une « métaphysique » bon marché. J’aime bien Starwars mais je ne suis pas non plus un fan pur et dur, ce qui me permet d’avoir un certain recul vis à vis de cette oeuvre (ainsi que de toute cette mythologie hollywoodienne d’ailleurs ^^).

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