Des comics et des filles : Catfight !


Tank Girl est le personnage principal d’une série de bande dessinée britannique, créée par Alan Martin (scénario) et Jamie Hewlett (dessin). Elle est apparue pour la première fois dans le fanzine Atomtan, auto-édité par les auteurs, puis sa série a débuté dans Deadline Magazine en octobre 1988. En réaction au thatchérisme ambiant à l’époque de sa création, Tank Girl est influencée par la vague punk et en arbore les signes distinctifs : crête iroquoise, épingles à nourrice, batte de baseball. Ce comics pour adultes aborde également des thèmes féministes, sexuellement explicites et anarchistes.
À bord de son tank, Rebecca Buck parcourt une Australie post-apocalyptique en compagnie d’un kangourou mutant. L’Australie n’a pas vraiment changé par rapport à notre époque, un grand désert de sable rouge où survivent encore tant bien que mal des aborigènes et des kangourous.
Dans ce monde évoluent différents protagonistes plus individualistes qu’humanistes. La mafia semble dicter sa loi à un pays gangrené par la corruption et le Président Hogan règne sans partage malgré ses 92 ans. La petite équipe qui gravite autour de Tank Girl n’a pas envie de se laisser marcher sur les pieds. Renvoyée de son job de conducteur de tank après avoir largement « merdé » dans une mission de la plus haute importance, Rebecca Buck aurait dû délivrer un chargement d’anus artificiels au président. Tank Girl est alors mise au ban d’une société qu’elle renie déjà largement. Elle entre en conflits avec ses anciens patrons comme le sergent Titbit et son Squad de la mort…
Ce comics, underground à ses débuts, narre surtout les péripéties d’une ado sûre d’elle et décomplexée, bien décidée à vivre sa vie comme elle l’entend.


Halo Jones est l’héroïne principale d’un comic-book d’Alan Moore et Ian Gibson intitulé The Ballad of Halo Jones et publié à partir de juillet 1984 dans les pages du magazine  britannique 2000 AD. Voici une review de cette merveilleuse BD parue sur le site BDZoom, en attendant un billet digne de ce nom sur ce personnage que j’adore, dans un futur je l’espère assez proche !

« La Ballade de Halo Jones »

Entre ses premières séries cyniques (voire parodiques) et ses créations ultérieures plus adultes et « sérieuses », « Halo Jones » pourrait être considérée comme une œuvre quelque peu charnière d’Alan Moore, empruntant aux deux esprits, oscillant entre farce et tragédie intime. « La Ballade de Halo Jones » nous raconte les aventures d’une jeune femme blasée du 50ème siècle qui décide de prendre sa vie en mains. Difficile de devenir une femme au sein d’un tel contexte cosmique où tout semble être là pour entraver les êtres… Halo Jones va connaître de nombreuses aventures – plus ou moins heureuses, parfois dramatiques – avant d’arriver à une certaine connaissance d’elle-même et de la nature du vivant. Un combat incessant où il faut se défendre parfois malgré soi, la violence revêtant bien des apparences surprenantes… Souvent définie comme l’une des premières œuvres féministes de science-fiction, «La Ballade de Halo Jones » est surtout un cri de révolte unisexe incarné par une femme plus qu’un réel pamphlet féministe… On y retrouve toutes les révoltes de Moore, qu’elles soient sociales, morales, économiques ou géopolitiques… Avec Halo Jones, Moore se détache de ses personnages plus caricaturaux habituels à l’époque (comme D.R. et Quinch) et tend vers le sensible – sans jamais oublier l’outrance. C’est une œuvre plaisante, baroque, contrastée, portée par une héroïne discrète mais déterminée et des intrigues aussi échevelées que graves et lourdes de sens. Le style de Ian Gibson, plutôt rond et gras au départ, acquiert au fil des épisodes de très jolies nuances de traités, notamment dans des hachures et des déliés subtils qui donnent à l’œuvre une dimension réaliste supplémentaire et bienvenue. Dans la seconde moitié de l’ouvrage, il y a parfois de très belles cases qui laissent présager du meilleur pour la suite… et nous fait regretter l’arrêt de la série. Charmante Halo Jones… Les séries made in « 2000 A.D. » que nous proposent les éditions Soleil depuis quelque temps ont certes parfois mal vieilli, mais leur intérêt historique reste intact, ces œuvres de « jeunesse tardive » de Moore étant significatives et révélatrices du parcours de cet immense auteur. Indispensable pour les inconditionnels.

Cecil McKINLEY


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